BEJA - Convento de Nossa Senhora de Conceiçao

Convento de Nossa Senhora da Conceiçao -
Fondé en 1459, ce couvent abrita les amours d'une nonne et d'un officier, dont s'inspirent les Lettres de la religieuse portugaise.
L'architecture réussit un subtil équilibre entre la rationalité gothique et les envolées du style manuélin. La chapelle au décor rococo comporte des boiseries dorées des XVIIe et XVIIIe siècles. Elle est dotée d'une complexe marqueterie de marbre. La salle capitulaire, de style mauresque, est ornée d'une voûte peinte avec des rinceaux d'acanthes, ainsi que des carreaux de faïence du XVIe siècle et d'une porte sculptée. Le cloître s'orne également d'azulejos des XVIe et XVIIe siècle.
Museu Regional Rainha Dona Leonor -
Ce musée installé dans l'ancien Convento de Nossa Senhora da Conceiçao, présente surtout des peintures et des écussons. L'édifice est un mélange architectural étonnant : il possède un portail d'église gothique, des fenêtres manuélines et une magnifique chapelle baroque. Ses azulejos sont superbes, comme les carreaux de faïence hispano-arabes de la salle caapitulaire et ceux du début du XVIe siècle, dans le cloître. A l'étage on verra la salle d'archéologie locale et la "fenêtre de Mariana". Un petit ossuaire en marbre contient les ossements de la 1er abbesse du couvent.
Lettres d'amour d'une religieuse -
Les Lettres Portugaises, publiées en français en 1669, sont un chef d'oeuvre de la littérature. Ces lettres d'amour passionnées auraient été écrites par une religieuse, Mariana Alcoforado, abandonné par son amant français, le marquis de Chamilly, qui participa à la guerre de la Restauration. L'authenticité des lettres a été mise en doute, mais l'histoire de la religieuse est restée - Matisse fit même son portrait imaginaire. Les visiteurs du couvent de Nossa Senhora da Conceiçao de Beja admirent toujours la "fenêtre de Mariana"
 
 
Inconvenances conventuelles -
Cette suite de lettre enflammées, supposément adressées par une nonne du couvent de Beja, à un officier français de cavalerie, un temps détaché de sa mission dans le cadre du conflit hispano-potugais, fit scandale au XVIIe siècle. 
Ces Lettres portugaises, avaient pour particularité, comme nombre d'ouvrages épistolaires répertoriés à l'époque, de ne correspondre à aucun original répertorié.
En 1972, trois plumes lusitaniennes, Maria Isabel Barreno, Maria Teresa Horta et Maria Velho da Costa publièrent Les trois Marias : nouvelles lettres portugaise, un florilège d'histoires, de poèmes et de lettres qui tenaient du brûlot féministe et valurent à leurs auteurs d'être poursuivies par le régime de Salazar.
 

 
 
Un cœur brisé s’épanche, se lamente. Cependant, ce texte porte aussi les marques de l’autodérision et quelques pointes à destination de l’amant coupable :
« Considère, mon amour, jusqu’à quel excès tu as manqué de prévoyance. Ah ! malheureux, tu as été trahi, et tu m’as trahie par des espérances trompeuses. Une passion sur laquelle tu avais fait tant de projets de plaisirs ne te cause présentement qu’un mortel désespoir, qui ne peut être comparé qu’à la cruauté de l’absence qui le cause. [...] »
Mais l’infortunée Mariane s’adresse-t-elle à son amant ou à sa Passion ?
"Hélas ! pourquoi n'y voulez-vous pas passer toute votre vie ? S'il m'était possible de sortir de ce malheureux Cloître, je n'attendrais pas en Portugal l'effet de vos promesses : j'irais, sans garder aucune mesure, vous chercher, vous suivre, et vous aimer par tout le monde : je n'ose ma flatter que cela puisse être, je ne veux point nourrir une espérance, qui me donnerait assurément quelque plaisir, et je ne veux plus être sensible qu'aux douleurs. (...)"
 
 
 
 
 
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