PARIS - Musée de Cluny


Musée national du Moyen-Âge - Visite de l'hôtel des abbés de Cluny et les chefs-d'oeuvre du musée. Précieux témoin de l’architecture gothique civile à la fin du Moyen Âge, l’hôtel de Cluny abrite les collections du musée qui comptent de nombreux chefs-d’œuvre, parmi lesquels la célèbre tenture de La Dame à la licorne. 



La demeure initiale, contemporaine du collège, n’est connue que par une mention d'archives. L’hôtel particulier actuel fut construit à partir de 1485 par Jacques d’Amboise, abbé de Cluny issu d’une des familles dominantes de la fin du XVe siècle. À la tête de l’ordre clunisien, le jeune abbé fit bâtir un bâtiment destiné à magnifier son statut : matériaux coûteux, plan complexe, décor opulent.
Construit en style gothique, l’hôtel des abbés de Cluny adopte le parti d’une demeure d’exception, l’hôtel particulier, formule architecturale urbaine qui connaîtra un formidable succès durant tout l’Ancien Régime. Le mur crénelé aveugle sur la rue borde une vaste cour intérieure, accessible par une porte cochère et un guichet. Les façades reçoivent un riche décor sculpté gothique flamboyant. Aux frontons des lucarnes hautes, sur les pans de la tour d’escalier, les armes de Jacques d’Amboise affirment la puissance et le rang du commanditaire. Le corps de logis central est encadré par deux ailes, l’une à l’est recevant au rez-de-chaussée les cuisines, l’autre à l’ouest formant une galerie à l’étage sur une série d’arcatures ouvertes. L’architecte a su exploiter habilement une parcelle irrégulière et la présence des bâtiments antiques et trouver des solutions novatrices à ces contraintes.



Aujourd’hui, l’hôtel des abbés de Cluny est à la fois proche et éloigné de ce qu’il était au Moyen Âge. Ses façades, ses toitures ont bénéficié au XIXe siècle d’une restauration de qualité, menée scrupuleusement par Albert Lenoir, en respectant les dispositions d’origine. En revanche, le tissu urbain dans lequel il était engoncé a disparu, suite aux travaux d’urbanisme du baron Haussmann, modifiant significativement la perception de cette « pépite urbaine », telle que la qualifiait Prosper Mérimée, insigne joyau de l’architecture médiévale civile.
Epitaphe de Nicolas Flamel. +1418.
Céramiques à reflet métallique. (lustres)
Plat à décor de bryones au monogramme IHS. 
Le motif dit à la bryone est un des leitmotive décoratifs des faïences produites à Valence. Les feuilles plates représentées ont en effet été identifiées à celles de cette plante non comestible mais utilisée en extraits à des fins médicinales. Au centre le monogramme IHS correspond à Ihesus (Jesus).

Coupe et plat, Manisès, début du XVIe siècle.
Achetés ensemble ces deux vases ne forment pour autant avec certitude une paire. Ils partagent cependant une harmonie dans le décor godronné aux effets dorés et dans le choix d'un motif pseudo-héraldique pour leurs ombilics. Le soin apporté aux motifs végétaux et à l'équilibre des couleurs à reflets métalliques placent ces vases dans la continuité des créations du XVe siècle dans les ateliers de Valence. 

Vase et pichet à décor héraldique. Manisès. Vers 1465 & 3e quart du XVe siècle.
Ce vase est une des oeuvres les plus spectaculaires de la faïence lustrée hispanique. Son décor, probablement aux armes des Salvi, constitue un exemple du motif de pampres alternant les couleurs bleues et dorées. Un vase de même forme, aux armes de Médicis, est conservé au British Museum de Londres. 
Le décor de pampres, ici exclusivement traités en effet de lustre, laisse place sur la panse du pichet à un écu dont les armes résistent encore à l'interprétation après avoir été rapprochées, à tort, de celles de Florence. 

Revers de plat ombilic à décor de tête de lion, Manisès ou Paterna. Premier quart du XVIe siècle. 
Sur ce revers, une tête de lion de face est entourée de deux rangs de réglisse des bois. Témoignant du goût des grandes familles toscanes pour la céramique hispano-mauresque, ce vase représente sur son anvers les armes des Médicis. Il répond probablement à une commande directe des Médicis aux ateliers de Valence. 

Pietà de Tarascon, Avignon, 1457.
Entourée de saint Jean et des trois Marie, la Vierge pleure le Christ mort. Par sa composition, le geste de saint Jean, la scène rappelle la Pietà d'Avignon peinte par Enguerrand Quarton (Louvre). L'artiste n'est pas connu, mais il use d'une intensite lumière à la manière d'un peintre provençal. Et, en effet, rapprochée du "retable neuf" de l'inventaire du château de Tarascan de 1457, l'oeuvre a très probablement orné la chambre de Jeanne de Laval, épouse du roi René. 
Vitrail provenant du Château de Rouen - 4e quart du XVe siècle.

Panneaux de retables d'albâtre, Angleterre, XVe siècle. 
Collection Lapidaire vers 1845. La Ville de Paris utilise les vestiges comme dépôt lapidaire (dépôt des blocs architecturaux et des sculptures issues des fouilles archéologiques de Paris) avant de céder la parcelle à l'État : celui-ci acquiert en 1843 la collection d'Alexandre Du Sommerard ainsi que l'hôtel médiéval de Cluny pour installer un musée dans cet ensemble architectural remarquable. Le classement des thermes au titre des Monuments historiques en 1862 assure par ailleurs depuis ce temps la protection de l’État à ces témoins anciens de l'histoire de la ville.
Atelier de Pierre de Montreuil, Statues acéphales, Saints et Apôtres. Paris après 1258. Calcaire lutétien.


Têtes de Rois de Juda, Paris vers 1220.

Dalle Funéraire de Chanterelle de Flavacourt et d'Isabelle Hargelieu, Ile-de-France, milieu du XIVe siècle. 
 Colonnes.

Collection du musée - Plaque d'une reliure : Crucifixion, saintes Femmes au Tombeau, Ascension et Christ en majesté. Cologne vers l'an Mil. 
 Coffret : prophètes et saints. Cologne, vers 1200. Os sur âme de bois, bronze doré.
 Plaque : les douze Tribus d'Israël & Plaque : les douze apôtres  Ivoire, milieu du XIIe siècle.
Crosseront / Vierge à l'enfant entre deux anges, crucifixion, Ivoire d'éléphant, vers 1300.
 Triptyque, scènes de l'Enfance et de la Passion du Christ, Paris fin du XIIIe siècle.

APÔTRE "MÉLANCOLIQUE", SAINT JEAN, APÔTRE "À TÊTE DE PHILOSOPHE". 

Les douze statues d'Apôtres du décor intérieur de la Sainte-Chapelle furent déposées à la Révolution. Six d'entre elles, dont trois sont entièrement conservées, furent envoyées au musée de Cluny.
Saint Jean est reconnaissable à son visage juvénile. Les deux autres apôtres, non identifiés, sont désignés comme l'Apôtre “ à tête de philosophe'” et l'Apôtre “mélancolique”. Ces appellations soulignent les recherches d'individualisation et l'intérêt pour l'art antique que révèlent leurs visages.
Le talent du sculpteur s'exprime aussi dans le traitement monumental des corps, enveloppés de drapés puissants, cassés de plis à bec ou tombant en grandes chutes verticales. Il s'agit là d'exemples remarquables du gothique “classique” qui s'épanouit au temps de saint Louis.
Chapiteau double Dragons, vers 1140-1145.
 Pilastre, Cluny, 2e quart du XIIe siècle.
 Vierge à l'enfant, Paris milieu XIVé siècle. marbre.
La dame à la licorne - Tissées aux alentours de 1500, ces six tapisseries, qui arborent les armoiries de la famille Le Viste, représentent les cinq sens que sont le Toucher, le Goût, l’Odorat, l’Ouïe et la Vue.
Reste le sixième sens, commenté par l'inscription « À mon seul désir », qui a inspiré de nombreuses hypothèses. Sans exclure une signification dans le registre de l'amour courtois, il pourrait désigner le libre-arbitre : la Dame à la beauté diaphane renonce aux plaisirs temporels.
Ces tapisseries « millefleurs » à la flore abondante, peuplées d’animaux paisibles dans cette sorte d’Éden où la licorne est tantôt actrice tantôt simple spectatrice et porteuse d'armoiries, invitent par ailleurs à la contemplation. L’ensemble est considéré, à juste titre, comme l’un des grands chefs-d’œuvre de l’art occidental.






Vitraux - Adoration des Mages, Rouen, église de Saint-Vivien, vers 1410. 
& Ressuscité du Jugement dernier, Rouen, 3e quart du XVe siècle. 


Orfèvrerie - Croix professionnelle, Italie, seconde moitiée du XVe siècle. 


 Reliquaire portatif, région mosane, vers 1220-1230
 Couronne votive avec croix à inscription, espagne wisigothique, VIIe siècle.
 Croix votive, espagne wisigothique, VIIe siècle.
 Croix reliquaire de la vraie croix, Sicile, 2e moitié du XIVe siècle.
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Dormition de la Vierge, Constantinople, Xe siècle. 
 Plaquettes de coffret, scènes chrétiennes, ivoires, fin du IXe siècle.
 Livre d'Heures de Thielman Korver, L'Annonciation, 1500.
 L'objet individuel, à la fin du Moyen-Âge se développe la production de supports de dévotion privée : livres d'heures, tableaux ou statues, reliquaires portés sur soi. Ces précieux objets correspondent au besoin grandissant d'un rapport visuel et tactile à l'objet de la foi et attestent l'évolution, aux XIVe et XVe siècles, vers une piété plus intériorisée et personnelle, appuyée sur des représentations qui suscitent l'empathie avec les souffrances du christ, de la vierge et des saints.