PARIS - Louvre - by night





Dans la continuité de son intervention sous la pyramide depuis avril 2014, Claude Lévêque, pour ce second chapitre de l’exposition « Sous le plus grand chapiteau du monde », réactive les mises en espace sensorielles dans les fossés médiévaux Charles V par l’utilisation de la lumière, du son et d’objets divers…
Ses dispositifs, qui ont pour base de récit la réalité, rencontrent sa propre mémoire et celle des lieux, et placent le visiteur en embuscade, « entre coercition et ravissement ». Présent au Louvre pendant presque deux ans pour s’imprégner du musée-palais, Claude Lévêque s’inscrit dans une continuité du vocabulaire  artistique : les éléments mis en place dans les fossés médiévaux sont le prolongement de l’éclair sous la pyramide et font directement référence aux collections du musée ; en y apposant une perte de repères, Claude Lévêque propose une immersion onirique.
« La lumière et le son sont des moyens de métamorphose complète. Ce sont deux éléments primordiaux dans une sensation. Après viennent les textures, les  images, les ambiances, les objets, etc. » Claude LévêquePalais de tokyo opening -Retour à Berratham - Angelin Preljocaj - Adel Abdessemed - Chaillot -
Sa dernière création, Retour à Berratham, les réunit à nouveau par le biais d’une commande pour la danse. Le chorégraphe a une nouvelle fois la volonté d’explorer les mouvements humains tout autant que les mots.
Danseurs et comédiens sont présents sur scène dans une scénographie du plasticien Adel Abdessemed, « un artiste habité par la violence de nos sociétés », pour reprendre les paroles du chorégraphe.
Les états du corps après la guerre traversent ces lignes. « L’histoire débute là où une pièce de guerre se terminerait », écrit Laurent Mauvignier. Aux yeux d’Angelin Preljocaj, il s’agit surtout d’une quête, celle de ce jeune homme qui revient à Berratham à la recherche de celle qu’il aime, Katja. Il ne reconnaît plus rien. Et en cherchant Katja, il se retourne sur son enfance, son passé. Cette transfiguration des êtres et des lieux est montrée dans le texte. Ce sont les dommages collatéraux qui sont en jeu.
Pour Laurent Mauvignier, « cette histoire est également l’onde de choc de la violence, de la mémoire meurtrie, de l’instinct de survie ». À la danse d’Angelin Preljocaj d’apaiser les plaies. Pour Katja. Pour nous. / Philippe Noisette

(c) Chavanitas