EXPO - Circuits Bijoux - Les Arts Décoratifs - J.Dubuffet

A l'occasion des Circuits Bijoux, l'exposition "Dans la ligne de mire" réalisée avec le soutien d'Ateliers d'Art de France propose un panorama inédit de la création française actuelle dans le domaine du bijou. Déployées au sein des collections permanentes du musée des Arts décoratifs plus de 700 pièces témoignent du rôle de la parure aujourd'hui, des recherches plastiques, de la justesses dans la façon d'interroger le corps contemporain et de pointer les nouveaux comportements sociaux.

Emmanuel Lacoste, bijoux de langue.
Natalia Brilli, gaine toutes formes d'une peau fine d'agneau.
David Roux-Fouillet domestique des vers à soie et les met à contribution, recouvrant progressivement des structures–cages géométriques en argent appelées Zeppelins, conçues par l’artiste pour soutenir la conception du cocon. Il filme en vidéo des personnes acceptant de porter sur leur corps ces bijoux durant toute l’activité laborieuse du vers à soie.
Astrid Meyer, Elle réalise des bijoux et des petites sculptures pour le corps, en fer, en bronze et parfois en argent - torques enveloppants, bijoux pour la main, pendentifs – auxquels elle associe souvent du mica, minéral brillant et clivable, qui lui permet de jouer sur la transparence, la lumière et la fragilité du matériau.
Maison Chanel - La collection haute couture automne-hiver 2010-2011, intitulée « Sous le signe du lion », est inspirée des objets d’art que l’on trouve à profusion dans l’appartement de Coco Chanel, rue Cambon à Paris.
Frédéric Braham, il réinterprète et investit depuis 2003 des objets significatifs : boites, poudres et packaging de maquillage qu’il transforme en bijoux.
Monika Brugger, L’argent et l’or habillent le bout des doigts en alliances ; cuillères, gobelets ou piercings sont portés en décoration.
Marion Delarue, Les bijoux de Marion Delarue privilégient des matériaux comme la laque naturelle, la céramique et le verre, disciplines que la jeune artiste expérimente avec talent au cours de ses voyages.
Erik Halley, Artiste designer, Erik Halley s’exprime par le bijou, les parures de corps et les ornements de tête en matériaux organiques et synthétiques. Ses créations uniques sont influencées par le design futuriste, le monde animal, le pop rock, mais aussi le surréalisme.
Annabelle d'Huart, Elle collabore avec la Manufacture de Sèvres depuis 1996, y concevant entre autre le décor d’un service de table Atlantide. En 2008, elle a réalisé la première collection de bijoux en porcelaine de Sèvres. Près de 300 bijoux-sculptures ont été produits au cours d’une résidence de trois ans à la Manufacture : métaphores de paysages imaginaires, ces formes moulées en porcelaine sont inspirées par les « Choses de flot et de mer » (selon une expression de Victor Hugo), puis assemblées avec des anneaux d’or, d’argent noirci, des cordelettes de lin ou de soie japonaise.
Gilles Jonemann,  ci-dessous.
Faust Cardinali a appris son métier d’orfèvre à Borgo di Sanselpolcro, berceau de la culture Toscane à l’époque de la Renaissance. Ses recherches en tant que plasticien, le conduisent à de savants mélanges de matières attestant une parfaite maîtrise des techniques : la résine, l’aluminium, l’or, les diamants…sont associés à des matériaux de récupération (photos, cartouche, brosse à dents…)
Eline Usdin, Bijoux de famille part à la recherche de son histoire personnelle. philtres à café.
Nelly Zagury, parures féminines et kitsch.
Aurélie Lanoiselée, approche créative de la broderie. Le passé, avec ces reliquaires moyenâgeux, ces suaires et momies brodées sont une source d’inspiration qu’elle revisite constamment.
Patricia Lemaire, Avec la série des Objets de déambulations, les bijoux deviennent des « pièces d’attitude et de comportement » ; ils évoluent dans l’espace, impliquant une certaine gestuelle, une théâtralité de la démarche. Les références variées de l’artiste vont des cornu copiae à l’univers des contes de fées, en passant par les parures des tribus traditionnelles.

Laurence Verdier, elle emmaillote tessons de céramique, coquillages ou autre gri-gris d’une membrane. De la chaîne de vélo crochetée au cocon de laine, de l’enchaînement au refuge, la matière retrouve un aspect organique.
Catherine Le Gal, la matière dans son état le plus brut et le plus dénudé. Ses larges bracelets-manchettes aux volumes généreux assemblés par un subtil jeu d’aimant, ses colliers plateaux qui font penser aux parures Masaï sont réalisés en fines feuilles d’or jaune et blanc associées à l’acier.
 Maud Traon, la Fimo , jouets et objets fossilisés sont incorporés dans la pâte, associés à des paillettes, des pierres précieuses ou des pierres fines.
Gaëlle Chotard, Cendres, « emmaillote » d’un réseau de fines résilles tubulaires les éléments sculpturaux du surtout de Napoléon III réalisé pour l’ancien palais des Tuileries, centre de table imposant rescapé de l’incendie du palais en 1870.
Camille Lescure, s’inscrit dans la lignée des paruriers de la haute couture parisienne, entre tradition et modernité : elle conçoit par exemple de grands colliers-collerettes en broderies, dans un esprit baroque, comme le collier Mélusine en arêtes et cartilage de poisson brodés et crochetés. 
Maison Boucheron, par Shaun Leane - Shaun Leane est sollicité en 2008 pour créer une pièce unique commémorant les cent cinquante ans de la Maison Boucheron. Il dessine un modèle de collier qui évoque l’un des thèmes fondateurs de la Maison : le mystère. Inspiré par la Reine de la nuit, fleur éphémère, la parure est ornée de onze bourgeons délicats façonnés d’or noirci. Portée le jour, cette pièce aux boutons fermés symbolise la discrétion, le soir les fleurs s’épanouissent transformant celle qui la porte en femme fatale. Dissimulée sous les pétales, chacune des fleurs est équipée d’un bouton permettant de les refermer.
« Bijoux de parade, bijoux de combat »

Cathy Coëz, L’art de l’apparence, l’apparence de l’art, elle choisit de présenter Gold 837, un costume deux pièces noir emblème de la réussite sociale, « clouté » de 837 éléments en porcelaine recouverts de lustre doré le transformant ainsi en exosquelette, métaphore du succès.
Mouton Collet, Duo franco-belge très remarqué dans le milieu de la mode, Matthieu Mouton et Nicolas Collet ont commencé à travailler ensemble à la fin des années 90, après s’être rencontrés à l’Institut Saint-Luc en Belgique. Leurs bijoux, pointus et décalés, inspirés par la nature et la « belgitude », sont de curieux mélange d’excentricité et de rigueur, jouant constamment sur l’attirance et la répulsion, le contraste entre le beau et le laid. Leur dernière collection baptisée MAD SAFARI, reprend les codes guerriers de la barbarie, de la cavalerie, du prédateur et du barbare, avec notamment des masques en cuir qui sont travaillés avec une touche de sophistication.
Géraldine Luttenbächer, L’approche du bijou chez Géraldine Luttenbacher est naturaliste et sculpturale, avec un goût pour le merveilleux, l’évocation de la sensualité du corps, le spectacle et les rythmes de la nature, qui peut rappeler les joailliers de l’Art Nouveau.
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Aoï Kotsuhiroï, la japonaise mélange de poésie et de brutalité érotique, se réfère à la mémoire. Les matériaux utilisés ont leur propre histoire : corne laquée de plusieurs couches, suivant la technique ancienne « Urushi », cuir, crin, os et cheveux humains, perles de prières de l’ère Meiji…ornent des « objets de doigts », véritables sculptures qui recouvrent la main, ou des « pièces de bouches », longues coiffes qui emprisonnent une partie du crâne et de la bouche. La transmission de cet univers singulier et spirituel se fait également par la photographie qui renvoie aux codes du fétichisme, tradition forte au Japon initié par Nobuyoshi Araki. Le sexe, la mort, la vie humaine et animale hantent le travail de l’artiste qui se met en scène, nue, vêtue de ses parures, tel un personnage fantomatique à la fois présent et absent.
Maison Lanvin,  Le projet « Les Ravisseuses » présente une sélection des plus beaux bijoux dessinés par Elie Top, collaborateur de longue date d’Alber Elbaz, directeur artistique de la maison Lanvin. Ils prennent place dans les appartements reconstitués de Jeanne Lanvin au musée des Arts décoratifs.
Alexandre Keller, Dans le projet Everscreen, Alexandre Keller présente deux nouvelles vidéos réalisées pour l’exposition « Dans la ligne de mire », filmées au musée des Arts décoratifs. Sous la forme de plusieurs trailers de cinéma, elles correspondent entre elles par le récit narratif, sonore et visuel, ainsi que par un ensemble de photographies et de parures. Alexandre Keller interprète tous les personnages, étant son propre metteur en scène, créateur également de la bande-son et de l’ensemble des Métaparures composées de multiples pièces de bijouterie vintage. L’artiste explore la question vitale de l’identité multiple, son propre univers devenant la matière première « corporelle » du projet. Cette problématique de l’identité part de l’évocation du statut des stars à la grande époque hollywoodienne : relation d’un mythe à ses dévots, d’une industrie à sa création indomptable, figures de stars promises au vide qui leur fait face. 
Taher Chemirik, D’origine algérienne, Taher Chemirik mêle dans sa création l’exotisme lié à ses racines et une admiration pour l’abstraction et la sculpture africaine et moderne avec une passion particulière pour Brancusi. Il met en scène la juxtaposition d’éléments visuels plus lourds et arrondis, en assemblages asymétriques, avec du bois d’ébène, de houx, ou des pierres dures. 
Jean-François Perena, En 1971, il façonne ses premiers bijoux en cuir, matière de base qu’il considère comme une seconde peau pouvant être à la fois gainée et sculptée. Stimulé par la découverte du travail de Gaudi, Pereña développe un sens plastique et une créativité sans cesse renouvelée par le biais de matériaux non précieux aux innombrables textures, plus de 240 au total (corne, os, Plexiglas, galuchat, nacre…). Jean-François Pereña conçoit des pièces uniques qui trouvent leur filiation avec l’Ecole du Bauhaus, notamment dans leur construction et leur relation au corps.
J.Dubuffet - Coucou Bazar
Les Arts Décoratifs présentent, en collaboration avec la Fondation Dubuffet, une exposition-événement autour de Coucou Bazar, la création la plus originale de Jean Dubuffet (1901-1985), figure majeure et inclassable de l’art du XXe siècle. C’est à l’occasion du 40e anniversaire de la première de Coucou Bazar qu’un coup de projecteur est donné sur ce spectacle d’un genre nouveau, en écho à la présence permanente de Jean Dubuffet au musée, qui possède une donation exceptionnelle de l’artiste de 160 œuvres. Les éléments de Coucou Bazar sont mis en scène au cœur de la grande Nef. Des découpes peintes sont à nouveau présentées aux côtés des costumes restaurés spécifiquement pour cette occasion grâce au soutien de LVMH. Dans les salles attenantes, des archives et documents audiovisuels rendent compte de la genèse et du déroulement du spectacle. Le public aura enfin la surprise de voir déambuler dans le parcours de l’exposition, depuis un « vestiaire » fidèlement reconstitué, quelques personnages insolites costumés de Coucou Bazar.
(c) Chavanitas