ORCHHA - Mahal & Temples


Mahal & Temples.

Perchée sur une île de la rivière Betwa, Orchha jouit d'une situation exceptionelle ! Fondée en 1531, elle dut la capitale des rois bundela jusqu'en 1738, date à laquelle elle fut délaissée au profit de Tikamgarh. Des palais en ruine, des pavillons, des hammams, des murailles et des portails reliés à la ville par une impressionnante chaussée surélévée, soutenue par quatorze arches, sont les seuls témoignages de la capitale des Bundela. 
Jahangir Mahal - Ce palais, magnifique exemple d'architecture rajpoute bundela, fut construit par le roi bundela Bir Singh Deo et nommé en l'honneur de l'empereur moghol Jahangir, qui y séjourna une nuit. Le palais possède 132 chambres, réparties sur de nombreux étages autour de la cour centrale, et presque autant de pièces souterraines. Bâti en grès rouge, il est orné de nombreux carreaux de lapis-lazulli, de chaatri gracieux et de jali. 
Chaatri - Ces coupoles donnent aux toitures du palais un profil délicat et aérien. 
Pavillons à coupole - Des pavillons surmontés d'un dôme et abritant un appartement, occupent les quatre coins et le milieu de chaque côté de l'édifice. 
Carreaux de faïences - Des motifs géométriques en lapis-lazuli ornent les parties supérieures des façades.   
Raja Mahal - Pourtant moins important selon les guides que le Jahangir mahal, le Raja mahal m'a paru plus beaux pour ses peintures murales. La construction du Raja Mahal a débuté en 1531, sous le règne du Raja Rudra Pratap (le premier souverain du Bundela), et a pris fin en 1539, sous le règne de Bharti Chandra.
Conçu selon un plan carré, le Raja Mahal est divisé en deux ailes de cinq étages sur trois cotés, et quatre étages pour le dernier, agencées autour d'une cour centrale. La palais est resté inhabité durant deux siècles. L'aspect le plus séduisant de la visite concerne les magnifiques peintures du plafond et des murs de certaines salles. A l'origine, le palais était destiné à la reine. La cour centrale était entouré de ses appartements. 
Les trois palais principaux sont disposés symétriquement. Ce sont le Raja mahal (1560), le Jahangir mahal (1626) et le Rai Praveen mahal bâti aux environs de 1670 et nommé en souvenir d'une maîtresse d'une roi. 
Chaatri- Les quatorze cénotaphes des souverains d'Orchha sont alignés sur les ghats qui bordent la rivière Betwa. La plupart des cénothaphes sont de style Panchaytan et datent des XVIème-XVIIIème siècles. Ils sont édifiés sur un socle surélevé de forme carrée, et renferme un sanctuaire de même géométrie. Les parties supérieures forme des angles ornés d'arches avec un air de style Nagar. Cinq cénothaphes sont protégés par un mur d'enceinte de faible hauteur. 
Cénotaphe de Vir Singh Deo -
Lakshmi temple - Sur les hauteurs d'Orchha, un temple aujourd'hui désaffecté était dédié à Lakshmi, la déesse hindoue de la prospérité et de la richesse.  
Les plafonds et murs des déambulatoires sont ornés de peintures bien conservées, même si le lieu a cette atmosphère un peu laissé à l'abandon que j'apprécie tant !
Les peintures murales des déambulatoires représentent des scènes mythologiques (Ramayana, Ram Charitra Manas ... Krishna et Radha) et guerrières. Ces dernières évoquent notamment les batailles entre les Hindous et les Anglais. On peut reconnaître certains officiers de l'armée britannique, ils tiennent un verre à la main.
Escalier de princesse - Un escalier permet d'accéder au niveau supérieur et d'admirer de près la tour-sanctuaire qui s'élève au centre de l'édifice. La terrasse qui couvre le déambulatoire forme un chemin de ronde protégé par des tourelles.
Nous rentrons alors dans la tour sanctuaire du temple de Lakshmi. Un escalier de marches comme suspendues en l'air digne de conte de fée nous attend à l'intérieur. Je me précipite dans l'escalier dont les marches font à peine 40 cm de large et arrivée presque en haut je ressens pour la première fois de ma vie un vertige fort qui m'oblige à redescendre. Même les marches de la Sagrada Familia ne m'avait pas fait cet effet.. 
Chaturbhuj Temple - Le temple est dédié à la réincarnation à quatre bras de Vishnou, Chaturbhuj. Vishnou est souvent mentionné comme divinité solaire, dès l'époque védique où il est considéré comme Aditya (lien). 
esmeralda - Arrivées à l'intérieure du temple, un homme qui nous avait déjà vu au Mahal plus tôt dans l'après-midi, nous fait signe et nous dit qu'avec le ticket de visite du mahal nous avons le droit de visiter le toit du temple. Il nous désigne alors une petite porte en bois ogive fermée par un énorme cadenas ancien dans un des murs du temple, et nous désigne celui qui nous accompagnera. Il s'agit d'un indien avec une pancarte autour du cou marquée "deaf and dumb" qui s'empresse d'ouvrir la petite porte fermée à clef en nous faisant signe de le suivre. Alex me regarde perplexe mais je veux voir cette vue. Je me retrouve alors dans un escalier en colimasson dans le noir, avec des marches de 40 cm de haut, celui que j'appelerai Quasimodo devant moi, éclairant plus ou moins les marches à la lampe torche et Alex derrière moi utilisant le flash de son appareil photo pour y voir clair. J'ai l'impression d'avoir Quasimodo devant moi, il marche courbé, montant ces hautes marches en titubant, faisant des bruits pour me montrer la direction à suivre, le visage pas vraiment régulier. A la fin de chaque escalier, un palier nous amène la lumière de l'extérieur et la vue sur la ville. Puis nous arrivons tout en haut et l'on se retrouve directement au pied des dômes, surplombant la ville. 
Quasimodo nous a emmené sur le toit du temple et demande une photo avec Esmeralda.. Il se dépêche de mettre en arrière sa pancarte et pose content à côté de moi pendant qu'Alex prend la photo. Après avoir profiter de la vue nous redescendons tranquillement, arrivé dans le temple, le verrou de la petite porte se referme derrière nous. 
D'après la légende, le dieu Rama apparut à Raja Madhukar Shah durant un rêve. Le souverain acheta alors une statue de la divinité à Ayodhya, et la conserva dans son palais en attendant la construction du temple Chaturbhuj. Lorsqu'il fut le temps de déplacer la statue, celle-ci ne bougea pas. Raja Madhukar Shah se rappela alors que, dans son rêve, la divinité souhaitait rester là où elle avait été placée à l'origine. Le palais devient ainsi le temple de Rama. C'est l'unique sanctuaire dans lequel Rama est prié comme un roi. Depuis lors, la statue a fini par rejoindre sa destination finale. Elle est protégée par un rideau. Impossible de la photographier. 
(c) Chavanitas & Alex de Lambilly