EXPO - Institut du Monde Arabe - Osiris



L’Institut du monde arabe accueillera l’exposition événement de la  rentrée « Osiris, mystères engloutis d’Égypte » qui dévoilera 250 objets issus de 10 années de fouilles sous-marines menées par l’archéologue Franck Goddio auxquels viendront s’ajouter une quarantaine d’oeuvres provenant des musées du Caire et d’Alexandrie, dont certaines sortiront d’Egypte pour la première fois. Ces découvertes, à la signification historique hors du commun, permettront de faire revivre l’un des grands mythes fondateurs de la civilisation égyptienne : « Les Mystères d’Osiris ».




Cette exposition révèlera les dernières découvertes sous-marines de Franck Goddio et de ses équipes, et notamment les vestiges de la cérémonie des Mystères d’Osiris qui étaient célébrés dans les villes de Thônis- Héracléion et Canope.





Grande Mosquée de Paris - 
Osiris, mystères engloutis d’Égypte : l’exposition qui lève le voile sur cette cérémonie secrète. - 
Osiris, ls de la Terre et du Ciel, fut tué par son frère Seth. Ce dernier démembra le corps d’Osiris en 14 morceaux avant de le jeter dans le Nil. Isis, sœur-épouse d’Osiris, grâce à ses pouvoirs divins, remembra son corps, avant de lui rendre la vie et de concevoir leurs ls : Horus. Osiris devint alors le Maître de l’Au-delà et Horus, victorieux de Seth, eût l’Égypte en héritage. 
 Stèle d'Horus -

On avait connaissance grâce à la stèle, dite de Canope, découverte en 1881, à Kôm el-Hisn (238 av. J.-C.) que dans le grand temple d’Amon Géreb, d’une ville nommée Héracléion, étaient célébrées, comme dans la plupart des villes d’Égypte, les cérémonies des Mystères d’Osiris. Elles se terminaient, selon le texte de la stèle, par une longue procession nautique sur les canaux qui emmenait Osiris du temple d’Amon Géreb à son sanctuaire de la ville de Canope. 


Sous l’égide de Franck Goddio, la mission de l’Institut Européen d’Archéologie Sous-Marine (IEASM) a découvert, à quelques kilomètres d’Alexandrie, les cités de ônis-Héracléion et de Canope submergées depuis le VIIIè siècle en baie d’Aboukir, ainsi que des vestiges des temples mentionnés dans le Décret. Les fouilles sur ces deux sites ont mis au jour de nombreux témoignages archéologiques en relation directe avec les « Mystères d’Osiris » : monuments, statues, instruments rituels, o randes cultuelles... attestant ainsi de la célébration des « Mystères », en ce lieu. Cette célébration initiatique d’une durée de 21 jours commémorait, perpétuait et renouvelait la légende osirienne.
Stèle de Thônis-Héracléion

Les Mystères d’Osiris constituaient les fêtes rituelles les plus importantes qui se déroulaient en Égypte chaque année. Depuis le Moyen Empire au moins (1850 av. J.-C.), d’abord à Abydos dans la ville sacrée d’Osiris puis dans toutes les métropoles d’Égypte, l’e gie du dieu parée de lapis-lazuli, de turquoise, d’or et de pierres précieuses sortait du temple sur sa barque, triomphant, dans la liesse populaire. Des prêtres mimaient certains épisodes de la passion du dieu, psalmodiaient des litanies funèbres, chantaient la victoire d’Osiris. Le cortège divin rejoignait ensuite le tombeau d’Osiris. Lors de ces Mystères, d’autres cérémonies, secrètes celles-là, se déroulaient dans la « maison du dieu » et célébraient sa résurrection.

D’après les bas-reliefs des chapelles osiriennes sur le toit du temple de Dendara, tous les ans au quatrième mois – au cours du rituel du mois de Khoiak –, lorsque les eaux de l’inondation se retiraient pour laisser place aux champs et aux cultures, des prêtres façonnaient des gurines d’Osiris dans la terre ensemencée gorgée de l’eau de la crue nouvelle. La germination de ces « Osiris végétants » symbolisait la vie éternellement renouvelée. L’équilibre du monde était ainsi maintenu grâce au processus de création sans cesse régénéré. Le même qui faisait triompher le soleil sur les ténèbres chaque jour ; l’astre surgissait des profondeurs de la nuit, rajeuni chaque matin comme « la première fois ». 
Osiris-Canope -
Statuette d'Osiris végétant emmaillotée dans un sarcophage de sycomore - 
Statue, le réveil d'Osiris - 
Le delta du Nil, à l’embouchure du euve sacré égyptien, a changé de con guration avec le temps. La côte orientale de la Méditerranée s’enfonce à un rythme lent et régulier. Les sites archéologiques retrouvés ont été immergés par l’occurrence de di érents phénomènes :

- le lent a aissement – ou subsidence – de cette partie orientale de la Méditerranée,

- la montée du niveau de la mer depuis l’Antiquité,
- les e ondrements et glissements de terrain dus à des phénomènes sismiques,
- des phénomènes locaux de liquéfaction des argiles notamment survenus aux endroits où de lourds monuments étaient construits.

Ce phénomène ayant comme facteur de déclenchement un surpoids local dû à une crue catastrophique du Nil ou un raz de marée. Le résultat de tous ces facteurs a occasionné une di érence de niveaux d’environ 8 mètres des terres immergées par rapport à leur niveau antique.
Les cités de ônis-Héracléion et la ville de Canope sont aujourd’hui englouties au large de la côte en baie d’aboutir. 
Stèle figurant Isis-Thermoutis & stèle à la bute Osirienne -
(c) Chavanitas