EXPO - Miguel Marcelo - Bnf & Musée Picasso


Sol y Sombra. La Bibliothèque nationale de France et le Musée national Picasso-Paris s’associent pour proposer un double évènement consacré à Miquel Barceló. Fortes de nombreuses pièces inédites, deux expositions permettent au public une immersion dans l’univers de l’artiste majorquin. Aux peintures et céramiques présentées par le Musée national Picasso-Paris fera écho la riche production gravée proposée par la BnF.

Le grand verre de terre - Miguel Barcelo investit la Bibliothèque nationale de France en créant dans l'allée Julien Cain, en hommage au philosophe, poète et théologien médiéval majorquin Ramon Llull, un gigantesque dessin sur la fine pellicule d'argile dont il a recouvert les vitres donnant sur le jardin. 
Sur 195 mètres de long et 6 mètres de haut, son bestiaire fantastique, animé par la lumière extérieure vient se refléter dans l'allée suivant la course quotidienne et l'intensité du soleil. 
Dans cette fresque spectaculaire, oeuvre éphémère conçus pour durer le temps de l'exposition Sol y Sombra, se retrouve tout ce qui fait la particularité et la force de l'art de Barcelo : son rapport charnel à la matière, et plus particulièrement la valise, "matière humaine par excellence", la pulsion vitale, primitive, qui anime ses qualités ou ses accidents, pour "faire d'une chose une autre chose". Fasciné par l'art pariétal qui l'inspire depuis longtemps, Barcelo a sgraffié sur la fine couche d'argile un récit qu'il nous laisse déchiffer. 




















Bnf - L’œuvre imprimé de Miquel Barceló, rarement exposé, représente cependant une part majeure du travail de l’artiste. Peintre, dessinateur, sculpteur et céramiste, il expérimente également depuis ses débuts les techniques d’impression. Foisonnant, profondément original, son œuvre imprimé représente à ce jour près de deux cent cinquante gravures sur cuivre, sur bois, lithographies, sérigraphies et estampages. Bien qu’autonome, ce travail reste indissociable, par sa dimension foncièrement expérimentale, de l’ensemble de la production protéiforme de l’artiste majorquin. C’est tout naturellement que la BnF a choisi de faire découvrir cette part méconnue de son œuvre en dialogue avec des dessins, des sculptures, des céramiques et des peintures, dans un parcours thématique construit autour d’une sélection de soixante estampes, travaux récents ou très anciens, qui rend compte de la cohérence et de la singularité de sa démarche.

























Musée Picasso - Miquel Barceló est le premier artiste contemporain invité au musée depuis sa réouverture en 2014. Conçue comme une plongée dans l’univers singulier de l’artiste, l’exposition occupe l’intégralité du sous-sol de l’Hôtel Salé et présente un ensemble de peintures, sculptures, céramiques et œuvres sur papier des années 1990 à aujourd’hui. Le parcours se développe autour des divers domaines de création de l’artiste et met en avant les affinités de son oeuvre avec les attitudes, les motifs et les processus créatifs de Pablo Picasso. Le thème de l’atelier constitue le fil rouge de l’exposition : de la représentation picturale qu’en donne Barceló dès les années 1990, jusqu’à la présentation d’ensembles de plâtres – modèles pour les fontes à venir ou fragments d’études qui évoquent l’atelier du sculpteur – en passant par la fabrique de céramiques, domaine dans lequel le visiteur pourra découvrir les dernières expérimentations menées autour de pièces fumées au charbon de bois. Œuvre maîtresse de l’exposition, un grand mur de briques spécialement réalisé par l’artiste, permet d’aborder la thématique récurrente chez lui de l’autoportrait, tout en évoquant la dimension monumentale de son travail.




En contrepoint de la centaine d’œuvres de Barceló, quelques pièces de Picasso choisies dans la collection du musée, ainsi qu’une sélection de photographies de ses divers ateliers, ponctuent le parcours et donnent à voir les correspondances existant entre les œuvres des deux artistes. Ces rapprochements relèvent à la fois d’une attitude commune vis-à-vis de la matière – processus créatif faisant la part belle à l’expérimentation permanente – que d’une perméabilité des techniques qui transparaît sur tous les supports. « Sol y sombra », évocation directe du monde de la tauromachie, renvoie aussi bien à l’iconographie chère au maître andalou qu’à cette approche propre à « l’animal » Barceló qui inscrit son travail dans un jeu permanent entre la densité d’une matière, superposée, triturée, grossièrement façonnée, et la délicatesse d’un geste d’effacement, d’un trait creusé en négatif qui fait surgir une lumière éclatante.










Jardin musée Picasso -