MUSEUM - Musée de la Chasse et de la Nature

Plusieurs exposition au Musée de la Chasse et de la Nature : Lionel Sabatté dans la cour, Roger Ballen & Hans Lemmer ainsi que Marlène Mocquet. 


Musée de la Chasse et de la Nature - La sélection du parantèle - Lionel Sabatté -  
On a pu voir dans la théorie darwinienne, faisant de la compétition entre les individus le principe moteur de l’évolution, une justification du capitalisme et du colonialisme. En apparente contradiction, la théorie de la sélection
de parentèle développée par l’anglais William Donald Hamilton en 1964, permet d’expliquer l’apparition, au cours de l’évolution, d’un comportement altruiste entre organismes. Ces instincts augmenteraient avec l’apparentement, sous l’effet de la sélection naturelle.
En concevant son installation pour la cour du musée de la Chasse et de la Nature, Lionel Sabatté a souhaité se référer explicitement à cette théorie, à laquelle il emprunte le titre de son installation. Elle se compose de trois sculptures : un arbre, une silhouette humaine et un animal acéphale forment les pôles d’une figure triangulaire. En établissant une relation spatiale harmonieuse entre ces trois représentants de la nature, Lionel Sabatté a souhaité signifier leur interdépendance. Les figures humaine et animale sont réalisées en béton teinté. Laissées partiellement apparentes, les tiges de métal qui les structurent expriment le mouvement tout en donnant une impression de vulnérabilité qui suscite notre empathie. À l’inverse, l’arbre est directement emprunté à la nature comme une sorte de « ready-made » botanique. Toutefois, ses branches s’ornent d’une étrange floraison artificiellement constituée de peaux humaines. 
Unleashed - Roger Ballen & Hans Lemmer - 
Entre Roger Ballen, photographe majeur de la scène internationale, et Hans Lemmen, dessinateur magistralement inspiré par les enjeux liés aux représentations de la nature, existe une évidente communauté d’imaginaire qui les a poussés à travailler en commun, gommant la distance qui les sépare. Aux Pays-Bas, Hans Lemmen met en pièces les photographies de Roger Ballen. Il complète les fragments ainsi obtenus ou les insère dans des compositions graphiques. A des milliers de kilomètres de là, Roger Ballen utilise certains dessins de Hans Lemmen qu’il intègre à des installations destinées à être à leur tour photographiées.
L’exposition du musée de la Chasse et de la Nature permet de suivre les processus de création des deux artistes. Les artistes eux-mêmes, représentés par deux figures assises grandeur nature aux yeux d’animaux, accueillent les visiteurs à travers une installation réalisée à quatre mains. Ils sont assis dans la première salle, accompagnés de leurs animaux de compagnie et entourés par une peinture pariétale contemporaine :  un dessin qui court à même les quatre murs et le plancher de la salle. La deuxième partie de l’exposition, consacrée à des travaux personnels et individuels, précède les œuvres graphiques inédites nées de la collaboration entre Ballen et Lemmen, sur le principe de l’inclusion et de l’emprunt réciproques. Pour conclure l’exposition, une vidéo, réalisée par Saskia Vredeveld, documente la production de ces travaux très étrangers à leurs pratiques respectives, démontrant à quel point l’art se nourrit de contraintes telles que celle qui a ici été définie.
Chacun d’eux ne poursuit-il pas à sa manière une contestation de la pensée matérialiste qui isole l’homme et, à terme, menace sa survie ?



 En plein coeur - Marlène Mocquet -
Conformément à son habitude, le musée de la Chasse et de la Nature invite certains artistes à venir insérer leurs créations dans les collections permanentes. Dans le contexte très marqué d’un hôtel particulier du XVIIIe siècle, les œuvres contemporaines existent différemment. Elles jouent du contraste avec la thématique du musée ou de la proximité formelle avec les armes anciennes, les trophées de chasse ou la collection de peintures françaises du XVIIIe siècle.
Née en 1979 à Maisons-Alfort et diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2006, Marlène Mocquet a accepté l’invitation et a installé une cinquantaine d’oeuvres de son monde enchanté (plus d’une vingtaine de sculptures réalisées pour l’essentiel à la manufacture de Sèvres et plus d’une vingtaine de peintures et dessins occupent les salles du premier et du deuxième étages).
C’est tout un petit peuple moqueur et cruel qui vient s’affairer ou s’ébattre sous le regard paisible des animaux naturalisés accrochés aux murs. Avec une cocasserie grinçante qui évoque l’univers de Jérôme Bosch, il se livre à des activités dont le sens nous échappe. Il y est question de peinture et de dévoration, de monstres et d’insouciance. L’art de Marlène Mocquet a un caractère faussement enfantin. Pourvus de grands yeux et de têtes disproportionnées, les personnages pourraient sortir d’un cahier d’écolière. Ils viennent pourtant habiter un paysage mental d’une grande complexité.
Dans un virtuose exercice d’improvisation, l’artiste donne vie à des formes accidentelles, à des taches investissant le support de manière aléatoire. Qui ne s’est déjà essayé à reconnaître des figures mouvantes dans les nuages ? Marlène Mocquet procède ainsi. Prenant appui sur les raclures et les coulures maculant ses toiles, elle les ponctue de détails minutieusement figurés qui révèlent les formes en leur donnant une cohérence plastique. La moindre tache devient le point de départ d’une véritable odyssée, la giclure la plus anodine définit la ligne à suivre pour dérouler les fils de contes fantastiques.