VINCENNES - Château de Vincennes - ZEVS

Produite par le Centre des monuments nationaux, cette exposition met en scène pour la première fois dans le monument la rencontre du patrimoine et de l'art contemporain.



NOIR ECLAIR -Exposition monographique de l'artiste français Aguirre Schwarz, dit ZEVS, connu depuis les années 90 comme l'un des précurseurs du street art en France, elle met en scène et expérimente la confrontation du patrimoine et de l'art contemporain, au travers d'œuvres et d'installations qui, pour la plupart, entrent en résonance avec le lieu et son histoire, et produisent des liens entre l'œuvre de l'artiste et les fonctions historiques du monument.
L'exposition NOIR ÉCLAIR permet d'approcher le langage particulier et réactif, entre art urbain et art contemporain, qui identifie le travail de ZEVS.
NOIR ÉCLAIR se définit à la fois comme une sorte de rétrospective (on y retrouve, réinterprétés, des pratiques qu'il a initié dans le passé, tel que le graffiti propre, le graffiti à la lumière noire, la liquidation des logos, les attaques visuelles, etc. qui font aujourd'hui sa signature), et comme une nouvelle proposition, avec des œuvres pensées et produites spécifiquement pour l'exposition. Photographies, installations, vidéos, sculptures et peintures offrent un panorama assez complet de l'élaboration de l'œuvre de l'artiste, et ont fait appel à de nombreux partenaires et technologies. 
La chapelle, certains espaces extérieurs et l'ensemble des espaces du donjon du château de Vincennes sont investis.





Zevs, pseudonyme de l'artiste, est celui par qui advient la lumière dans la mythologie grecque, et dont l'arme produit les éclairs. Jouant de cette histoire, l'artiste qui tient davantage son nom de la rame du RER A qui faillit l'écraser au début des années 90, alors qu'il taguait dans un tunnel, que du Panthéon, file la métaphore du clair-obscur, de l'ombre et de la lumière. 
La lumière constitue un des axes plastiques de l'artiste, dont il travaille les possibilités et les effets depuis de nombreuses années, depuis ses "Electric Shadows", à la fin des années 90, jusqu'à la peinture au pigment fluo luminescent que révèle l'ultraviolet.
Flammes, éclat de l'or ou de l'argent, lumière aveuglante ou noire, électrique, stroboscopique, flashée... le spectre de la lumière est partout présent dans l'exposition.
De cette sorte d'oxymore - « Noir éclair » - Zevs tire un ensemble de propositions formelles explorant ainsi les contrastes de ces champs chromatiques.
Mais « Noir éclair » se prête aussi à une réflexion sur ce que l'obscurité et la lumière signifient symboliquement – ici, l'ignorance, l'illusion, la faiblesse, là, le savoir, la liberté, la puissance. Ainsi, la figure de Léonard de Vinci, que l'on retrouve un peu partout en filigrane de l'exposition, semble dessiner à contre-jour le profil de l’homme, et du monde, nouveau de la Renaissance





L'exposition est ainsi conçue comme un subtil jeu de concordances entre les préoccupations de l'artiste – et notamment, son questionnement sur les mouvements contestataires - et les rebonds de l'Histoire, ses détours, l'expression de ses pouvoirs, dont Louis XIV qui sera ici "liquidé"- incarne l'acmé. Elle évoque aussi la longue et complexe histoire du Château de Vincennes, avec ses abandons et ses renaissances successives (résidence royale, prison, manufacture de porcelaine), puis aujourd'hui élément essentiel du patrimoine français.
  NOIR ÉCLAIR participe ainsi de la réflexion critique que mène ZEVS sur la notion de pouvoir, que le Château de Vincennes incarne historiquement, en tant que lieu d'exercice du pouvoir politique mais aussi dans sa fonction pénitentiaire. Certaines œuvres feront explicitement allusion à cette notion de pouvoir, politique mais aussi et surtout économique, comme celui des marques et des logos sur lesquelles l'artiste français a longuement travaillé.

THE END - Du réel chantier de rénovation (celui de la Sainte-Chapelle) à celui des idées, de la « fin » d'un monde (l'installation "The End", dans la Sainte-Chapelle encore) à la fin de l'Histoire, la plupart des œuvres de Zevs présentées ici, dans leur complexité visuelle et sémantique, font écho à la précarité de notre monde, à notre culte du média et de l'immédiateté, à la violence de l'histoire, sans pourtant jamais céder au manichéisme.