EXPO - Palais de Tokyo - Ordre et progrès


Ordre et Désordre de Hector Zamora au Palais de Tokyo.
« Les bateaux symbolisent l’aventure et la découverte, mais ils représentent aussi l’espoir d’un abri ou la possibilité de survivre dans un environnement hostile. S’ils véhiculent un imaginaire nourri des grandes épopées mythologiques, aujourd’hui ils sont également symboliquement liés à la crise migratoire. » 


Invité à exposer au Palais de Tokyo, l’artiste mexicain Héctor Zamora (né en 1974, vit au Portugal) imagine une installation performative évoquant de manière puissante la déconstruction de l’univers symbolique et des espoirs incarnés par la navigation.
Rassemblés dans l’espace de l’Orbe New York, dont les grandes baies vitrées donnent sur la Seine, plusieurs bateaux de pêche en bois sont lentement désassemblés, pièce après pièce, pendant toute la durée de l’exposition. L’oeuvre, évolutive, apparaît sous-tendue par une question essentielle : le progrès peut-il naître de l’ordre ?
Avec Ordre et Progrès, Héctor Zamora poursuit sa réflexion sur les modèles socio-économiques et sur les « épaves » de l’histoire de l’industrialisation, s’inscrivant dans la continuité de précédents projets, tels que Atopic Delirium (2009) ou Every Belgian is born with a brick in the stomach (2008).
« Le titre de cette oeuvre, Ordre et Progrès, est issu de la devise qui orne la sphère céleste du drapeau brésilien, celle-ci étant elle-même une version concise de la formule employée par le philosophe Auguste Comte dans son Cours de philosophie positive (1830) : “L’amour pour principe, l’ordre pour base et le progrès pour but”. Ce titre instaure un contraste entre l’action qui doit se dérouler pendant la durée de l’exposition – un processus structuré et organisé du démantèlement de plusieurs bateaux – et l’idée centrale de la pensée positiviste.



(…)Ici, le démantèlement des bateaux n’a pas pour finalité la construction ou le développement des nouveaux scénarii politiques, économiques ou sociaux. Il s’agit plutôt de dissoudre les promesses portées par l’imaginaire dont ils sont porteurs, que ce soit dans le contexte précis de la France, de l’Europe, ou d’une sphère culturelle plus large. » 
« La dimension socio-politique, fondamentale dans la pratique d’Héctor Zamora, est ici doublée d’une forte dimension plastique et architecturale : à partir du moment où les bateaux sont installés, l’artiste est en quelque sorte confronté à une perte de contrôle. Le démantèlement systématique de ces bateaux ne lui permet pas d’anticiper la manière dont l’espace se modifie, de quelle façon il est perçu ou utilisé. »