EXPO - Centre Pompidou - Simon Hantaï - Mike Kelley - Roy Lichtenstein

Simon Hantaï / Roy Lichtenstein /  Mike Kelley.
Histoire architecture - Un grand concours d’idées est lancé, auquel peuvent participer, pour la première fois dans notre pays, les architectes du monde entier. 681 concurrents, originaires de 49 pays différents, présentent un projet.
Le projet de trois architectes associés est retenu par le jury international, présidé par l’architecte-ingénieur Jean Prouvé : deux Italiens, Renzo Piano et Gianfranco Franchini, et un Anglais, Richard Rogers, alors quasi-inconnus. Renzo Piano et Richard Rogers assurèrent seuls la conduite effective du projet et firent ensuite carrière séparément : chacun d’eux obtint le prestigieux Prix Pritzker, la plus haute distinction dans le domaine de l’architecture.
Aujourd’hui considéré comme un des  bâtiments emblématiques du XXe siècle et adopté par les Parisiens, le bâtiment de Piano et Rogers, souvent comparé par ses détracteurs à une raffinerie de pétrole, suscite, tout au long des années 1970, une énorme polémique.
Le Pot doré - Le Pot doré est une œuvre d'art contemporain, l'une des plus célèbres de Jean-Pierre Raynaud, réalisée en 1985 pour la fondation Cartier. Il s'agit d'une sculpture monumentale représentant un pot revêtu d'or.
Après avoir été visible pendant des années sur le parvis du Centre Georges-Pompidou (prêtée par la fondation Cartier en 1998, puis donnée à l'État fin 1999), Jean Pierre Raynaud décide de la déplacer, le 3 octobre 2009 (au début de la Nuit blanche), sur la terrasse du sixième étage du Centre Pompidou.
Simon Hantaï - Du 22 mai au 2 septembre - Le Centre Pompidou rassemble pour la première fois l’œuvre de l’un des plus grands peintres de la seconde moitié du 20e siècle, figure magistrale de l’abstraction : Simon Hantaï. Cinq ans après la disparition de l’artiste, le Centre Pompidou consacre à l’œuvre de Hantaï une exposition inédite – la première depuis plus de trente-cinq ans. À travers plus de 130 peintures créées à partir de 1949 jusqu’aux années 1990, cette exposition, sans précédent par son ampleur et son caractère rétrospectif, témoigne de l’importance et de la richesse foisonnante d’une œuvre aujourd’hui internationalement reconnue. 
Pliages - À partir de 1960, avec la suite des Mariales, Hantaï peint « en aveugle » une surface préalablement pliée en la recouvrant de couleurs : « Cette fois la couleur est le mode principal […]. La lumière a l’air de venir dans la couleur de par derrière, sur le mode d’un vitrail. En vérité, la couleur est la lumière » (Dominique Fourcade). Dès lors chaque série de peintures va faire appel à cette méthode selon des modes très différenciés, qui permettront à Hantaï d’élaborer et de renouveler des compositions formelles et inédites, souvent de grand format. C’est ainsi que le peintre s’affirme comme l’un des plus grands coloristes de son temps. Son œuvre est alors très présente sur la scène française et influencera toute une nouvelle génération de peintres plus jeunes. Suivra une longue absence, ponctuée de rares événements comme une nouvelle suite d’œuvres, les Laissées, qui verra le jour dans les années 1990. On y voit Hantaï découper de grandes Tabulas des années 1980 et en extraire des fragments qui deviennent à leur tour des œuvres à part entière. S’achevant sur cette série, l’exposition permet l’extraordinaire redécouverte d’un peintre éblouissant qui compte parmi les figures les plus importantes de la seconde moitié du 20e siècle. 
Sacs , noeuds et couleur - « Aux quatre coins, des grands noeuds, et au milieu du grossier sac une ficelle qui l’étrangle. » Ainsi Hantaï décrivait-il en peu de mots, en 1998, cette façon de plier qui donne naissance à la série des Meuns. Elle est travaillée pendant deux ans, en 1967 et 1968 – après l’installation à Meun précisément, le village où il a trouvé une maison-atelier en 1966.
Deux nouveautés par rapport aux pliages élaborés par Simon Hantaï dans ses oeuvres précédentes : le nouage des coins de la toile rectangulaire produit ces formes arrondies si caractéristiques et l’étranglement du centre produit du vide, une zone de non peint ouverte au beau milieu, un vide que le dépliement révèle comme ittéralement crucial…
Il y aura de fait dans la série plus d’espace entre les formes colorées, le vide (le blanc de la toile laissé en réserve, protégé par les noeuds et les plis qu’ils déterminent) s’insinuant à partir du centre entre les formes peintes et jusque sur les bords. Des vides inédits dans une peinture où le all over, un all over de plus plus pollockien, a régné jusqu’au milieu des années 1960. Dans les CCtamurons et surtout dans les Panses, le tissu des gestes et des couleurs avait commencé à se desserrer, mais c’est dans les Meuns, pour la première fois, que le vide – le blanc – est rendu actif : comme dans ces gouaches découpées de Matisse, vues par Hantaï dès 1949, regardées encore en 1960 et méditées depuis lors, qui infusent en quelque sorte les toiles de 1967-1968.
Ce vide ainsi exhibé, Hantaï ne le laisse pas tout de suite, ou pas toujours, jouer dans sa plénitude. Il ne se prive pas de revenir sur la monochromie initiale de ces « grandes fleurs bleues, vertes, mauves… » (André Fermigier, 1968) et, en cours de dépliement ou après, insinue parfois au creux des plis des couleurs différentes, plus diluées, qui serpentent et peuvent aller jusqu’à chevaucher les grandes masses de couleur.
C’est un processus complexe, et la grande leçon matissienne n’est donc pas l’unique source à interroger. Au-delà de cette monochromie magnifique à laquelle la critique admirative les a trop souvent réduits, les Meuns (peints à l’huile) révèlent une couleur spécifique, renouvelée, toujours en mouvement, une substance vivante découpée en profondeur par les plis. 
Roy Lichtenstein - Du 3 juillet au 4 Novembre - Aujourd’hui Roy Lichtenstein est considéré comme l’une des « stars » du mouvement pop autant que comme un grand maître de la peinture américaine. Or, après s’être posté pendant quelques années à l’avant-garde du pop art, Lichtenstein va bien au-delà. Il fut très vite perçu comme un artiste postmoderne dès lors qu’il citait dans ses œuvres les artistes et les styles de l’histoire de l’art… Puis, au cours des dernières années de sa vie, revenant aux genres du nu et du paysage, il devint presque un peintre de tradition. Si bien que Roy Lichtenstein est aujourd’hui un « classique ». Mais ce qui fait la force de son art, c’est aussi une distance amusée, critique sans jamais devenir cynique, qu’il a exercée à la fois sur lui-même et sur l’art, de ses débuts jusqu’à la fin de sa vie, et dont il faut reconnaître l’importance. Dans l’un de ses derniers entretiens, Lichtenstein ne dément pas ce qui est la première question de son interlocuteur « Êtes-vous sûr de n’avoir jamais créé une œuvre absolument dépourvue de la moindre trace de malice, d’humour ou d’ironie ? » 
Mike Kelley - Du 2 Mai au 5 Août - Le Centre Pompidou présente la première rétrospective française consacrée à l’oeuvre de Mike Kelley à travers un parcours d’une centaine d’oeuvres réalisées entre 1974 et 2011. Décédé prématurément en janvier 2012, l’artiste américain (né en 1954 à Detroit) a laissé derrière lui une oeuvre prolifique et dérangeante, puisant tout à la fois dans la culture savante et la culture populaire. À la suite d’une première étape au Stedelijk Museum d’Amsterdam, cette exposition itinérante, conçue en collaboration avec la Mike Kelley Foundation for the Arts, sera, après Paris, présentée au MoMA PS1 de New York et au MoCA de Los Angeles. Chaque ville constitue un rendez-vous spécifique puisque chaque présentation est reconfigurée selon le lieu. 
Au Centre Pompidou, le parcours de l’exposition s’articule autour des temps forts de la production de l’artiste. Les grandes installations sont confrontées à des ensembles de travaux plus intimistes, en particulier sur papier, issus de collections européennes et américaines. Des premières performances réalisées par l’artiste à CalArts, la célèbre école d’art de Los Angeles, à son oeuvre graphique d’une richesse étonnante, et aux dispositifs spectaculaires dans lesquels il recourt à toutes les techniques (vidéo, photographies, objets hétéroclites…), le travail érudit et teinté d’irrévérence de Mike Kelley se déploie dans un parcours visuel et sonore saisissant.  
Kandors - inspirée par la ville mythique de Superman. Mike Kelley a décliné les représentations multiples de la cité fictive sous d’innombrables formes, depuis les grandes installations lumineuses jusqu’aux microcosmes colorés. Cette série renoue avec la question de la mémoire dont les lacunes occultent la fidélité de toute représentation. Jamais Kandor n’est évoquée de façon similaire dans les bandes dessinées, si bien qu’elle s’ouvre à une multitude de déclinaisons, toutes aussi valables, dans lesquelles l’artiste s’était engagé sans chercher à y mettre un terme. L’imbrication des séries entre elles, leur résonance, le recours à tous les matériaux et à tous les registres formels, la place essentielle du son et du langage insufflent à ce corpus d’oeuvres magistral la force d’un commentaire critique décapant sur l’art et sur la société.
Memory Ware - L’exposition offre aussi une place à la série Memory Ware qui se déploie à la fois en volume, avec une imposante sculpture aux contours informes ornée de breloques, et en deux dimensions, avec des tableaux faits de multiples petits objets trouvés figés dans la matière pour composer, en dépit de leur caractère dérisoire, un univers visuel hautement séduisant. Les registres extrêmes, tant sur le plan artistique que sur le plan culturel, sont sans cesse mis en opposition chez Mike Kelley avec une audace étonnante, comme s’il fallait faire voler en éclats toute hiérarchie contraignante et regarder le monde tel qu’il est, dans sa beauté comme dans sa laideur.
Half a Man -La réhabilitation des histoires « mineures » est au coeur du travail de Mike Kelley, qui se déjoue sans cesse des récits figés et linéaires pour recomposer d’autres réseaux de références invitant à penser le cours des choses autrement. Une importante section de l’exposition est consacrée à ce qui rendra Mike Kelley célèbre – non sans un parfum de scandale – au début des années 1990 : la série d’oeuvres intitulée Half a Man. Elle comprend de grands dessins de parties du corps – poumons, intestins, cerveaux… – associés à des dessins de sacs poubelles ou de poupées de chiffons, ainsi que des petits tapis tricotés, disposés au sol, mettant en scène animaux en peluches trouvés ou poupées rembourrées faites main. Mike Kelley y fait dialoguer les registres psychologique et artistique, le régressif et la critique du minimalisme.
 (c) Chavanitas