EXPO - MAHJ



Expositions au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme de Arnold Shönberg et de Sigalit Landau en plein coeur du Marais, à Paris. Miqlat - (Abri)
Sculpture monumentale en bronze dans la cour d'honneur de l'hôtel de Saint-Aignan. 
Miqlat est la fonte en bronze grandeur nature du moulage d'un vestige bâti : la descente d'accès à un abri anti-aérien à Tel Aviv, dont la construction a été interrompue et qui a été abandonné, comme une verrue urbaine. L'empreinte a été prise In Situ, en deux parties distinctes, supérieure et inférieure, soudées en une seule masse formant un trou béant. Le résultat est une structure tri-dimensionnelle  qui dégage une sensation à la fois menaçante et compassionelle. Les deux niveaux sont exposés simultanément, comme dans un trompe l'oeil de M.C.Escher. Cette sculpture non-sculptée, qui n'a pas subi de modification esthétique, est présentée factuellement, comme une trouvaille extraite de son contexte et sublimée par le matériau. C'est une enveloppe, celle d'une ouverture, telle une doline? Ce qui est presque toujours caché dans les sculptures en bronze - constituées d'une écorce de matière recouvrant un volume creux - devient ici le coeur du sujet. 
Miqlat est un maillon dans la longue série des oeuvres de Sigalit Landau se rattachant au thème du passage et du seuil : ouvertures, trous, orifices, tunnels, antres, sceaux à gravats, tuyaux et autres lieux de l'entre-deux. La descente dans l'abri est un trait d'union entre deux états existentiels séparés d'à peine quelques pas. 

MAHJ - Héritier des collections du musée d’Art juif de la rue des Saules, créé en 1948 par des survivants de la Shoah, le musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) est installé depuis son ouverture en 1998 dans l’hôtel de Saint-Aignan (1644-1650), l’un des plus beaux hôtels particuliers du Marais, mis à disposition par la Ville de Paris. Il a bénéficié des dépôts par l’État des collections juives du musée national du Moyen Âge : la collection d’Isaac Strauss (1806-1888), offerte en 1890 par la baronne Nathaniel de Rothschild et 70 rares stèles funéraires, provenant d’un cimetière médiéval mis au jour en 1849 rue Pierre-Sarrazin, données par l’éditeur Hachette. La collection du mahJ compte aujourd’hui plus de 12 000 œuvres, et de très nombreux fonds d’archives.


Les habitants de l'hôtel de Saint-Aignan en 1939 - Christian Boltanski - Située dans une étroite courette qui traverse le bâtiment dans toute sa hauteur, l'installation de Christian Boltanski, forme comme l'envers du décor, comme un parcours de l'intime et de la désolation qui rappelle une autre histoire des lieux, sans faste, une histoire manquante de la maison. 
L'oeuvre de Christian Boltanski est parcourue par une sorte de nominalisme qui rendrait réalité aux individus, aux choses ou parfois aux gestes, pourvu qu'on puisse encore les désigner. Sé référant à des oeuvres littéraires, dont celle de Georges Perec, et à des pratiques sociales, administratives ou quotidiennes, les énonciations qui jalonnent le travail de l'artiste dressent un constat d'humanité, une façon de dire l'homme dans son unicité. 
Même si Boltanski s'est toujours abstenu de traiter nommément et de façon frontale l'horreur de la Shoah, le scandale de la disparition sous-tend l'ensemble de ses travaux. Les habitants de l'hotel de Saint-Aignan en 1939, constituent, dans la modestie et la pauvreté de l'intervention, une oeuvre d'une grande réserve. Dans cette retenue du geste qui évite toute émotion fabriquée, l'artiste a retrouvé la forme que revêtent les annonces nécrologiques placardées sur les murs des villes d'Europe de l'Est. 
La présence des gens qui ont habité l'immeuble est citée de façon minimale par des noms, prénoms, lieux de naissances et métiers et parfois une date ; c'est dans l'ellipse même de ces dates que se dévoile la rupture entre des vies sans histoire et celles que l'Histoire a transformées en destinées tragiques, que se dessine la ligne de partage et s'impose peu à peu le crime qui a fait la différence. Implanté dans un espace laissé pour compte, ce monument fragile, soumis à notre attention permanente, rend hommage à des vies à la fois uniques et semblables à d'autres. 
Arnold Schönberg - Compositeur, théoricien et enseignant, poète, peintre, chef de file de la Seconde École de Vienne, inventeur du dodécaphonisme... Arnold Schönberg (1874-1951) fut un des plus grands créateurs du XXesiècle.
L’exposition, conçue en étroite collaboration avec le Centre Arnold Schönberg à Vienne, est la première manifestation parisienne consacrée à Schönberg peintre, depuis celle du musée d’Art moderne de la ville de Paris en 1995.
Compositeur, théoricien et enseignant, poète, chef de file de la Seconde École de Vienne, inventeur du dodécaphonisme... Arnold Schönberg (1874-1951) fut un des plus grands créateurs du XXesiècle. Cette liste serait incomplète sans ajouter « peintre ». Il réalise, à partir de décembre 1908 et pendant quelques années, une oeuvre hors norme, dans laquelle les autoportraits et les portraits de ses proches voisinent avec ce qu’il intitulait des Regards – sortes de visions hallucinées –, des caricatures, des scènes de nature ou des études de décor pour ses opéras.








Débutant à un moment charnière de son travail de compositeur, cette démarche picturale a valeur de journal. L’exposition, conçue en étroite collaboration avec le Centre Arnold Schönberg à Vienne, est la première manifestation parisienne consacrée à Schönberg peintre, depuis celle du musée d’Art moderne de la ville de Paris en 1995. Bénéficiant de prêts exceptionnels, elle met en lumière, à travers 300 oeuvres et documents, la qualité singulière de cette production, en la situant dans son contexte artistique viennois, avec des oeuvres de Richard Gerstl, Egon Schiele, Oskar Kokoschka ou Max Oppenheimer.  Par un choix de travaux contemporains de Kandinsky, elle rappelle les liens entre les deux créateurs, unis dans leur art par une approche conjointe des pratiques musicales et picturales.