VERSAILLES - Guiseppe Penone - L'orangerie - Ahea

Du 11 juin au 31 octobre 2013, le château de Versailles accueille l'artiste italien Giuseppe Penone pour une grande exposition d'art contemporain, Penone Versailles, présentée principalement dans les jardins à la française ainsi que dans le Château.
« Avoir la possibilité de faire dialoguer mon travail avec celui de Le Nôtre à Versailles est un grand privilège. Le jardin est un lieu emblématique, qui synthétise la pensée occidentale sur le rapport homme-nature.
Construit pour exalter le pouvoir d’un homme, il souligne en fait la force et le pouvoir de la nature qui minimise l’action de l’homme, obligé à un travail pérenne de manutention pour le préserver.

La complexité du dessin suggère la multiplicité des regards, et son extension et grandiosité contraste avec la dimension infime de celui qui le parcourt. L’homme seul disparaît dans le jardin au profit de l’esprit de la collectivité humaine qui a généré une telle organisation de la nature.

Mon travail provoque en moi une réflexion analogue : le mimétisme objectif des œuvres annule mon action de sculpteur et concentre l’attention sur l’extraordinaire intelligence de la croissance végétale et sur l’esthétisme parfait présent dans la nature. »
Alberto Porta - Cedro -
Respirare l'ombra - Guiseppe Penone, après avoir considéré la respiration dans sa phase expiratoire, se consacre à l'acte opposé et complémentaire de l'inspiration (du latin inspirare 'souffler à l'intérieur'). Dans son travail de 1997 intitulé Respirare l'ombra, il matérialise l'ombre projetée par un corps humain sous la forme d'un enchevêtrement de feuilles de laurier coulées dans le bronze. Cette ombre, avec sa forme conique typique, porte l'empreinte du corps dont elle provient. Le corps humain, évoqué dans son absence par le vide de l'empreinte, est visible seulement grâce à un détail, l'organe interne du poumon, réalisé en bronze doré, avec le même enchevêtrement de feuilles dont est fait le cône de l'ombre, et complété par la trachée. "Respirer l'ombre, sa propre ombre : l'ombre de son corps, s'amplifie à l'intérieur, jusqu'aux trippes." 
Respirare l'ombra - Foglie di té - Feuilles de laurier dans du grillage. Le choix du laurier comme plante se justifie par ses qualités olfactives - une forme de défense de la plante contre les animaux (une observation qui trouve sa source dans le mythe grec de Daphné, la jeune fille qui pour échapper à Apollon, se transforme en arbuste de laurier, dont le dieu des Arts utilisera les ramures pour se couronner).
Spazio de luce -
Tra scorza e scorza - 
 Anatomies - Dans ce groupe d'oeuvres commencé au début des années 1990, Guiseppe Penone emploie un autre matériau traditionnel de la sculpture, le marbre blanc de Carrare. Comme dans toutes ses oeuvres, il établit une relation entre les différents règnes - minéral, végétal, et animal -, en suivant les motifs créés par les stratifications géologiques. 
Sur chaque Anatomia, il creuse partiellement la surface du marbre, le long de ses veines, en suivant ses irrégularités. Il obtient ainsi un relief qui confère à la matière solide l'aspect d'un fluide, ou donne l'impression qu'elle est animée de nerfs et de veines. Sur une pièce de marbre, les veines, sont la trace que laissent en surface les stratifications géologiques. Cependant, le procédé adopté ne consiste pas à mettre en lumière une phrase originelle de la matière, mais une interprétation fondée sur l'idée de l'origine commune, fluide de tout ce qui existe. Guiseppe Penone taille autour des veines du marbre qui se superposent, parfois s'entrecroisent, avec un effet naturaliste qui assimile la sculpture à un tissu veineux ou à un entrelacs de branches. 

Arbres - L’arbre est l’un des motifs principaux de l'œuvre de Penone. Il y voit « un être à la capacité de penser qui a la mémoire de son vécu ». A partir du modèle végétal existant, la sculpture va être un travail de modification et de réassemblage pour aboutir à des formes surprenantes, où les arbres de bronze sont associés à des pierres ou même à des végétaux vivants. L’arbre symbolise ainsi la rencontre de la nature et de la culture.
Invité à intervenir à Versailles, Giuseppe Penone s’aventure sur les terres d’André Le Nôtre… Les œuvres s’installent avec une remarquable sérénité dans les figures du paysagiste français. Tout à la fois monumentales et humbles, elles nous racontent la nature et la pérennisent. Un dialogue fructueux se noue à travers les siècles.
Albero folgorato - Abre foudroyé
Triplice - Triple
 Le foglie delle radici - Les feuilles des racines 
Bosquet de l'étoile - 
Les bassins -
AHAE - L'exposition AHAE.Fenêtre sur l'extraordinaire se tient du 25 juin au 9 septembre 2013 à l'Orangerie du château de Versailles, à l'occasion du 400e anniversaire de la naissance d’André Le Nôtre (1613 - 1700), l’architecte et paysagiste qui a créé les jardins de Versailles. 
L’exposition prévoit d’afficher plus de 220 photos dans les galeries qui seront aménagées avec des cloisons conçues sur mesure pour la présentation des œuvres. L’organisation de l’exposition en reflète le titre, Fenêtre sur l'extraordinaire. Une masse incroyable de vie et de beauté ressort d’une simple fenêtre donnant sur un parc d’où ont été prises toutes ces photos.
Dans cette exposition personnelle, AHAE tente de dépeindre le rythme des journées, de la lumière de l’aube jusqu’au soir, à la nuit et au matin du lendemain, au fur et à mesure que sa ligne de vision passe des altitudes où règnent les éléments célestes et où volent les oiseaux dans le loin, aux landes terrestres peuplées d’animaux, d’arbres et d’étangs.
Tous ces tirages n’ont certes pas été pris en 24 heures, mais ils sont agencés pour donner au visiteur le sentiment de suivre AHAE pas à pas dans sa quête photographique et de vivre l’expérience d’une journée entière auprès de l’artiste posté derrière sa fenêtre en train de photographier le cycle de la vie de l’aube au couchant, jour après jour.
L’exposition se déploie sur plusieurs galeries, dont chacune représente un thème au cœur du projet « De ma fenêtre », imaginé par AHAE : les oiseaux, la terre et le ciel, les couchers de soleil, les nuages, les paysages nocturnes, les chevreuils des marais, les quatre saisons, les reflets d’eau.
 L'orangerie - En contrebas du château, l'Orangerie, par son ampleur, par sa hauteur, par la pureté de ses lignes, est l'un des endroits où Jules Hardouin-Mansart a le mieux affirmé son talent de grand architecte. Orangers du Portugal, d'Espagne ou d'Italie, citronniers, grenadiers - certains ont plus de 200 ans - des lauriers roses, des palmiers y sont conservés l’hiver et se déploient l'été sur son parterre. 
Composé de quatre pièces de gazon et d’un bassin circulaire, il accueille en été 1 055 arbres en caisses, dont palmiers, lauriers-roses, grenadiers, eugénia et orangers qui séjournent en hiver à l’intérieur du bâtiment. Les fleurs et les broderies de buis y forment des dessins savants. Au XVIIe siècle, pendant le règne de Louis XIV, des fleurs de couleurs vives étaient plantées et renouvelées sans cesse : giroflées, jacinthes, jasmins, tulipes, narcisses, lys, coquelourdes, œillets de poète et jonquilles.
 (c) Chavanitas