GALLERY - Seen In Paris


Walk aroud Marais, contemporary art shows. 

 
Centre culturel Suisse_ Resolutions : zero. Hopes : zero. Le titre de l’oeuvre, Resolutions: zero. Hopes: zero., est tiré de la réponse de Samuel Beckett à une question que le Times avait posée à des écrivains le jour de l’an 1984, envoyée depuis sa maison de Ussy-sur-Marne, autour de laquelle il avait construit un mur de parpaings pour se protéger des indiscrets, et ainsi se couper du paysage, bloquer l’horizon et annihiler une partie du ciel. 
Louise Bourgeois_ Galerie Karsten Greve_ Cet accrochage présente plus de cinquante œuvres : estampes individuelles, portfolios et livres illustrés, datés de la fin des années 80 à 2009. Parmi les pièces sélectionnées, il est possible d’apprécier des estampes sur tissu, ainsi que des pointes sèches, aquatintes et sérigraphies sur papier, que Bourgeois a souvent rehaussé de dessins.
Tout au long de sa carrière Bourgeois s’est dédiée autant à la sculpture qu’aux œuvres sur papier et à l’édition. L’artiste s’est toujours intéressée à la gravure, mais ce travail d’impression a été particulièrement important dans son processus créatif à deux moments de sa carrière : tout d’abord pendant sa jeunesse quand, récemment arrivée à New York, elle suit des cours de gravure et évolue autour de l’Atelier 17 (où elle rencontre des artistes comme Tanguy, Masson ou Miró). Et plus tard, dans une phase très prolifique qui dure de la fin des années 80 jusqu’à sa mort. C’est sur cette seconde période de production, la plus florissante en termes de sujets, techniques et supports, que se focalise cette exposition. 
L’importance que Bourgeois accorde à la gravure découle de sa grande passion pour les livres illustrés et se joint à son amour pour la lecture et l’écriture. L’artiste est tellement fascinée par les mots et leur pouvoir révélateur de l’inconscient, que l’écriture devient partie intégrante du processus créatif, en jouant un rôle décisif dans la compréhension de ses émotions et de ses peurs. Ce n’est pas surprenant alors, que Bourgeois dédie autant d’attention à la production de livres d’artiste, comme The Puritan (1990), exposé ici. Composé de 8 illustrations et d’un texte écrit par l’artiste en 1947, celui-ci rompt un long silence éditorial (le tout premier livre de Bourgeois, He Disappeared into Complete Silence, avait été publié en 1947). Mais le processus de création des livres ne s’arrête souvent pas au format classique du volume relié. Ainsi Homely Girl, a Life (1991-1992) est un projet comptant une version reliée avec un texte d’Arthur Miller, ainsi qu’un portfolio de 10 pointes sèches; nous montrons aujourd’hui les deux volumes de la version reliée.
Les portfolios constituent une partie conséquente de la production de multiples de Bourgeois. Plusieurs de ceux-ci sont  présentés dans l’exposition, notamment Topiary (The art of Improving Nature). Ce portfolio de 9 images entre pointes sèches et aquatintes, réalisé en 1998, aborde le thème de la topiaire, art de la taille des arbres. Dans l’œuvre de Bourgeois les espèces végétales se font souvent métaphores de problématiques personnelles. Ainsi la force avec laquelle sa sœur Henriette combat une maladie qui provoque la progressive rigidité de sa jambe, est associée par Louise au pouvoir de régénération des plantes après un traumatisme. Topiary est aussi le titre d’une série de petits bronzes où un corps de femme schématisé se transforme en rameau, non sans rappeler l’iconographie du mythe de Daphné.










 



 VALIE EXPORT_ Body Configurations_ Galerie Thaddaeus Ropac_ « VALIE EXPORT a toujours refusé les conventions. Ne pouvant endosser le rôle classique de la femme au foyer, elle devient artiste dans une certaine urgence. Son premier geste, fondamental, a été de se donner un nom : VALIE EXPORT, en lettres capitales, afin d’être aussi forte qu’un autre, qui porte un nom masculin. Définir son nom plutôt que subir celui de son père.
En 1967, elle invente son nom d’artiste pour exporter ses idées et ses œuvres. Ensuite a représenté cet objet artistique en faisant des montages avec un paquet de cigarettes de la marque autrichienne Smart Export. L’œuvre présentée dans l’exposition illustre cette première action : VALIE EXPORT-SMART EXPORT- Selbstporträt (1970).
L’exposition présente des œuvres fondatrices de 1968 à 1976. En 1972, VALIE EXPORT invente le concept de la première exposition internationale de femmes MAGNA. Feminismus: Kunst und Kreativität (Vienne, 1975), une référence majeure pour plusieurs générations de féministes.
Elle questionne de façon quasi-phénoménologique l’image et le rôle de la femme avec sa série intitulée : Identitätstransfer 1, 2, 3 (1968) où elle se présente « costumée » pour démontrer l’importance de la mise en scène du corps féminin, signifier l’importance de l’apparence et de la séduction dans les relations… Cette action est poursuivie par un tatouage : BODY SIGN B (1970) représentant une jarretelle sur sa cuisse. Cette action et sa représentation photographique parlent d’elles-mêmes. VALIE EXPORT continue sa révolution du sort subi par les femmes avec Identitätstransfer B (1972), évoquant la question du viol, sujet toujours aussi pertinent aujourd’hui.  Dans cette série d’œuvres, que nous présentons à la galerie, elle souligne la nécessité de s’approprier son propre corps et d’en extraire les effets sociaux de la culture patriarcale. Elle regarde dans les détails, et dans son propre corps, les conséquences de cette dernière. Par ses actions, elle prend position.




Musique de Chambre_ Ilya & Emilia Kabakov_ Galerie Thaddaeus Ropac_ Concert for a Fly (Chamber Music) (1986) est une installation historique, exposée pour la première fois en 1986 à la Neue Galerie de Dierikon (Suisse), puis en 1992 au Centre d'art contemporain de Cleveland et au Kölnisher Kunstverein de Cologne. Elle appartient à une série de dix installations qui chacune représente un personnage différent.
SUNRISE/SUNSET_ Johan Creten_ Galerie Perrotin_ Pour son exposition à la galerie Perrotin, de nouveaux bronzes monumentaux dialogueront avec des œuvres précoces comme The Gate (2001) ou C’est dans ma Nature (2001). De ces projets, imaginés pour panser les plaies et explorer la cité, au sens antique et moderne du mot, seront présentées plusieurs photographies éloquentes, aux côtés de Madame Butterfly (1991), œuvre expressément politique produite aux Etats-Unis. 
Présentée pour la première fois à New York en 2015, The Price of Freedom sera l’une des pièces maîtresses de l’exposition parisienne. Ce bronze monumental prend tout son sens, tout du moins un autre sens, dès lors qu’il côtoie la récente série de portraits que Creten a conçu comme un ensemble dont l’intensité le dispute à la cohérence. Pleines d’une ambiguïté mystérieuse et d’une « inquiétante étrangeté" (Sigmund Freud), les femmes voilées (Vierge d’Aleppo, 2014-2015), évoquent la claustration tout comme la permanence de préoccupations anciennes – par sa reprise du thème mozartien d’Aus dem Serail (2016-2017), Creten n’entend-il pas indiquer combien la polysémie de l’Orient fut depuis toujours un motif de rêve(s), une machine à projections et à fascinations ?