TENDE - Granile - Notre-Dame des Fontaines


Visite de Notre-Dame des Fontaines et sa chapelle sixtine des Alpes Maritime, déjeuner à Granile, village ancien perché dans la vallée des Merveilles. 



Vallée des Merveilles - Départ de Casterino pour le hameau de Granile, vieux village perché dans l'arrière-pays & les fresques peintes par Canavesio à Notre-Dame des Fontaines à la Brigue. 



Le hameau de Granile - Vallée de la Roya. Parcours parmi les ruelles pittoresques et ses maisons montagnardes traditionnelles aux toits couverts de Lauze.









Notre-Dame des Fontaines de la Brigue - L'importance et la qualité de son décor peint sur ses murs par Giovanni Canavesio et Giovanni Baleison l'ont fait surnommer (un peu abusivement) la « chapelle Sixtine des Alpes-Martimes ».
Les circonstances ayant conduit à la réalisation de cette œuvre majeure, les fresques de la Passion et du Jugement dernier, sont obscures et compliquées. En 1474, le comte de Tende, Honoré, de l'illustre famille Lascaris, fut empoisonné par son intendant. Sa veuve, Marguerite, accusa ses cousins, seigneurs de La Brigue, Pietrino et Barthélémy, d'être les commanditaires du crime. En 1483, elle réussit à mettre la main sur Pietrino qui fut emprisonné et torturé. Les Brigasques demandèrent humblement la libération de leur seigneur que Marguerite leur accorda en principe contre 800 florins d'or, somme exorbitante pour cette modeste communauté. Soudainement, et pour des raisons mystérieuses (certains pensèrent qu'elle n'était au fond pas fâchée de la disparition de son mari, voire qu'elle n'en était pas tout à fait innocente…), elle renonça à la rançon à condition que la paroisse embellisse la chapelle pour une somme équivalente. Le doyen du chapitre de la collégiale Saint-Martin, Don Bernardino, réunit la somme nécessaire (sans doute moins que les 800 florins !) par souscription et avec l'aide de la Banque de Gênes.
On a fit appel à un peintre déjà connu, un Piémontais là encore, Jean ou Giovanni Canavesio, qui réalisa entre 1490 et 1492 l'incomparable décor, de l'arc triomphal (longtemps attribué à Giovanni Baleison - mais l'intervention d'un collaborateur inconnu est probable) consacré à la vie de Marie, de la nef, dévouée à la Passion du Christ, et du revers de la façade représentant le Jugement dernier. La surface peinte totale est d'environ 220 m2.
Il est possible de rapprocher certaines des scènes représentées d'œuvres d'autres peintres. Ainsi, on peut rapprocher le squelette placée au-dessus du Léviathan de la fresque du Jugement dernier de celui peint par Jan van Eyck dans le tableau du Jugement dernier se trouvant au Metropolitan Museum of Art de New York. Ce thème a été repris par Petrus Christus dans le Jugement dernierde la Pinacothèque de Berlin peint en 1452. Des scènes de la Passion - Ecce HomoLavement des mains - peuvent rapprochées de gravures réalisées vers 1480 par Israhel van Meckenem pour sa Grande Passion, d'une fresque peinte vers 1430 par Giacomo Jaquerio dans la sacristie de l'abbaye Sant'Antonio di Ranverso. Canavesio a réutilisé ces thèmes dans la Chapelle Notre-Dame-des-Douleurs de Peillon.









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