EXPO - MaM - Matisse - Raoul Dufy - David Altmejd







Exhibitions at the Museum of Modern Art of Paris, Henri Matisse and Raoul Dufy murals permanent pieces of the museum... And the joyful discovery of David Altmejd, in the contemporary temporary exhibitions.


La Danse inachevée - Matisse - Le thème pacificateur de la ronde de la Joie de vivre ou, plus sauvage, de la Danse Chtchoukine de 1909 est à nouveau sollicité pour dialoguer avec l’architecture, tout en s’incarnant différemment dans chacune des trois variantes :  La Danse inachevée (redécouverte en 1992) que le peintre ébauche, « armé d’un fusain au bout d’un long bambou », toile « de chevalet » était abandonnée à l’automne 1931, Matisse étant conscient d’un renouvellement nécessaire de ses moyens.

La Danse - Matisse - La Danse « guerrière » de Paris, 1931-1933, conçue à l’aide des onze aplats de gouaches colorées découpées, rythmant dans l’oblique les fonds (noir/rose/bleu profonds) et sur lesquels jouent les corps de nymphes couleur de ciment gris est cette fois encore abandonnée au printemps  1932, en raison d’une erreur de mesure des retombées des voussures de la Fondation Barnes. La composition, ainsi conçue, épinglée dans son état transitoire de gouaches découpées sur la Danse originelle de « chevalet », sera reportée en peinture sur de nouveaux supports de toile près d’un an plus tard, et achevée en novembre 1933. Enfin, la version « dionysiaque »,  composée directement sur la toile, grâce à des gouaches présente en son panneau central  des figures jumelles de celles de La Danse de Paris, mais agencées sur  d’autres rythmes. Le peintre avait tenu à renouveler le traitement, le nombre (8) et le groupement des danseuses. Cette version était finalement installée à Merion, en mai 1933.

La fée électrique - Raoul Dufy - Comme Léger, Delaunay et beaucoup d’autres artistes, Dufy reçut pour l’exposition de 1937 la commande de décorations monumentales, notamment celle du mur concave du hall du Palais de la Lumière et de l’Electricité, édifié par Mallet Stevens sur le Champs-de-Mars. Il se plie au programme du commanditaire, la Compagnie parisienne de Distribution d’Electricité, pour raconter La Fée Electricité à partir du Rerum natura de Lucrèce. Dans cette composition de 10 mètres sur 60, se déploie de droite à gauche, sur deux registres principaux, l’histoire de l’électricité et de ses applications, depuis les premières observations jusqu’aux réalisations techniques les plus modernes. Dans la partie supérieure se déploie un paysage changeant où, sont disséminés les thèmes favoris du peintre : voiliers, nuées d’oiseaux, batteuse, bal du 14 juillet. Le long du registre inférieur sont disposés les portraits de 110 savants et inventeurs ayant contribué au développement de l’électricité.

Mêlant la mythologie et les allégories à l’exactitude historique et à la description technologique, Dufy joue sur l’opposition des contraires. Au centre les dieux de l’Olympe et les générateurs de la centrale électrique reliés par la foudre de Zeus ; la nature primordiale et les architectures ; les travaux et les jours et les machines modernes. Formellement aussi, les registres de couleurs chaudes s’opposent aux froides, avec les dominantes chromatiques nettement différenciées selon les zones. Ce double cheminement narratif se résout en apothéose, avec l’envol d’Iris messagère des dieux, fille d’Electra qui vole dans la lumière, au dessus d’un orchestre et des capitales du Monde diffusant toutes les teintes du prisme.

La méthode utilisée par Dufy permit une grande rapidité d’exécution (10 mois depuis la conception à la réalisation) grâce à un médium mis au point par le chimiste Jacques Maroger qui permettait de retirer aux pigments leur opacité et de retrouver «  les secrets perdus de la peinture à l’huile des anciens, leurs couleurs brillantes, ductiles, transparentes ». En réalité, ce fa presto dissimule un grand travail à partir d’études préparatoires sur des modèles peints nus puis en costumes, de dessins reportés au calque pour trouver la disposition des groupes puis projetés grandeur nature sur les panneaux à l’aide d’une lanterne magique.


Donnée par l’Electricité de France, cette décoration monumentale fut installée au musée en 1964.

Flux - David Altmejd - MaM - Le Musée d’Art moderne de la ville de Paris présente à l’ARC Flux, première rétrospective en France de l’œuvre de David Altmejd. Elle réunit des pièces inédites ou plus anciennes, ainsi que sa sculpture monumentale la plus récente et certainement la plus ambitieuse : The Flux and The Puddle (2014).

L’exposition se présente comme une œuvre en soi, aux créatures parfois anthropomorphes et animales : hybrides mi-végétaux mi-minéraux qui se jouent de l’architecture réelle du musée et déploient leur labyrinthe arachnéen. David Altmejd a une approche de la sculpture caractérisée par la grande diversité des matériaux employés où un intérêt très ancien pour les sciences naturelles et pour l’architecture se révèle. 














L’artiste travaille à même le flux psychique. Dans son univers de « rêveur définitif », l’action et la conscience fusionnent ; l’artiste domine le grotesque et l’abject, marie l’esthétique au « glamour », ses sculptures explorent les mondes du rêve et du cauchemar entre fascination et effroi.


L’exposition révèle un ensemble d’éléments, d’ « acquis artistiques » volontairement contradictoires : conceptuels ou processuels, entre virtuosité et ready made… Le flux lumineux, issu d’innombrables sources, naturelles et artificielles, se subdivise au gré des miroirs qu’il rencontre, fracassés ou intacts, suivant la fantaisie du sculpteur.










Proche des univers cinématographiques de David Cronenberg, de David Lynch ou de Jim Henson et marqué comme toute sa génération par l’œuvre de Matthew Barney, David Altmejd allie des composants mystiques et alchimiques à une esthétique éclatée, entre structure et dispersion. Théâtre de formes et d’organes en gestation, de cristaux en formation, son œuvre agit par strates, assemblant patiemment des sédiments mémoriels soudain réunis en une explosion jubilatoire et onirique.















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