PARIS - Palais de la Porte Dorée

Construit à l'occasion de l'exposition coloniale de 1931, le Palais de la Porte Dorée est un édifice situé à la Porte Dorée, Paris 12e. Aujourd'hui, musée de l'immigration.


Palais de la Porte Dorée_ L’Établissement public du Palais de la Porte Dorée propose dans son offre de visite un parcours d’interprétation de l’histoire du Palais de la Porte Dorée qui permet de mieux comprendre l’histoire de ce monument unique, témoignage emblématique du style art déco mais également de l’histoire coloniale et de l’immigration en France.
Le Palais de la Porte Dorée a été construit à l'occasion de l’Exposition internationale de 1931 : sa vocation première fut d’être un musée des colonies, devant représenter les territoires, l’histoire de la conquête coloniale et l’incidence de celle-ci sur les arts. L’ancienne Salle des fêtes et les salons de réception du Maréchal Lyautey, Commissaire général de l’exposition, et de Paul Reynaud, ministre des Colonies, témoignent encore aujourd’hui de ce passé.
Le Palais change ensuite plusieurs fois d’attribution, tout en maintenant l'Aquarium tropical présent depuis 1931, pour finalement abriter en 2007 le Musée de l'histoire de l'immigration.




Bas-relief de la façade_ Alfred Auguste Janniot_ Rythmée par des allégories, au milieu d’une faune abondante et d’une flore luxuriante, cette “tapisserie de pierre” de 1130 mètres carrés exalte les richesses coloniales. Réalisée en moins de deux ans par Alfred Auguste Janniot, sculpteur spécialisé dans les décors monumentaux, elle se voulait une illustration des apports économiques des colonies à la métropole.






Le Forum_ ancienne Salle des fêtes_ D’allure monumentale et solennelle, Le Forum, ancienne Salle des fêtes, constitue le cœur du bâtiment. D’une hauteur de plafond de 27 mètres et d’une superficie de 900 mètres carrés, elle était pendant l'exposition internationale un lieu de célébration de la politique coloniale, de réceptions officielles et de spectacles.
S’inspirant de l’architecture des palais du Maghreb, Albert Laprade a conçu une salle carrée, entourée d’une galerie. Un magnifique plafond à gradins filtre la lumière sans en révéler l’origine. Cette structure, inspirée de l’architecture des pagodes asiatiques, est la seule source de lumière naturelle.
Les murs de la salle ont été entièrement décorés de fresques réalisées par Pierre Ducos de la Haille (1886-1972) et ses élèves de l’école des Beaux-Arts. Spécialisé dans l’art monumental, cet artiste a conçu un ensemble iconographique illustrant le rayonnement de la France dans le monde. Celui-ci répondait aux bas-reliefs extérieurs de Janniot, consacrés aux apports économiques des colonies à la France. Utilisant des tons chauds ainsi qu’une profusion d’éléments végétaux et de caravelles - détail qui lui fut reproché car soulignant trop l’aspect économique de l’entreprise coloniale -, Pierre Ducos de la Haille a réalisé un ensemble de figures aux corps allongés, aux musculatures sculpturales, en harmonie avec le style des fresques monumentales en plein essor dans les années 30.











<<<<<<<<<  Sur les murs qui entourent la salle, sont représentés à droite l’art, la paix, le travail et le commerce et à gauche l’industrie, la liberté, la justice et la science. Les arrières-plans, sur lesquels on peut distinguer des caravelles et des colombes de la Paix, assurent l’unité de l’ensemble.

Différentes scènes évoquent les bienfaits de la colonisation au travers des figures du missionnaire, du médecin, ou de l’ingénieur, mais rien n’est dit de la violence, des exactions commises ou du travail forcé, l’idée étant alors de justifier et de promouvoir la politique coloniale française, en donnant une image idéalisée et lisse de l’action menée Outre-mer.



 Les salons historiques_ Aux deux extrémités du hall d'honneur du Palais sont disposés des salons classés. Les deux salons illustrent les principaux aspects des civilisations de l’Afrique et de l’Asie.
Le salon ovale de Paul Reynaud_Dédié aux apports intellectuels et artistiques des colonies françaises d’Afrique à la France, ce salon était le lieu de réception de Paul Reynaud, alors ministre des colonies.
La conception de la décoration du salon fut confiée à Jacques-Émile Ruhlmann (1879-1933) qui intégra des fauteuils dits “éléphants” aux formes amples et généreuses en maroquin brun et ébène, ainsi qu’un modèle inédit de chaises tripodes en ébène de macassar et maroquin brun. Le bureau du ministre mêle, quant à lui, l’ébène au galuchat, peau de poisson utilisée comme du cuir, avec des incrustations de filets d’ivoire au niveau du plateau. Autant de matériaux précieux et exotiques qui renforcent le prestige du lieu tout en mettant en valeur les produits rapportés des colonies. 

Les fresques du salon furent réalisées par le peintre Louis Bouquet (1885-1952) et évoquent les apports de l’Afrique sub-saharienne et l’Afrique du Nord à la France. Les choix esthétiques de l’artiste se nourrissent de la vision stéréotypée en vogue dans les années 1930 qui associe l’Afrique dite “noire” au corps, à la nudité et à la danse. Le panneau principal figure l’union artistique d’une muse africaine et d’Apollon jouant de la lyre dans une nature luxuriante. En arrière plan, des murailles rouges rappellent l’ancienne capitale malienne Djenné qui avait d’autre part inspiré le pavillon de l’Afrique occidentale française de l’Exposition coloniale. Le côté “naturel” et “enfantin” des populations noires appartient à un registre de stéréotypes qui perdureront encore longtemps.
L’Afrique du Nord est, quant à elle, envisagée sous l’angle de la religion et des apports scientifiques ou artistiques de la civilisation arabo-musulmane. Sur fond d'architecture mauresque sont représentés la philosophie, les mathématiques, la médecine, l’astronomie, l’architecture, la musique et la calligraphie.




 Le salon ovale du maréchal Lyautey_ Ce salon était le lieu de réception du maréchal Lyautey, commissaire général de l’Exposition coloniale. Il était dédié aux apports intellectuels et artistiques des colonies d'Asie.
La fresque du salon a pour thème les arts, les religions et les apports économiques de l’Asie. Réalisée par André et Ivanna Lemaître, elle est le pendant de la fresque du salon Paul Reynaud. La plus grande partie des motifs est inspirée des littératures religieuses hindoues, bouddhiques, ou de la pensée confucéenne. Le panneau principal rassemble ainsi les trois grandes religions asiatiques : le dieu hindou Krishna  jouant de la flûte dans la forêt, une représentation de Bouddha en méditation contemplative et le maître Confucius enseignant à ses disciples. Les représentations adjacentes des Arts (danse, musique, sculpture), des éléments naturels (Terre, Feu et Eau) et de la mère des arts Koanam naissant d’une fleur de lotus, encadrent une famille paisible, placée derrière le bureau. Les différentes scènes sont traitées de manière décorative : les courbes ondulantes des corps et les couleurs pastel se détachent sur un fond ocre doré.

La décoration du salon, l’habillage et une partie du mobilier, est commandée à l’ébéniste Eugène Printz (1889-1948). Il fournit deux grandes portes en bois de palmier du Gabon dit “patawa”, une plinthe entourant la pièce, deux meubles à trois portes intégrés dans la fresque et un parquet en marqueterie de bois coloniaux de trois essences différentes dont l’acajou. Il crée spécialement pour ce bureau les sièges en bois laqué et en velours et construit des lampes dont la forme rappelle celle des lampadaires qui se trouvent dans le hall d’honneur du Palais.