EXPO - Paul Klee - Pompidou


À l’âge de 22 ans, Paul Klee déclare dans son journal : « Je suis Dieu ». Peu de temps après, il ajoute dans une lettre à sa fiancée Lily Stumpf : « je me contente désormais de la belle chose auto-ironie ». Cet état d’esprit l’accompagnera tout au long de sa vie. « Chez lui, le goût de la satire a toujours été très fort, de l’ironie, de toutes ces choses qui manquent un peu de sérieux », commentera plus tard son fils Felix.

Paul Klee au Centre Pompidou - Quarante-sept ans après la dernière grande rétrospective française, l’exposition que présente le Centre Pompidou se propose de relire pour la première fois l’ensemble de l’œuvre de Klee à l’aune des correspondances avec le concept romantique de l’ironie. Partant d’un constat négatif et pessimiste quant au statut de l’art de son temps et qu’il considère comme une vaine imitation, Klee adopte très tôt une attitude indépendante et détachée lui permettant de renverser cette situation. « Je sers la beauté en dessinant ses ennemis (caricature, satire) », écrit-il dans son journal en 1901. Cette rétrospective réunit environ deux cent trente œuvres, provenant du Zentrum Paul Klee de Berne, des plus grandes collections internationales et de collections particulières. Aux côtés d’œuvres majeures rarement prêtées, dont la magnifique toile Chemin principal et chemins secondaires ou encore Insula Dulcamara, chef-d’œuvre de la dernière période, le visiteur peut admirer le mythique Angelus novus. Jamais exposé en France, ce décalque à l’huile doit son aura toute particulière au texte que lui a dédié Walter Benjamin dans ses Thèses sur le concept d’histoire. L’Angelus novus retrouve, pour la première fois depuis les années 1930, la seconde œuvre détenue par le philosophe allemand : La Présentation du miracle. L’exposition présente également des travaux méconnus de Klee, à l’instar des ensembles de sculptures, de dessins et de peintures sous-verre, exécutés durant sa jeunesse. Plus de la moitié des œuvres présentées n’ont encore jamais été montrées en France.

Tout au long de sa vie, l’artiste affine cette stratégie dialectique, fondamentale dans la définition du procédé esthétique de l’ironie romantique, qui oscille entre affirmation et négation, création et destruction de soi. Klee développe un art qui intègre une réflexion sur ses propres moyens et principes, qui porte en lui des qualités d’abstraction et de construction. Pour lui, l’art devrait être « un jeu avec la loi » ou, selon une expression qui lui est chère, « une faille dans le système ». L’exposition dévoile comment, au fil des différentes périodes de sa vie, Klee parvient à dénoncer avec ironie les dogmes et les normes de ses contemporains, de ses débuts satiriques à ses dernières années d’exil à Berne. Arme redoutable, l’ironie lui sert non seulement à déjouer les règles, mais également à affirmer sa liberté totale – fondement de son idéalisme humaniste. Pour Pierre Boulez, l’insoumission de Klee, sa façon de poser simultanément « le principe et la transgression du principe », serait la plus importante des leçons de l’artiste.
Mister Sol, Paul Klee - Recto/Verso
Poupée suspendue à des rubans, Paul Klee - & Angelus Novus
Le livre, Paul Klee et Hans Bloesch
Potsdamer Platz ou Les nuits du nouveau messie - Visions extatiques de Curt Corrinth avec 10 lithographies de Paul Klee. 
Candide, Chapitre 7 - Candide ou le meilleur des mondes. Un conte de Voltaire avec 26 dessins à la plume de Paul Klee. 
Vierge (rêvant) 
Un homme s'abîme devant la couronne & Phénix âgé
Nude
Comédie des oiseaux & combat aérien 
La cantatrice L. & Lomolarm (l'homme aux larmes) 
Métamorphose 
Plantes-horloges & - 
Funambule & La même ligne courbe conduit à une forme variable
Explosion
Le créateur 
Lettre chargée 
Fleurs des cavernes 
Exötin, femme exotique & Welthafen, Port mondial  
Poison, Paul Klee & Le Minotaure, revue ayant figuré dans sa bibliothèque 
Lettre envoyée par Lily Klee à Paul Klee
Signes menaçants