EXPO - Galerie Thaddaeus Ropac - Pantin


 La Galerie Thaddaeus Ropac a le plaisir de présenter une exposition monographique de l’artiste américain James Rosenquist dans son espace de Pantin, ainsi qu’un accrochage de ses collages dans sa galerie du Marais.
The Collages, 1960-2010 - 

Né en 1933 dans le Minnesota, James Rosenquist commence sa carrière comme peintre publicitaire avant de devenir une figure majeure du Pop Art dans les années 1960, aux côtés d’Andy Warhol, Roy Lichtenstein et Claes Oldenburg. Son expérience de peintre publicitaire le mène à composer des œuvres qui utilisent l’iconographie des médias de masse pour interroger la culture capitaliste moderne. Avec une grande force visuelle, les œuvres de James Rosenquist révèlent les fards de la société américaine, qu’il s’agisse de paysages urbains façonnés par le consumérisme ou de la flore tropicale luxuriante de la Floride. Les compositions élaborées de l’artiste, qu’elles soient séquentielles, kaléidoscopiques ou entrecroisées combinent plusieurs niveaux narratifs tout en jouant avec les volumes et les échelles. Dans ses œuvres, Rosenquist aborde des sujets aussi variés que l’esthétique, la géopolitique, la technologie, l’écologie, l’espace ou encore le voyage dans le temps.
En parallèle à l'exposition de peintures de Rosenquist à Pantin la galerie présentera une sélection d’une trentaine de collages, rarement exposés auparavant, dans son espace du Marais. Cette exposition permettra au public de découvrir les premières étapes du processus créatif de l’artiste. Ces collages de petits formats seront montrés non seulement comme étant des études pour le tableau final mais aussi comme étant des œuvres à part entière. Pour l’artiste « le collage est une technique très contemporaine, qu’il soit réalisé à partir de morceaux de papier ou employé au montage d’un film. (…) Le collage est comme une lueur… un reflet de notre société moderne. Par exemple, mettons que vous vous promenez dans le centre de Manhattan en regardant les jambes des femmes qui marchent devant vous, vous verrez tout de même, dans votre champ de vision, le taxi qui arrive et qui risque de vous renverser. Les jambes des femmes et le taxi sont autant d’éléments que vous voyez, analysez et identifiez par fragments. Cela se passe très rapidement et simultanément.»
New York fut le lieu de nombreuses expositions de collages et de techniques mixtes dans les années 1960, inscrivant ainsi la pratique de Rosenquist dans un contexte artistique favorable. Un contexte que le célèbre critique d’art, Lawrence Alloway a défini comme Junk Culture et a mis en rapport avec le dadaïsme et futurisme,  également considérés comme des mouvements artistiques urbains: « La Junk Culture est un art de la ville. Elle s’inspire de l’obsolescence, des matériaux jetables, qui s’accumulent dans les tiroirs, placards, caves, poubelles, égouts, terrains vagues et déchèteries… L’assemblage de ces matériaux présente des morceaux de vies, des parcelles de lieux au spectateur. L’environnement urbain est ainsi l’origine des objets, qu’ils soient transfigurés ou laissés tels quels. » Rosenquist trouve dans la ville, ses voitures, ses autoroutes et sa consommation effrénée une source d’inspiration inépuisable.





À Pantin se tiendra une exposition d’envergure comprenant une trentaine d’œuvres empruntées à l’artiste et à des collections privées. Les visiteurs pourront découvrir une sélection de peintures marquantes échelonnées sur quarante ans de création à partir des années 1970.
Les œuvres de James Rosenquist des années 1980 et du début des années 1990 sont caractérisées par son emblématique technique du « hachurage ». Le tableau floral intitulé Sky Hole (1989), de sa série Welcome to the Water Planet, en est un parfait exemple. En parallèle de ses œuvres aux motifs floraux, l’artiste réalise également des peintures aux allures de rêves hallucinatoires sur le thème de l’espace.
La fascination de longue date que l’artiste entretient pour l’espace s’exprime dans sa série des années 1990 intitulée Meteor – le météore étant pour lui symbole de l’inexplicable. À travers cette série, l’artiste rend hommage à Constantin Brancusi et Pablo Picasso, créant ainsi une passerelle entre art moderne et contemporain.
Des années 1990 jusqu’en 2010, le thème du temps est omniprésent dans son œuvre. Les séries intitulées Speed of Light et The Hole in the Centre of Time explorent différentes facettes de ce thème. Rosenquist est fasciné par la théorie de la relativité d’Einstein selon laquelle un spectateur immobile voit une action différemment d’un spectateur se déplaçant à la vitesse de la lumière. La série intitulée Speed of Light (2000-2006) combine des objets peints de manière hyperréaliste avec des formes abstraites et dynamiques évoquant des ondes énergétiques. Les œuvres Time Stops the Face Continues (2008) and Speed of Light Illustrated (2008) de la série The Hole in the Centre of Time comportent des systèmes de miroirs motorisés, faisant ainsi entrer à la fois le spectateur et l’espace qui l’entoure dans la toile. Les peintures évoluent ainsi en fonction de la position du spectateur et de son mouvement. L’artiste interroge en cela notre perception et notre maîtrise du temps.
Pour composer ses peintures, Rosenquist part le plus souvent d’un collage réalisé à partir d’images de références, de dessins et d’images trouvées. Ces images sont généralement déformées par la suite à l’aide de cônes en métal réfléchissants et d’une photocopieuse. L’artiste transpose ensuite son image à main levée sur une toile monumentale quadrillée, sans aérographe ni outils technologiques. 






Lucinda Childs/ Sol Lewitt - Dans le cadre de la rétrospective consacrée à Lucinda Childs cet automne à Pantin par la Galerie Thaddaeus Ropac, le Centre national de la danse et le Festival d’Automne, l’exposition Lucinda Childs / Sol LeWitt met en lumière le développement parallèle des méthodes graphiques des deux artistes dans les années 1970. Leur affinité artistique, qui se nourrit d’une réflexion commune sur le dessin, la sérialité et le mouvement, aboutit en 1979 à leur collaboration pour la pièce Dance.
Cette pièce est un tournant dans le parcours de la chorégraphe qui abandonne les espaces alternatifs où elle présente depuis deux décennies ses pièces. En collaboration avec Sol LeWitt et le compositeur Philip Glass, elle développe un spectacle qui explore les spécificités du dispositif théâtral. Sol LeWitt réalise à cet effet une installation filmique unique dans son œuvre. Un écran transparent couvrant l’intégralité de la cage de scène superpose à la danse live un film 35mm réalisé quelques mois auparavant. Reprenant la danse dans un montage complexe, ce film multiplie les points de vue sur la chorégraphie exécutée simultanément par les interprètes. Cette exposition présentera l’une des partitions chorégraphiques originales de Dance #4 (1979), exceptionnellement prêtée par le Whitney Museum de New York.
Les archives de la chorégraphe, exposées pour la première fois, retracent à travers plus d’une centaine de documents graphiques l’élaboration de son vocbulaire formel dominé par l'arc de cercle, la droite et la diagonale. Ces documents font écho au Wall-Drawing #357 (1981) de Sol LeWitt qui développe sur les murs de la galerie le motif de l’arc de cercle. 
Suivant une procédure inventée en 1973, Lucinda Childs réalise pour les cinq danses qui composent initialement Dance, un diagramme à partir duquel elle génère la partition chorégraphique. Alors que, dans les années 1960, la chorégraphe dessine des croquis de parcours des interprètes, elle se tourne dans la décennie suivante vers la composition de mouvements quotidiens, qu’elle agence de manière sérielle et répétitive. La marche et les changements de directions deviennent ainsi les matériaux essentiels de ses danses et le croquis de parcours se confond dés lors avec la partition de la pièce.