PARIS - AD intérieurs - Métamorphose - Enclos des Bernardins

Métamorphose, n.f. (gr. meta, après, et morphë, forme). Changement d’une forme en une autre. Prenant au pied de la lettre la définition du dictionnaire, les décorateurs invités par AD pour l’exposition AD Intérieurs, 4e de ce nom, ont métamorphosé l’Enclos des Bernardins, somptueux et rigoureux édifice du XVIIe siècle situé en plein Paris. En tout, 14 pièces réinventées théâtralement, en toute liberté de style et d’esprit. Chambres, salles à manger, salon, cuisine… jusqu’au jardin sont devenus, au-delà de pièces à vivre, des espaces à rêver.

du 7 au 22 septembre, de 11 heures à 19 heures à l’Enclos des Bernardins, 47, quai de la Tournelle, 75005 Paris.
Le jardin en reflets de Chahan Minassian - Un écrin de nature composée, des meubles vintage et délicats… dans ce jardin devenu salon, la sculpture RockGrowth d’Arik Levy reflète et fractionne l’architecture classique environnante. Une métamorphose explosive.
Le salon de musique de Pierre Yovanovitch - Les pièces-maîtresses du salon classique – piano à queue, grande cheminée et fauteuil – mais en version inédite et rare: le piano est carbonisé et signé Maarten Bass, le fauteuil une explosion de métal doré. Radical et élégant.
La tente "Déjeuner sur l'herbe" du Cabinet Alberto Pinto - Une pelouse, un drapé voluptueux, un envol de papillons, des fruits, de la fraîcheur… un univers bucolique et stylé, comme un clin d’œil à Christian Bérard et à un esprit Petit Trianon.
Le cabinet de collectionneur futuriste de Christian Biecher pour Emerige - Une bibliothèque-sculpture devenant un idéogramme géant, un espace en couleurs douces s’échappant dans un paysage onirique et luxuriant… la métamorphose selon Christian Biecher joue le contraste en toute sérénité. À l’image du futur projet immobilier des Batignolles, réalisé par l’architecte, en partenariat avec l’agence M.A.D., pour Emerige.




Le bureau enchanté de Maria Pergay pour FENDI - Explosion des formes, fusion et craquèlement des matières… dans cet écrin classique, le décor semble en mutation permanente. Un voyage dans le temps ultra baroque.





Le salon-cuisine sculptural de Charles Zana - Parfaitement architecturé, un espace clair et reposant partagé entre un immense canapé, un îlot graphique et un vaisselier mariant carrelage et laiton. Une réelle métamorphose stylistique pour le décorateur.


Le salon-salle à manger mythologique de Bruno Moinard - Avec les Métamorphoses d’Ovide comme inspiration, Bruno Moinard invente un salon nocturne, encadré de parois-moucharabieh à motif végétal, que se partagent un sofa-coquillage tout or, un taureau noir de jais et une table à l’épure organique.
Le salon surréaliste d'Hubert de Malherbe - Canapé, fauteuil, tout y est mais, métamorphose oblige, en version ironique et démesurée: le premier est monumental et se gonfle comme une baudruche, le second, de plumes et de macramé, vous prend dans ses ailes. Le confort en version fantastique.




Le salon de compagnie de Elliott Barnes - Quand l’art de vivre du XVIIIe siècle voit ses pièces emblématiques – cheminée et lit de paresse – transformées en meubles-sculptures, ultra graphiques. Un esprit lounge avant, et après, la lettre.



La salle à manger de rouille et d'os de François-Joseph Graf - Précieuse, nocturne, cette salle à manger marie le métal, le bois, la corne, l’ivoire autour d’une table scintillante et noire. L’art de « transgresser la tradition pour mieux la régénérer », dixit le décorateur.
La chambre du Petit Prince de Vincent Darré - Une pépite, minuscule comme une chambre de maison de poupée, foisonnante de motifs, noyée dans les drapés. Comme un décor de conte de fées revisité par des artistes de l’après-guerre.
La chambre en paravents de Gilles & Boissier - Comme une enclave protégée par une forêt stylisée – signée François Houtin –, mais aussi comme une scène de théâtre, une chambre protectrice et très élégamment épurée.



Le bureau du pouvoir de Ramy Fischler - Prendre le contrepied de l’usage pour magnifier la matière: ici, le marbre et la laine se font moquette, le marbre, encore lui, devient un secrétaire et une bibliothèque suspendus, la roche et le bois se transforment en patchwork mural. Futuriste.
L'antichambre d'une élégante de Thierry Lemaire - Un boudoir, oui, mais sans la mièvrerie d’usage: contemporain, mâtiné d’esprit seventies, il doit son élégance au design rigoureux de Thierry Lemaire ainsi qu’à un choix de matériaux tels le laiton, le miroir, le gommier brillant…
 (c) Chavanitas