MUSEUM - Centre Pompidou - Cy Twombly - Mutations/Créations


Exposition Cy Twombly au centre Pompidou. "Cy Twombly est un peintre lettré."



Cy Twombly - rétrospective -
"Parcourir l'oeuvre de Twombly, des yeux et des lèvres, c'est sans cesse décevoir 'Ce dont ça a l'air'. Roland Barthes.
Le Centre Pompidou organise la première rétrospective complète de l'oeuvre de l'artiste américain Cy Twombly. Événement de l'automne 2016, cette exposition d'une ampleur inédite sera uniquement présentée à Paris. Elle rassemble des prêts exceptionnels, venant de collections publiques et privées du monde entier. 
Construite autour de trois grands cycles : Nine Discourses on Commodus (1963), Fifty Days at Iliam (1978) et Coronation of Sesostris (2000), cette rétrospective retrace l'ensemble de la carrière de l'artiste à travers un parcours chronologique de cent quarante peintures, sculptures, dessins et photographies permettant d'appréhender toute la richesse d'une œuvre, à la fois savante et sensuelle. Dans cette sélection, le visiteur pourra découvrir les œuvres emblématiques de l'artiste dont beaucoup, jamais exposées en France.

 "Chaque ligne est une expérience avec sa propre histoire innée. Elle n'illustre pas, elle est la sensation de sa propre réalisation. L'imagerie est d'une indulgence privée ou séparées, plutôt qu'une abstraite totalité de la perception visuelle." rapportait Cy Twombly dans une interview de 1957. Riche et complexe, son oeuvre s'est étendu sur une soixantaine d'années sans jamais rien céder de sa force, même dans les dernières années de la carrière de l'artiste. 
"Son graphisme est poésie, reportage, geste furtif, défoulement sexuel, écriture automatique, affirmation de soi, et refus aussi ... il n'y a pas de syntaxe ni logique, mais un frémissement de l'être, un murmure qui va jusqu'au fond des choses" Pierre Restany.
Un peintre lettré - Son parcours est l'un des plus féconds de l'histoire de l'art récente. Il relie la culture américaine de l'après-guerre, dominée sur le plan artistique par l'expressionnisme abstrait, et la culture méditerrannéenne que Cy Twombly découvre encore jeune et qu'il fait sienne. L'artiste restera très proche de son univers natal, le sud des Etats-Unis, une région plus connue en Europe pour sa littérature, avec William Faulkner, Carson McCullers, Flannery O'Connor ou Tennessee Williams... De son enfance et de son adolescence à Lexington, il garde l'accent si caractéristique du sud des Etats-Unis. Lorsqu'en 1952, à 24 ans, il fait une demande de bourse pour voyager en Europe, il affirme vouloir "étudier les dessins des caves préhistoriques de Lascaux". Il visitera aussi les musées français, italiens et néerlandais, l'architecture gothique et baroque et les ruines romaines. Il dit également être "attiré par le primitif, les éléments rituels et fétichistes, et l'ordre plastique symétrique". Accompagnée d'un autre artiste américain, Robert Raunschenberg, il embarque pour Naples le 20 Août 1952.
La culture riche et originale qu'il acquièrt nourrira tout son oeuvre. Ses lectures sont autant de voyages - Goethe, Homère, Horace, Hérodote, Keats, Mallarmé, Ovide, Rilke, Sappho, Virgile - dans lesquels il puisera pour ses oeuvres. D'autres auteurs moins attendus l'inspirent, Lesley Blanch, Robert Burton, George Gissing ou le poète mystique perse du 13e siècle, Djalâl-ad-dîn Rûmî. C'est pourtant dans le champ de la peinture que s'épanouit son goût rare et raffiné. Doté d'un sens de l'humour et de la répartie peu commun, Cy Twombly est un peintre lettré. L'aspect sophistiqué de son travail s'accompagne aussi d'une attention constante aux réalités vernaculaires, plus ou moins visibles, mais bien présentes. 

Egalement présentées dans cette rétrospective, les sculptures de Cy Twombly peuvent être qualifiées d'"assemblages" et d'"hybridations" car constituées d'éléments disparates. Elaborées à partir d'objets trouvés (morceaux de bois, fiches électriques, cartons, fragments de métal, fleurs séchées ou artificielles), ces combinaisons de formes brutes sont unifiées par un mince revêtement de plâtre. Le blanc dont elles sont badigeonnées fait naître à leur surface de subtiles nuances, accroche la lumière et leur octroie une apparence spectrale. En ce sens, l'artiste, dans un entretien avec le critique d'art David Sylvester, soulignait : "La peinture blanche est mon marbre". Parfois transposées en bronze dans un second temps, ces sculptures apparaissent comme autant de rémiscences de mythes, d'objets symboliques ou archéologiques. "La sculpture de Cy Twombly, écrit l'artiste Edmund de Waal, paraît plus archaïque qu'archaïsant, comme si l'élan qui pousse à sa réalisation était lui-même ancien."
A travers son oeuvre, il réinvente la peinture d'histoire. Coronation of Sesostris, à l'instar du dieu égyptien Râ qui traverse le ciel à bord de sa barque solaire de la pointe du jour jusqu'à l'aube, s'ouvre sur des toiles lumineuses dominées par des teintes solaires. Ce cycle se clôt par des toiles en noir et blanc, une évocation douce-amère d'Eros, extraite d'un fragment de poème de Sappho : "Eros tisseur de mythes, Eros doux-amer, Eros annonciateur de souffrance."
On sait également aujourd'hui que la photographie que la photographie a joué un rôle important dans son art et dans sa vie. Depuis ses débuts au Black Mountain College, en Caroline du Nord, Cy Twombly n'a cessé de pratiquer la photpgraphie. Dès 1951, il réalise une série de natures mortes, capturant bouteilles et potes de table, à l'esthétique proche de Morandi. Au Maroc, en 1953, lors de son premier voyage outre-Atlantique, il scrute attentivement les chaises, les plis des nappes d'un restaurant de Tétouan. Mais c'est plus tard, lorsqu'il découvre le format carré du Polaroïd qu'il dévéloppe sa propre identité phtoographique. Reflets du goût de Cy Twombly pour le flou, les couleurs pastel ou parfois saturées et stridentes, les agrandissements tirés à sec évoquent un monde d'images contemplatif. 
Mutations - Créations - Ross Lovegrove - Designer industriel, Ross Lovegrove s’inspire de la nature et de son processus évolutionnaire. Recourant depuis ses débuts aux avancées des technologies numériques, il approche le design de façon environnementale. L’exposition que le Centre Pompidou consacre à son travail montre cette convergence de la création, de la technologie et de la nature. Une conscience « durable » du monde.