MUSEUM - Seen In Paris


Seen in Paris related to contemporary art in December.
Seen in Paris_ 

LE BAL _ Clement Cogitore_ BRAGUINO_La communauté impossible_ Clément Cogitore s’est rendu en 2016 à Braguino, du nom de la famille vivant dans quelques cabanes de bois perdues au fond de la Taïga sibérienne, à 700 km de toute présence humaine. Par ce geste, il souhaitait percer le mystère de la volonté d’un homme, Sacha Braguine, issu d’une communauté de Vieux Croyants, qui décida d’installer là sa famille il y a plus de trente ans, avec l’espoir de vivre en paix, dans l’autarcie la plus complète, et de construire un modèle de vie autosuffisant. Très rapidement pourtant, ce paradis devient la scène d’un conflit ouvert entre deux familles ne parvenant pas à cohabiter. L’échec d’une communauté possible composera l’axe central du travail filmique, photographique et sonore de Clément Cogitore.


 DAYS ARE DOGS_ Palais de Tokyo_ Carte blanche à Camille Henrot_ Pour sa troisième carte blanche, le Palais de Tokyo invite l’artiste française Camille Henrot (née à Paris en 1978, vit à New York).
Intitulée « Days are Dogs », l’exposition invite les visiteurs à s’interroger sur les rapports d'autorité, les fictions et les définitions qui régissent notre existence.
Les années sont mesurées par le voyage de la Terre autour du Soleil ; les mois dérivent du cycle de la Lune ; les jours correspondent à une rotation de la Terre. La semaine est, par contraste, une fiction, une invention humaine – ce qui ne diminue pas pour autant ses effets psychologiques et émotionnels. Nous en faisons l’expérience comme d’un récit cyclique, structuré par les qualités particulières des jours qui la composent.






Chaque section de l’exposition correspond à un jour de la semaine ; chacune est semblable à un monde ouvert où les conventions, les émotions et la liberté de l'individu sont confrontées les unes aux autres de manière ludique.
Les jours tirent leurs noms d’éléments naturels ou de la mythologie – la Lune pour lundi, le dieu Mars pour mardi, le dieu Mercure pour mercredi... Or, c'est au sein d’une nouvelle mythologie, à la fois contemporaine et intemporelle, que le visiteur vient s'intégrer ; une mythologie à l'âge de l'Internet, qui voit les émotions marquées du hashtag de chaque jour. L'ensemble opère donc par composition et recomposition d'archipels d'oeuvres – celles de Camille Henrot, dont certaines inédites, mais aussi celles d'autres artistes internationaux, avec lesquels elle entretient un dialogue fécond, et qui viennent ouvrir le champ de chaque jour.






 PRIX MARCEL DUCHAMP_ Centre Pompidou_
Maja Bajevic - L’aura mélancolique de l'installation et le son presque hypnotisant dont nous ne reconnaissons que quelques notes nous immergent dans un univers du passé. Comme dans un souvenir à peine oublié qui nous échappe au moment précis où nous pensions pouvoir nous en ré-emparer. C'est un désir laissé à l'oubli, un désir que nous ne désirons pas ou plus. Au centre de l'installation se trouve une étagère de laboratoire où sont disposées 32 ampoules de différentes sortes. Elles clignotent en code Morse, mystérieux et familier, récitant des textes liés à des utopies oubliées ou écartées. Elle semble être là, abandonnée depuis longtemps, et la nature se l'est appropriée. L'installation s'inscrit dans la pensée d'Archéologies du futur de Fredric Jameson. Comme le dit Tanguy Wuilleme : « Si le capitalisme tardif a déjà hypothéqué le passe, il en fait autant du futur qu’il aseptise par le progrès et l’innovation technologique. A ce futur de la mondialisation, ou tout se prête au statut de marchandise et de profits, outout semble prédit, l’utopie peut offrir un effet perturbateur du présent. »
Charlotte Moth - « Différents scénarii me sont venus en tête alors que je réfléchissais à une proposition pour l’exposition. Je suis curieuse de voir comment nous allons représenter quatre (voire cinq !) voix différentes. Pour moi qui travaille sur l’architecture et les espaces sociaux, le Centre Pompidou est un musée iconique. J’ai été immédiatement tentée de prendre en compte la polysémie du lieu en tant que site physique, mais aussi comme cadre conceptuel », déclare l’artiste. Dans son installation, elle poursuit sa réflexion sur la sculpture et son rapport à l’espace et à la lumière hérité du modernisme. Plusieurs sculptures issues des réserves municipales de la Ville de Paris trouvent une nouvelle vie dans un récit spatio-temporel inédit proposant, en creux, une autre histoire de l’art : dans l’espace d’exposition, la sculpture publique se fait sculpture intime.