EXPO - Les Arts Décoratifs - Circuit Bijoux

Département Renaissance et Moyen-Âge. A l’occasion des Circuits Bijoux, l’exposition « Dans la ligne de mire » réalisée avec le soutien d’Ateliers d’Art de France propose un panorama inédit de la création française actuelle dans le domaine du bijou. Déployées au sein des collections permanentes du musée des Arts décoratifs plus de 700 pièces témoignent du rôle de la parure aujourd’hui, des recherches plastiques, de l’audace formelle, de la justesse dans la façon d’interroger le corps contemporain et de pointer les nouveaux comportements sociaux. 55 créateurs de bijoux contemporains indépendants, sont ainsi invités à présenter leurs œuvre s les plus récentes dans une scénographie ponctuée de photographies, de vidéos, de clips d’artistes, de documentaires, de défilés.


Arik Lévy - ci-dessus Abstract Rocks
Brune Boyer - Le travail de Brune Boyer mêle étroitement l’intime et le secret, comme en témoigne sa participation à l’exposition « Secret de bijoux. Line Vautrin et onze créateurs d’aujourd’hui » au musée des Arts décoratifs en 1999. La partie la plus précieuse de ses broches et de ses bijoux de main est soigneusement dissimulée à l’intérieur du vêtement ou dans le creux de la main, produisant chez la personne qui les porte un attachement dépassant le simple fait de revêtir des ornements. Sa série de pendentifs Aîtres se concentre sur le travail des surfaces apparentes et cachées, en empruntant des techniques propres à la dinanderie (feuilles de métal mises en forme au marteau). 


La Galerie des retables - Dans cette galerie évoquant celle d’une église, est présentée une importante série de retables du XIIIe au XVIe siècle. Panneaux uniques ou polyptyques permettent ainsi de développer différents cycles iconographiques comme par exemple celui de la Vierge à l’Enfant d’Antonio de Carro, le Retable de saint Jean-Baptiste de Luis Borrassá, principal représentant espagnol du gothique international et le tableau d’autel de Vicino da Ferrara. La production française est illustrée par deux retables : le Retable de Lescure et celui de la Passion du Christ, daté 1522. Des figures de retables ou des statues isolées appartenant au gothique tardif allemand, italien, espagnol et français viennent renforcer cette évocation monumentale. Dans les vitrines, de nombreux fragments allant de la deuxième moitié du XVe siècle à la fin du XVIe siècle complètent l’ensemble.
La seconde renaissance - Vitraux peints à la grisaille et au jaune d’argent, mobilier largement sculpté, enrichi de marbre de couleur ou de peinture polychrome, tapisseries à motifs de grotesques, boiseries peintes ou sculptées rappellent les riches demeures de la Renaissance italienne. Partout, le registre ornemental s’adapte au goût nouveau. Le mobilier de cette salle montre aussi le large éventail de meubles existant en France et en Italie, dans la seconde moitié du XVIe siècle : une armoire Ile-de-France à deux corps et fronton brisé, deux dressoirs sculptés de sphinges, termes et miroirs dans le style d’Hugues Sambin, dressoir dit d’Androuet du Cerceau, table de milieu à rallonges. Les sièges se diversifient, caquetoires, chaises à bras, sièges pliants, et sgabelli dont la forme dérive de celle du tabouret achèvent cette évocation. Ceux du musée des Arts décoratifs, censés provenir du palais des Doges de Venise, ont reçu un décor polychrome chargé de masques, de couronnes de fruits, de rinceaux, d’angelots et de femmes à longue chevelure terminant les parties latérales des dossiers.
Sophie Hanagarth - Avec son approche à la fois érotique et humoristique, Sophie Hanagarth se place parmi les créatrices de bijoux les plus considérées en Europe. 6e doigt, Burettes, Médaille merdeuse, Vermine, Mise à l’index, Lippes Stick, French Kiss forment un répertoire d’objets à la lecture ambiguë, où la mise en forme des matériaux et la relation au corps engendrent un questionnement sur la nature du bijou comme attribut. 
L'intarsia - Des panneaux d’intarsia, incrustés ou marquetés de bois d’essences différentes, technique d’origine italienne, ornent les murs de cette salle. Le style de la Renaissance s’épanouit avec le règne de François 1er et le répertoire décoratif italien envahit plus que jamais le décor des coffres, les panneaux de boiserie, cadre de la vie quotidienne des princes. La mode du portrait, apparue dans la seconde moitié du XVe siècle, s’introduit dans les intérieurs civils. Les portraits de Marie de Bourgogne et de l’Empereur Maximilien d’Autriche appartiennent à l’école flamande. Celui de Marie de Hongrie, sœur de Charles Quint est une copie ancienne du portrait réalisé en 1548 par Titien. L’école française est représentée par un remarquable portrait de Jacques de Brouillard réalisé dans l’atelier de François Clouet. 
Agathe Saint-Girons - Les rapports humains sous tous leurs aspects sont sa source d’inspiration. Son travail récurrent du collier de chien, clouté de corail, de pendeloques d’émeraudes, de blocs d’ambre ou agrémenté de chaines d’étoiles, comme au plus proche de sa voix, traduit sa « volonté d’exprimer ». 
Les arts du feu du XIIIe au XVIe s. - Céramique, verreries de Venise ou façon de Venise, émaux champlevés ou émaux peints, orfèvrerie, et objets décoratifs en bronze sont présentés dans cet espace. La statuaire de terre cuite est représentée par une Déploration en terre vernissée de l’atelier de Buglioni réalisée à Florence vers 1520 et proche du style des Della Robbia. L’importance de la production de céramique lustrée est mise en évidence grâce à de belles pièces de majoliques italiennes et de faïences hispano-mauresques. Dans une autre vitrine, les émaux champlevés très en vogue jusqu’à la fin du XIIIe siècle côtoient des aquamaniles zoomorphes et des objets liturgiques. La collection d’émaux peints regroupe des plaques de polyptyques démembrées, baisers de paix, médaillons, assiettes et triptyques réalisés par d’illustres émailleurs limousins comme Nardon Pénicaud, Jean 1er Pénicaud, le Maître aux grands fronts, Léonard Limosin, Pierre Reymond ou Pierre Courtey. Les verres regroupés ici sont représentatifs de la production et des innovations de la fin du XVe siècle et du XVIe siècle.
La première Renaissance italienne - Les éléments de plafond décorés de portraits de jeunes gens, réalisés par Bonifacio Bembo et provenant de Crémone constituent un ensemble unique en France. Les coffres italiens souvent offerts à l’occasion de mariage sont ornés d’armoiries et de peintures comme ces scènes de bataille et de triomphe qui composaient le décor d’une paire de cassoni commandée en 1466 par les familles Rucellai et Médicis. Cette salle réunit en outre les œuvres des élèves des plus grands maîtres italiens : Maestro Della Pala Sforzesca influencé par Léonard de Vinci, Maître du Tondo Holden dans le cercle d’influence de Philippo Lippi, Antonio da Pavia représentatif de l’entourage de Mantegna à Mantoue. Une Vierge à l’enfant en terre cuite polychrome de l’école de Donatello mérite également l’attention. 
Patrick Veillet - Les sculptures-à-porter et les accessoires de peau de Patrick Veillet revisitent les codes traditionnels du bijou et du maquillage par l’utilisation de moyens et matériaux techniques nouveaux. Ses bijoux ossatures en résine de vinyle ultralégère et biodégradable sont conçus comme une excroissance quasi vivante du corps humain, recherchant à faire porter à même la peau « la beauté du dedans », ces exosquelettes traduisant à « l’extérieur ce qui se trouve à l’intérieur ».
Une chambre à coucher à la fin du XVe s.- La plupart des meubles qui constituent cette chambre à coucher de la fin du Moyen Âge proviennent du château de Villeneuve-Lembron en Auvergne, propriété de Rigaut d’Oureille (1455-1517) tour à tour écuyer du roi Louis XI et maître d’hôtel ordinaire des rois Charles VIII, Louis XII et François Ier. Lit à dais, chaire à une ou deux places, scabelle, banc, coffre et dressoir sont mis en scène dans un espace agrémenté d’une cheminée et de boiseries. Une tenture composée de cinq pièces placées tout autour de la chambre complètent cet ensemble. Traitée dans un style narratif vif et animé, cette tenture, tissée à Paris vers 1420 s’inspire des thèmes courtois tirés du Roman de la Rose (rencontre des amoureux, concert champêtre, etc.). Les majoliques italiennes présentées sur le coffre gothique à remplages de style flamboyant évoquent le goût que l’on avait pour ces objets du temps de la reine Anne de Bretagne. La chambre est éclairée par le feu de la cheminée, par des chandelles de suif ou de cire, ou par un lustre en bronze dont les bras de lumière ne s’allumaient que les jours de réception. La cheminée à hotte pyramidale et linteau sculpté, possède les indispensables accessoires d’âtre que sont les landiers, ancêtres des chenets, une pelle à braise et une plaque en fonte. 

Le gothique international - La sculpture et la peinture présentées dans cette salle illustrent quatre grandes périodes artistiques du Moyen Âge : les primitifs italiens du XIIIe siècle, encore marqués par la « maniera Greca » ; le style courtois qui se développe au XIVe siècle grâce à une clientèle fortunée, favorisant les images de dévotion et les statues de culte isolées, d’un style élégant et raffiné ; le gothique international, marqué aux alentours de 1400, par une unité de langage artistique européenne ; enfin le gothique tardif, plus septentrional, encore attaché au style dominant de la deuxième moitié du XVe siècle alors qu’en Italie la Renaissance connaît son plein épanouissement. Le retable de la Vierge à l’Enfant entre Saint André et Saint Jacques réalisé vers 1275 par le Maître de la Madeleine est le plus ancien panneau italien conservé dans les collections publiques françaises. 
 (c) Chavanitas