SELF-LOVE - L'Inlassable Galerie, Paris

Self-Love
dans l'oeil de l'Inlassable
Narcisse érotique - dans l'oeil de l'Inlassable Galerie jusqu'au 29 Mars au 18 rue Dauphine.
Désirer sa propre création, s'auot-désirer. Paradoxe sur le désir.


Il est question de la représentation du désir de son propre corps en référence au mythe de Narcisse. Et de ce paradoxe car Narcisse ne s'aimait pas, il s'est laissé mourir, il aimait son image et n'a pas su traverser les apparences. 
Cette vidéo évoque une époque hypocrite et sensuelle où l'on préfère son propre contact. Il s'agit d'un montage corporel, de mon propre corps décomposé par le miroir  où les fragments développent une métonymie sexuelle avec quelques éléments en céramiques. Ceci menant, non pas à la mort, mais à l'hystérie. Là où le plaisir et la douleur sont unis dans un état de bonheur. Un arc - la montée de la tension et sa libération.

 
Moi ! Très modeste Narcisse - Texte inspiré de Claude Cahun - aveux non avenus.
Je vous expliquerai mon self-love ... je ferme les yex pour délimiter l'orgie. Fragmentations. 
Ici, reposent mes jambes. L'empreinte dans le carré de corps féminin. Je resterais. L'essence rare, la perle gestuelle. Un jeu de jambes. Jeux tranquilles. 
Il faudrait maintenant fixer l'image dans le temps comme dans l'espace, saisir des mouvements accomplis - se surprendre de dos, enfin ! Je ferme le yeux. Il y atrop de tout. Je me tais. Je retiens mon haleine. Je me couche en rond, j'abandonne mes bords, je me replie vers un centre imaginaire. Le corsp se connaît et s'absout.
Du-elles -
J'entends autrui corps et âme. Corps et âme il faut s'attacher à soir-même. ébauche de corps et d'âme. Jeux tranquilles. Demeurer à l'ombre de l'angoisse des corps. éviter l'évidence rêche. Du-elles. Arriviste de l'âme, se passait sur le corps. Car la beauté n'est qu'un jeu de lumière. Ephémère, Illusion. Ce corps que j'ai cruellement sculpté, va-t-il fondre à ma propre chaleur ? tandis que je m'essouffle à quelque autre embellissement, tandis qu'il me reste tant à faire. On ne saurait penser à tout. Mise au pied du lit je m'aperçois qu'il faudrait décoller ma robe - et que j'y laisserais ma peau. Puis-je mourir étoilé, Narcisse. Moi, chez qui l'amour de soi se réalise dans un égoïsme à deux, à plusieurs, à tous, dans l'orgie universelle. Je ferme les yeux.
Moi-même (faute de mieux)
La sirène succombe à sa propre voix. L'être s'individualise. L'orgueil devient vertu. Ailleurs aussi le maquillage est de rigueur. Produits de beauté. Fragile - With care - denrées périssables. Pourquoi changer de visage ? Pourquoi bouleverse-t-on mes vertus ? Pourquoi me défait-on sitôt que je ferme les yeux ? Je ferme les yeux sur ma propre image. jouer à être sa propre image.. Self-love
Une main crispée sur un miroir - une bouche, des narines palpitantes - entre des paupières pâmées, la fixité folle de prunelles élargies... Dans un miroir étroit montré la partie pour le tout ? Un regard m'attire, une bouche me repousse.
Miroir -
Confondre mon auréole et des éclaboussures? Refusant de me cogner aux murs, me cogner aux reflets ? Dans la nuit noire. Le teint des miroirs épaissit. "Miroir", "fixer", voilà des mots qui n'ont rien à faire ici. Ce qui me gêne le plus, c'est l'insuffisance, la discontinuité de mon propre regard. Ce qui me désespère, ce n'est pas de ne pouvoir me boire, ce n'est pas l'infrangible espace pris dans les glaces, le froid qui sépare la vitre de mon image. Il existe entre moi et moi-même autre chose à briser. Toujours un quartier de lune, jamais la plénitude. Toujours une clarté partielle. Mon idéal est assez pour me dégoûter du reste du monde, mais peu, trop peu, rien pour le contenter. Je me venge à l'occasion des miroirs, que je recherche, amoureuse, sadique - et toutefois m'y torturant moi-même. Moi. Individualisme ? Narcissisme ? Certes. C'est la meilleure tendance. La seule intentionnelle fidélité dont je sois capable. Self-Love. 
La mort de Narcisse m'a toujours paru la plus incompréhensible. Une seule explication : Narcisse ne s'aimait pas. Il s'est laissé trompé par une image. Il n'a pas su traverser les apparences. Le mythe de Narcisse est partout. Il nous hante.
Il existe entre moi et moi-même autre chose à briser. Arc d'hystérie. Un bruit de verre cassé, le reflet qui se brise. Passionnée, presque hystérique, vertige .. 
(c) Chavanitas