FLAMENCO - Rosalia Zahino - Palais de Chaillot

Biennale de Flamenco


Palais de Chaillot - Le palais de Chaillot est situé sur la colline de Chaillot, place du Trocadéro-et-du-11-Novembre. Il a été réalisé lors de l'exposition universelle de 1937 par les architectes et grands prix de Rome Léon Azéma, Jacques Carlu et Louis-Hippolyte Boileau, en lieu et place de l'ancien Palais du Trocadéro. 

Biennale d'art flamenco - Le flamenco est une des formes artistiques actuelles les plus fécondes et originales. Sa force repose sur un subtil mélange de spontanéité et de maîtrise de la tension qui témoigne d'une passion extrême. Aux chants, danses et musiques que les Gitans, héritiers des Tsiganes, développèrent et enrichirent en Andalousie depuis leur arrivée au XVe siècle, la littérature, la photographie, le cinéma, tout autant que les arts plastiques, le théâtre et la mode vestimentaire, participent désormais à l'extraordinaire vitalité créative de cet art profondément populaire. 
A Chaillot, où le flamenco est depuis longtemps régulièrement présenté, nous donnons rendez-vous à tous les amateurs pour la première édition de cette biennale imaginée avec l'aide précieuse et experte de Daniela Lazary, et avec le soutien de la région andalousie et la complicité de l'Instituto Cervantes. Le comédien et metteur en scène Marcial Di Fonzo Bo tissera, avec ses complices et de façon inattendue, les liens entre les diverses propositions. 
Le lendemain de la sulfureuse,  prenante et passionée représentation d'Eva Yebuena, et son interprétation ultra contemporaine de Federico segun Lorca,  je retourne à Chaillot pour voir le défilé de mode Rosalia Zahino et Encarna Sola. 
Rosalia Zahino & Encarna Sola - Sur les points ! défilé de mode flamenco -
Dans la silhouette insensée des danseuses de flamenco, tout semble fait pour inspirer un créateur de mode : virtuosité des bras et des mains, fulgurances de mouvements de jambes et de hanches, fierté des têtes et des nuques... Les jeunes créateurs espagnols se sont évidemment approprié ces codes esthétiques pour les intégrer dans un mouvement qui a désormais son salon annuel : le Simof (Salon International de la mode flamenca). Parmi eux, Rosalia Zahino et Encarna Sola sont de véritables références. Les créations de Rosalia se distinguent par leur originalité et leur élégance. Celle-ci confectionne des mélanges extraordinaires de tissus, de couleurs et de styles où fusionnent l'esthétique d'époques révolues et la création la plus avant-gardiste, donnant à ses créations une dimension très sensuelle. Encarna Sola, sa collaboratrice fidèle, dessine les accessoires qui enrichissent et vont comme un gant aux créations de Rosalia Zahino, nous offrant un gala d'une créativité unique et surprenante. 
Dans le deuil et dans la fête - Rosalia Zahino incarne comme personne le concept de la haute couture du flamenco qui est en train de se consolider en Espagne et ailleurs. La dessinatrice de Huelva connait le secret pour mêler la tradition avec l'innovation, arrachant pour la femme d'aujourd'hui l'esthétique du passé, qui revient plus actuelle que jamais. Une ode à la féminité plus sensuelle, au caractère espagnol et la personnalité passionnée du sentir andalou. 
C'est spectaculaire en chaque point. S'il y a une chose qui attire notre attention dans la mode flamenca de Rosalia Zahino c'est son habilité pour nous transporter dans d'autres époques ; des mélanges impossibles deviennent réels, mais ils maintiennent le goût andalou qui marche autant à la feria que dans les salons à fêtes et occasions spéciales. Rosalia Zahino a arraché les essences qu'on croyait oubliés mais pourtant se trouvent dans notre génétique. "Entre autre, on m'accuse de sortir du traditionnel, et moi je me demande ce qui est vraiment le traditionnel, parce-que pour chaque collection je me documente énormément, et dans ce cas-ci, si on remonte aux siècles XVIII et XIX, la femme espagnole suivait cette esthétique-là."
Briseur et sensuel avec un goût très andalou - L'aiguille de Zahino s'est inspirée des quatre saisons, du romanticisme extravagant le plus baroque, de l'Ouest lointain, des courtisanes d'un peuple occupée par les français... "Les collections suivent un thème déterminé et j'aime changer." On reconnaît ses robes et elles attirent l'attention d'une façon puissante. 
"Ce sont des femmes de caractère et des idées claires, indépendantes et qui savent qu'elles vont être regardées parce qu'elles portent une robe différente aux autres. "
Marcial Di Fonzo Bo - Levers de rideau -  Avec ces "levers de rideau" d'une vingtaine de minutes, avant les spectacles d'Eva Yerbabuena et de Rocio Molina, Marcial Di Fonzo Bo présente une série de "tableaux" s'inspirant de l'oeuvre de Federico Garcia Lorca : ses poèmes dramatiques, ses écrits, ses pièces pour le théâtre bien sûr, mais aussi ses dessins, ses photos, sa musique. A la manière d'un collage, une superposition d'images extraites de son oeuvre, tel un tableau surréaliste qui viserait à rendre à l'esprit du poète. Un aperçu de son vaste projet artistique profondément populaire et politique. Un fil rouge tout au long de cette biennale, pour découvrir la face cachée du grand poète andalou, sauvagement assassiné en 1939 à l'aube de l'avènement du fascisme en Europe. 
Ils font également une apparition lors du défilé. Judith Chemla défile tout en chantant avec sa superbe et impressionnante voix d'opéra ! 
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la mariée
finale
(c) Chavanitas