VERSAILLES - Château de Versailles





A sunny afternoon at Versailles, visiting the castle and going around the gardens & bosquets.














Le Grand Appartement du Roi - Le salon d'Hercule -







Le salon de l’Abondance -Les soirs d’appartement, le salon de l’Abondance était le lieu des rafraîchissements ; un buffet y proposait café, vins et liqueurs. C’était aussi l’antichambre du cabinet des Curiosités ou des Raretés de Louis XIV (désormais occupé par le salon des Jeux de Louis XVI) auquel on accédait par la porte du fond. Le roi aimait montrer à ses hôtes de marque les vases d’orfèvrerie, les gemmes et les médailles qui y étaient conservés et qui ont inspiré le décor de la voûte, où l’on peut voir en particulier la grande nef royale représentée au-dessus de la porte. La nef du roi, un objet précieux en forme de navire démâté, était posée sur la table du souverain pour les grandes occasions, ou bien sur le buffet. Symbole de pouvoir, que chacun devait saluer au passage, elle contenait la serviette du souverain.

Le salon de Vénus - De toute l’enfilade, le salon de Vénus présente le décor le plus baroque. C’est le seul endroit où Le Brun a fait dialoguer architectures, sculptures et peintures, tantôt réelles et tantôt feintes : les pilastres et colonnes de marbre sont repris dans les perspectives peintes par Jacques Rousseau, et deux statues en trompe-l’œil du côté des fenêtres répondent à la figure de Louis XIV par Jean Warin.

Le salon de Mercure - À l’origine, le salon de Mercure était la chambre de parade du Grand Appartement, d’où son nom de « chambre du lit », bien que très vite ce lit fût ôté en hiver afin de libérer l’espace et d'y installer des tables de jeu. Jusqu’en 1689, date où Louis XIV dut se résoudre à les faire fondre afin de financer la guerre de la Ligue d’Augsbourg, tables, miroirs, chenets et lustres d’argent massif magnifiquement ciselés par les orfèvres des Gobelins ornaient murs, plafonds et cheminée. Une balustrade également d’argent séparait l’alcôve du reste de la pièce. Des brocarts – étoffes tissées de fils d’or et d’argent – tendaient les parois ainsi que le lit mais ils furent à leur tour envoyés à la Monnaie pour soutenir cette fois la guerre de Succession d’Espagne. Une des rares fois où le salon de Mercure a servi comme chambre fut à l’occasion de la proclamation du duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV, comme roi d’Espagne : le jeune prince y dormit durant trois semaines, avant de gagner son nouveau pays. C’est également dans cette pièce que, du 2 au 10 septembre 1715, fut exposée la dépouille mortelle de Louis XIV.
Le salon de la guerre - C’est à partir de 1678 que Mansart entreprit la construction du salon de la Guerre. La décoration, achevée par Le Brun en 1686, exalte les victoires militaires qui aboutirent à la paix de Nimègue. Les murs sont revêtus de panneaux de marbre ornés de six trophées et de chutes d’armes en bronze doré. Le mur du côté du salon d’Apollon est occupé par un bas-relief ovale en stuc représentant Louis XIV à cheval foulant aux pieds ses ennemis. Ce chef-d’œuvre de Coysevox est surmonté de deux Renommées dorées et soutenu par deux captifs enchaînés. Au-dessous, dans le bas-relief occultant l’ouverture d’une fausse cheminée, Clio écrit pour l’avenir l’histoire du Roi. Le plafond, qui a été peint par Le Brun, représente au centre La France armée assise sur un nuage, entourée de Victoires. Un portrait de Louis XIV orne son bouclier. Dans les voussures sont réparties ses trois ennemies vaincues : l’Allemagne à genoux, avec un aigle ; l’Espagne menaçante, avec un lion rugissant et la Hollande renversée sur un lion. La quatrième représente Bellone, déesse de la guerre, en fureur entre la Rébellion et la Discorde.

La Galerie des glaces - La Grande Galerie, comme on la nommait au XVIIe siècle, servait quotidiennement de lieu de passage, d’attente et de rencontres, fréquenté par les courtisans et le public des visiteurs. 
Après la victoire sur les trois puissances liguées, représentées au salon de la Guerre, la galerie exalte tout au long de ses soixante-treize mètres le succès politique, économique et artistique de la France. Succès politique : les trente compositions de la voûte peinte par Le Brun illustrent l’histoire glorieuse de Louis XIV durant les dix-huit premières années de son gouvernement personnel, depuis 1661 jusqu’à la paix de Nimègue. Ainsi, victoires militaires et diplomatiques aussi bien que réformes en vue de la réorganisation du royaume y sont traitées sous forme d’allégories à l’antique. Prospérité économique : par leurs dimensions et par leur nombre, les trois cent cinquante-sept miroirs qui ornent les dix-sept arcades faisant face aux fenêtres attestent que la nouvelle manufacture française de glaces est capable de ravir à Venise le monopole des miroirs, alors objets de grand luxe. Réussite artistique : les pilastres de marbre de Rance s’ornent de chapiteaux de bronze doré d’un modèle nouveau dit de « l’ordre français » ; créé par Le Brun à la demande de Colbert, il présente des emblèmes nationaux : une fleur de lys surmontée du soleil royal entre deux coqs français.

Le salon de l’œil-de-Bœuf -Les courtisans attendaient dans le salon de l’œil-de-Bœuf, antichambre créée en 1701, avant d’être introduits dans la chambre royale dont un garde-suisse gardait l’entrée.

La chambre du Roi - En 1701, Louis XIV transféra sa chambre dans le salon situé sur l’axe est-ouest du Château, face au soleil levant. On obtura les trois portes-fenêtres du fond donnant sur la galerie des Glaces pour former l’alcôve ; la balustrade de bois doré séparant l’alcôve du reste de la chambre fut sculptée et Nicolas Coustou réalisa l’allégorie en stuc de La France veillant sur le sommeil du Roi surplombant le lit. C’est dans cette chambre, devenue le sanctuaire visible de la monarchie, que Louis XIV dînait au « petit couvert » et qu’avaient lieu chaque jour les cérémonies du « lever » et du « coucher » du Roi. C’est également dans cette chambre que mourut Louis XIV, le 1er septembre 1715, après soixante-douze ans de règne.

Le fastueux décor de brocart d’or et d’argent sur fond cramoisi de la chambre est agrémenté de tableaux, choisis par Louis XIV : Les quatre évangélistes et le denier de César, par Le Valentin et Giovanni Lanfranco ; en dessus-de-porte, Saint Jean-Baptiste par Giovanni Battista Caracciolo ; Marie-Madeleine par Le Dominiquin ; et deux portraits de Antoon Van Dyck. Sur les deux cheminées datant de Louis XV, sont placés un buste de Louis XIV par Antoine Coysevox, une pendule-baromètre ainsi que quatre candélabres ayant appartenu au comte de Provence, frère de Louis XVI.

Le cabinet du Conseil - Attenant à la chambre du Roi, ouvert sur la galerie des Glaces, se trouve le cabinet du Conseil. Ce n’est qu’en 1755, sous Louis XV, que cette pièce prit sa forme actuelle. Elle résulte de la réunion de deux salles : le cabinet du Roi où Louis XIV réunissait les conseils (des finances ou d’État) et le cabinet des Termes (lieu plus intime où Louis XIV se retrouvait en famille ou en cercle restreint le soir après souper). De somptueuses boiseries, sculptées par Antoine Rousseau sur des dessins de Ange-Jacques Gabriel, vinrent habiller ce cabinet de nouveaux motifs décoratifs (trophées, attributs de l’armée, de la marine et de la justice…) ; de somptueux objets d’art commandés par Louis XV et Louis XVI ornent l’ensemble : une pendule de style rocaille (1754), un buste d’Alexandre le Grand en porphyre et deux vases de Mars et de Minerve, en porcelaine de Sèvres et bronze, ciselés par Pierre-Philippe Thomire (1787).

La chambre de Marie-Antoinette - La chambre est la pièce principale de l’appartement, celle où la reine se tenait le plus souvent. Elle y dormait, souvent rejointe par le roi. Le matin, elle y recevait durant et après sa Toilette qui constituait un moment de cour aussi réglementé par l’étiquette que le Lever du roi. C’est là encore qu’avaient lieu les accouchements en public : dix-neuf « Enfants de France » y sont nés. Le décor conserve le souvenir des trois reines qui ont occupé la pièce : le compartimentage du plafond remonte à la reine Marie-Thérèse, mais les peintures en grisaille par Boucher ont été réalisées pour Marie Leszczinska, ainsi d’ailleurs que les boiseries. Tous ces éléments ont été conservés du temps de Marie-Antoinette pour laquelle seuls le mobilier et la cheminée ont été livrés de neuf. Lors de l’invasion du château par les émeutiers le 6 octobre 1789, Marie-Antoinette parvint à leur échapper par la petite porte gauche de l’alcôve ouvrant sur un corridor donnant accès aux cabinets intérieurs de la Reine, une douzaine de petites pièces réservées à sa vie privée et à son service. À la Révolution, le château ne fut pas pillé, mais ses meubles furent dispersés lors de ventes aux enchères qui durèrent une année entière. Certains ont pu être retrouvés, comme le serre-bijoux de Schwerdfeger qui se trouve à gauche du lit, ou comme l’écran de cheminée ; d’autres ont été remplacés par des pièces équivalentes : tel est le cas des sièges livrés en partie pour la comtesse de Provence, belle-sœur de la reine, et en partie pour la visite du roi de Suède Gustave III. Quant aux étoffes qui tendent le lit et les murs, elles ont été retissées à Lyon d’après les cartons originaux conservés. Le lit et la balustrade ont été resculptés d’après des documents anciens.
L'antichambre du grand couvert -
La salle des Gardes -
Galeries -
Cour de marbre -
Lee Ufan - Artiste invité au Château de Versailles - Après Giuseppe Penone l’année dernière, l’artiste invité à Versailles pour l’été et l’automne 2014 est le peintre et sculpteur d’origine coréenne Lee Ufan. Dans le château et surtout dans les jardins, les formes sculpturales intenses et silencieuses de l’artiste vont venir se poser au pied de l’Escalier Gabriel, dans la perspective majestueuse dessinée par Le Nôtre ainsi qu’au détour des allées et des mystérieux bosquets, complétant et modifiant pour un temps l’atmosphère des lieux.
relatum - cotton tower

Les sculptures de Lee Ufan mettent en œuvre le plus souvent la confrontation entre deux matériaux : des plaques d’acier et des pierres naturelles. Elles portent le terme générique de “ Relatum ”, exprimant que l’œuvre d’art n’est pas une entité indépendante et autonome, mais qu’elle n’existe qu’en relation avec le monde extérieur. Pour Lee Ufan l’acte du sculpteur consiste, en réponse à une évolution de l’art qui après des millénaires d’objets fabriqués par la main de l’homme s’est ouvert à l’objet industriel et au ready made, à critiquer l’hyper productivité du monde contemporain. Lee Ufan a choisi de lier le faire et le non faire. Il part du principe que “ voir, choisir, emprunter ou déplacer font déjà partie de l’acte de création”. Il relie la nature à la conscience humaine avec une simple plaque de fer en dialogue avec une pierre. Il peut aussi déployer des plaques d’acier mat en une structure linéaire debout ou couchée, dont les ondulations répondent à l’espace investi. 

Le bassin d’Apollon - Dès 1636, sous Louis XIII, existait à cet endroit un bassin, dit alors des Cygnes, que Louis XIV fit orner de l’impressionnant et célèbre ensemble en plomb doré représentant Apollon sur son char. L’œuvre de Tuby, d’après un dessin de Le Brun, s’inspire de la légende d’Apollon, dieu du Soleil et emblème du Roi. Tuby exécuta ce groupe monumental entre 1668 et 1670 à la manufacture des Gobelins, date à laquelle il fut transporté à Versailles puis mis en place et doré l’année suivante.

Les saisons - Celle-ci fait partie d’un ensemble de 24 figures commandées par Colbert en 1674 et qui devaient, à l’origine, orner le Parterre d’Eau. A Versailles, les saisons sont figurées par des hommes et des femmes chargés d’attributs qui permettent de les identifier : l’Hiver, dernière saison de l’année, est représenté par un vieillard. Il a froid et essaye de se réchauffer à un brasero d’où sortent des flammes. L’Hiver symbolise la fin de la vie humaine ; Girardon a donné une figure pathétique à ce vieil homme songeur et transi, proche de la mort.

Le Grand Canal - Le Grand Canal est la création la plus originale d’André Le Nôtre qui a transformé la perspective est-ouest en une longue trouée lumineuse. Les travaux durèrent onze ans, de 1668 à 1679. Le Grand Canal, long de 1 670 mètres, fut le cadre de nombreuses fêtes nautiques et de nombreuses embarcations y naviguaient. Dès 1669, Louis XIV fit venir des chaloupes et des vaisseaux en réduction. En 1674, la République de Venise envoya au Roi deux gondoles et quatre gondoliers qui logeaient dans une suite de bâtiments à la tête du Canal, appelés depuis Petite Venise. Si l’été voit la flotte du Roi s’y déployer, l’hiver, patins et traineaux investissent les eaux gelées du Grand Canal.

L’Encelade -La fontaine de l’Encelade fut exécutée en plomb par Gaspard Marsy entre 1675 et 1677. Le sujet en est emprunté à l’histoire de la chute des Titans ensevelis sous les rochers du Mont Olympe, qu’ils voulurent escalader au mépris de l’interdiction de Jupiter. Le sculpteur a représenté un géant à demi englouti sous les rochers, luttant contre la mort.

Le bassin de Flore - Situé au carrefour de plusieurs bosquets, dont celui de la Reine, le bassin de Flore, déesse romaine des fleurs, des jardins et du printemps, symbolise la première saison de l’année. Sculptée par Tuby, elle est représentée avec une couronne de fleurs, au centre du bassin.

Le bassin de Cérès - Le Bassin de Cérès, carré, a été conçu entre 1672 et 1679 par Thomas Regnaudin, d’après un dessin de Charles Le Brun. Cérès, déesse romaine des moissons, est assise sur un lit de gerbes de blés, accompagné de bleuets et de roses. Symbole de l’été, il complète celui de Bacchus, Flore et Saturne qui incarnent les trois autres saisons.

Relatun - place of stars - à La recherche des pierres - Lee Ufan -
Les roches naturelles que l’on trouve dans la nature sont en général très vieilles. Des pierres de la taille du cerveau humain, semble-t-il, dateraient de cinquante mille à cent mille ans. Ces roches naturelles sont des blocs de temps incalculable et ont une existence spatiale difficile à fixer. Chaque région a ses pierres. à première vue, elles se ressemblent toutes, mais cela dépend. Selon l’époque, ancienne ou récente, la nature du terrain, l’environnement, les pierres varient. Même si leur composant est identique, elles ont des caractéristiques différentes en haute montagne, à proximité d’une rivière ou au bord de la mer. 

Le bosquet de la Girandole - Le bosquet de la Girandole, pendant de celui du Dauphin, remplace au sud les anciens quinconces plantés sous Louis XVI. Depuis sa création, il a connu peu de modifications, décoré de termes commandés par le surintendant des Finances, Nicolas Fouquet, pour son château de Vaux-le-Vicomte, et exécutés à Rome sur des modèles de Poussin.

Le bassin du Miroir - Louis XIV commanda le bassin du Miroir vers 1702. Construite en face du Jardin du Roi, la sculpture des deux dragons, qui encadrent le bassin, fut confiée à Jean Hardy. Installé sur trois niveaux, le bassin donne sur cinq allées et quatre statues antiquisantes, dont celle d’Apollon.

La salle de Bal - Aménagée par Le Nôtre entre 1680 et 1683, la salle de Bal s’appelle aussi bosquet des Rocailles, en raison des pierres de meulière et des coquillages rapportés des côtes africaines et malgaches sur lesquels l’eau ruisselle en cascade. Au centre, une « île » en marbre, aisément accessible, servait à la danse, art dans lequel s’illustrait Louis XIV. Les musiciens se tenaient au-dessus de la cascade et, en face, un amphithéâtre aux gradins recouverts de gazon permettait aux spectateurs de s’asseoir.

L’allée d’Eau - D’après son frère Charles, célèbre pour ses contes, c’est Claude Perrault, l’architecte, qui dessina cette allée, dite aussi allée des Marmousets, mot familier issu de « marmots », désignant les enfants.  La promenade est scandée de vingt-deux groupes en bronze soutenant des vasques de marbre de Languedoc.


Lee Ufan - Depuis longtemps, je crée des sculptures en empruntant des pierres naturelles, mais mes œuvres diffèrent selon la région de l’exposition et l’espace. Il y a une grande différence de conception de la nature entre les jardins traditionnels de l’Extrême-Orient, aux paysages “empruntés”, et celle de l’Europe, qui considère la nature comme une partie d’un matériau d’architecture. Les sensations que procure la pierre diffèrent selon qu’elle se trouve dans un espace rural ou urbain. Qu’elles soient installées de la même façon, qu’elles soient de la même taille ou de la même forme, en fonction de la caractéristique du lieu de l’exposition, les pierres ne se ressembleront pas.

(c) Chavanitas