EXPO - Les Arts Décoratifs - Philippe Barde revisite Paul Bonifas

Philippe Barde revisite Paul Bonifas - Emprunter pour inventer - Du 21 Mars au 18 Août. 
Les Arts Décoratifs proposent, dans la galerie d'actualité du musée, une exposition des oeuvres récentes du sculpteur-céramiste suisse Philippe Barde. Ce projet se concentre sur les trois dernières années du riche parcours créatif de celui-ci, consacrée à une revisitation très libre de l'oeuvre moderniste d'un des grands potiers suisse des années 30, Paul Ami Bonifas. 

Objets d'aujourd'hui - Cet ensemble montre l’abondance de la production et le rôle important que ces objets ont souvent joué comme laboratoire d’idées, sans autre possibilité de marché que celui de la communication.
Une large place est faite aux productions réalisées grâce à l’aide institutionnelle et à la commande publique au CIRVA, au CRAFT, à Vallauris, à Sèvres. Quelques initiatives privées comme celles d’Algorithme ou de Neotu sont également présentées.
Les années 80-90 - Cet espace est consacré à la nouvelle génération de créateurs qui ont forgé la scène française du design dans les années 80 en France. À chacun est réservé une « boîte » sur roulettes dont l’aménagement et la sélection des œuvres ont été étudié en étroite collaboration avec les créateurs. Les ensembles de François Bauchet, de Martin Szekely et de Garouste et Bonetti associent des productions étalées dans le temps.
L’espace consacré à Sottsass montre des pièces réalisées pour Memphis au début des années 80... La table Samson et les chaises Dalila donne toute la mesure de la créativité de Gaetano Pesce. Elles témoignent de sa position pionnière quant aux processus de fabrication. Andrea Branzi, théoricien et auteur d’objets atypiques alliant radicalité et liberté d’invention, est représenté par des créations jouant sur l’équilibre et la transparence, notamment avec des vases lianes en verre.
La sélection des objets de Mendini présente le fauteuil Proust et la collection de vases « 100 % make up » dont le décor a été confié à cent créateurs invités à son initiative. Cette composition situe Mendini comme l’un des grands pionniers et théoriciens du décor contemporain. 
Une génération plus internationale émerge à la fin des années 80. Les principales figures en sont : Jasper Morisson, Marc Newson et Ron Arad.
Les années 60-70 - Les assises du siège contemporain - Cet ensemble fait référence à l’exposition « Les assises du siège contemporain » qui s’est tenue en mai 1968 au musée et qui a indéniablement marqué l’histoire du design. Une centaine de chaises, pour la plupart entrées dans les collections à cette occasion, sont installées sur les différents niveaux d’une « montagne » dont la coupe stratigraphique a été mise en volume. Un plus petit relief est réservé aux sièges d’enfant. L’ordre de lecture strictement chronologique met en valeur les évolutions stylistiques. Des sièges d’artistes positionnés sur des socles à l’entrée des deux espaces latéraux témoignent, comme la présence de Niki de Saint Phalle à cet étage, de l’intérêt des artistes pour l’objet. 
Céramique et verre - En référence aux expositions « La céramique française, sources et courants » en 1981 et « Verriers français contemporains » en 1982, cet ensemble fait état de l’abondance de la production en matière de créations artisanales. Une vitrine monumentale sur pied, modulaire, à double face, présente une soixantaine de pièces de céramique et autant de pièces de verre.
Les années 50 - La nouvelle génération - Cette présentation regroupe différents créateurs engagés, dans les années 50, autour de la question d’un mobilier produit en série. Elle établit une transition avec les années 60 et 70 et indique clairement comment chaque pièce de mobilier gagne peu à peu en autonomie par rapport à la notion d’ensemble et comment l’emploi de nouveaux matériaux et de nouvelles techniques libère le jeu formel. En témoigne notamment le prototype de meuble TV-tourne-disque-bar d’Antoine Philippon et de Jacqueline Lecoq, premier prix du concours Formica décerné lors du Salon de la Société des Artistes Décorateurs de 1959. 

Jean Prouvé - Construite par l’architecte Eugène Beaudoin, la résidence universitaire Jean Zay d’Anthony est perçue comme un modèle : telle une ville, elle se constitue avec deux mille chambres d’étudiants, trois piscines, deux restaurants, trois amphithéâtres, un théâtre, une bibliothèque, une école maternelle, deux crèches, un service médical, un service social et des boutiques de toutes sortes. Plusieurs créateurs sont invités à participer à l’aménagement de la résidence, parmi lesquels Raphaël, Jacques Hittier, Marcel Gascoin et Jean Prouvé. Ce dernier réalise cent quarante huit chambres dont le programme est très simple : elles sont conçues comme des cellules, pour inciter au travail et à la réflexion. Le dessin de chaque meuble est étudié dans un esprit d’économie de moyens, avec une réelle attention portée aux fonctions de la vie estudiantine. Cette présentation illustre l’ambition des programmes sociaux réalisés dans le domaine scolaire et universitaire, particulièrement novateur dans la société d’après-guerre, auxquels la majorité du mobilier fabriqué en série par Les Ateliers Jean Prouvé est destinée. 
Charlotte Perriand - Cet ensemble évoque l’exposition « Synthèse des arts » réalisée par Charlotte Perriand au Japon en 1955. L’expérience du Japon a été primordiale pour elle. Ainsi, une version de la célèbre chaise longue à ossature en acier conçue en collaboration avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret (1928) est créée artisanalement, en bambou, lors d’un séjour au Japon en 1941. Les chaises Ombre sont réalisées au Japon, éditées par Takashimaya et présentées pour la première fois dans « Synthèse des arts ». 
Jean Royère - Autour de la spectaculaire applique Liane, quelques meubles de salon emblématiques du travail de Jean Royère (canapé Boule, fauteuil Œuf, buffet en marqueterie de paille) évoquent un autre aspect de la création des années 50, celui d’une réinvention libre et joyeuse des savoir-faire traditionnels et d’une utilisation moderne de l’ornement. Une partie des meubles présentés ici provient de l’appartement personnel de Jean Royère qui a par ailleurs fait don au musée de l’ensemble de ses dessins. 
Les années 40 - Le goût de l'onirisme - Organisé autour d’une table spectaculaire en fer forgé de Gilbert Poillerat, cet ensemble présente des objets de fantaisie chargé d’onirisme de Janine Janet et des maquettes d’architecture d’Emilio Terry d’un néoclassicisme plein d’esprit. Cette présentation inclut une sélection d’élément provenant du fonds d’atelier de Diego et Alberto Giacometti. C’est le goût pour la curiosité et la fantaisie surréalisante qui est mis en exergue dans cet ensemble dont les dates vont des années 40 à la fin des années 60. 
Cabinet d'objets - Céramique, verre, orfèvrerie dialoguent dans ce cabinet d’amateur pour exprimer les différentes expressions artistiques qui cohabitent des années 30 aux années 50. Le musée possède un ensemble particulièrement important provenant de l’Exposition internationale des arts et techniques de 1937. Cette période très riche pour l’artisanat voit l’éclosion de talents variés : perfection des émaux de Séraphin Soudbinine, primitivisme moderne de Jean Besnard, harmonie formelle de Jean Puiforcat, dépouillement des créations en argent de Jean Després, techniques raffinées des verreries de Jean Sala et force du cristal taillé d’Aristide Colotte. La diversité de l’inspiration, la richesse des matériaux et des procédés de fabrication sont caractéristiques des créations de cette période. 
Ceci n'est pas une période room - Spécificité des musées d’art décoratif, la period room est une restitution ou une reconstitution d’un décor intérieur illustrant une période donnée. Ici, loin d’une quelconque vérité historique, l’articulation entre les objets est uniquement régie par leur capacité individuelle à créer une illusion. Ce décor fictif créé de toutes pièces est composé d’éléments provenant des périodes diverses allant du XIXe siècle avec des papiers peints en guise de draperie ou de trophées de chasse, ou encore d’un ensemble de mobilier en papier mâché que l’on croirait en ébène, voire de stickers contemporains plastifiés pour évoquer une cheminée ou une double porte haussmanienne. 
 (c) Chavanitas