BLEU - Tournage Proserpine - Forêt de Bourdonné Fumigènes

Tournage Bleu Proseprine, Forêt de Bourdonné.



Bleu du ciel qu'elle ne possède pas.


Le bleu dirige la pointe de son manteau bleuté azuréal, indigo, cobalt, bleu ciel,
funambulesques coups de gong frappé à mort
parmi les écheveaux d'oeillets et de roses si trémières.

Le bleu, le bleu, l'azur, le bleu,
le bleu du blanc, le bleu du rose, le bleu lilas,
le bleu du jaune, le bleu du rouge, le bleu citron, le bleu orange,
le bleu qui suinte le bleu. 

L'azur azuréal bleu si tendre,
vêtu de bleu de toute parcimonie de son angoisse mise à jour.

Nuages…
J'existe sans le savoir, et je mourrai sans le vouloir.
Je suis l'intervalle entre ce que je suis et ce que je ne suis pas,
entre ce que je rêve et ce que la vie a fait de moi,
je suis la moyenne abstraite et charnelle entre deux choses qui ne sont rien
- et moi je ne suis pas davantage. Nuages..

Tout ce que je suis ou a été,
tout ce que je crois avoir été, tout cela perd soudain,
dans ces réflexions et dans le nuage qui, là-haut, vient de perdre sa lumière -
le secret, la vérité, le bonheur peut-être
que pouvait receler un je-ne-sais-quoi qui a la vie pour lit.
Comme un rayon de soleil qui vient à manquer,
voilà tout ce qui me reste, et sur les toits inclinés diversement la lumière laisse glisser ses mains,
en chute lente, tandis que naît l'ombre intime de toute chose.

Tout ce que j'ai eu, est comme ce vaste ciel,
diversement le même, lambeaux de néant frappés d'une lumière lointaine,
fragments de vie illusoire que la mort vient dorer,
de loin, de son triste sourire de vérité totale.
Tout ce que j'ai eu, oui, se résume à n'avoir pas su chercher,
dans le marais crépusculaire d'une ville aux tombeaux vides.

Le jour se termine non pas en gris, mais en bleu pâle, avec ces arbres transformés en squelettes.
(c) Chavanitas