EXPO - Une terrible beauté est née - Biennale de Lyon

Une terrible beauté est née
Biennale de Lyon
 terrible -
"Pour la 11e édition de la Biennale de Lyon, j'ai voyagé et fait en sorte que cette exposition parle tout à la fois de l'incertitude du présent et de son proche avenir, qu'elle parle de la condition de l'artiste et de l'absolue nécessité de l'art tout en restant ouverte au doute, à la contradiction, au changement et au mouvement. Au cours de mes recherches, j'ai été touchée par la perplexité de William Butler Yeats qui, face à son propre présent, écrit le poème Pâques, 1916, dont le célèbre vers "une terrible beauté est née" donne son titre à la Biennale. Dans le poème Yeats s'interroge sur l'insurrection de centaines de rebelles revendiquant la libération de l'Irlande par l'occupant britannique. A première vue, le poème semble célébrer ces martyrs qui donnèrent leur vie pour l'indépendance. Mais en y regardant de plus près, il est évident que Yeats doute. Le poème, troublant, navigue entre affirmation, questionnement et négation. Il est fondamentalement en guerre contre lui-même. Ainsi, le titre de la Biennale a toujours été plus un outil méthodologique qu'un thème en soi. Il permet d'interroger la force du paradoxe et de la tension, et l'état d'urgence du monde et des arts aujourd'hui. Dans son ensemble, l'exposition affirme le rôle primordial de l'imagination comme principale force d'émancipation et support essentiel de la connaissance. En rassemblant l'éventail le plus large des poétiques développées par les artistes d'aujourd'hui pour répondre à notre monde tortueux, la Biennale se penche sur la question de l'oppression et le besoin fondamental de libération. Elle aborde la possibilité de croire en l'utopie tout en démasquant certaines actions terrifiantes menées en son nom. La Biennale s'autorise à penser que l'art est l'un des supports de la connaissance où le rationnel et l'irrationnel peuvent coexister à travers l'association et même la contradiction de méthodologies très variées : les notions modernes de science et d'encyclopédie, le mysticisme, la fantasmagorie, l'hallucination, le délire, le jeu et le hasard." Victoria Noorthoorn. Commissaire.
Ci-dessus : vidéo 1 : Ulla Von Brandenburg, "Kulissen", rideaux - vu de l'exposition Ainsi soit-il : ampoule, Christian Boltanski - Augusto de Campos, "Série de poèmes visuels", poème -
Guillaume Bijl, "The nun of Bruges", nonne - Arthur Bispo Do Rosario, "Série d'oeuvres", fil - 
vidéo 2 : Julien Discrit, " The Day Trip Project", vidéo - Erika Verzutti, "Série de sculptures", bronze -
Diego Bianchi, "The Ultimate Realities", installation - Michel Huisman, "No. 84 Le Poisson", intérieur du poisson -
séries -
Ci-dessus : Marlène Dumas, "série de dessins" - Cildo Meireles, "La Bruja 1", installation fil - Elly Strik, "Série de dessins"- Christian Lhopital, "Série de dessins"- Bernardo Ortiz, "Sans titre"-
Ci-dessous : Fernando Bryce, "L"Humanité", affiches - Diego Bianchi, installation :
The Ultimate Realities "Je pense que lorsqu'on regarde notre monde à la fois abject et infini, un potentiel de présente, qui l'enveloppe et l'améliore - et en transforme la nature. Alors, le monde que nous connaissons peut s'élargir et les zones sombres s'éclaircir. Je travaille à partir de matériaux, objets et structures diverses, ainsi qu'à partir de dispositifs d'exposition en "déconstruisant" leurs fonctions, leurs formes et leurs origines. Sans recours aux formules conceptuelles ou linguistiques, je réserve à ces objets une série de "brutalités", de "tortures" et de "perversions" pour en éliminer toute référence. Ainsi recréés, ces objets deviennent plus réels ; je tente d'en extraire les évidences du présent."
machina - 
Ci-dessous : Jessica Jackson Hutchins, "Sculptures" - Kemang Wa Lehulere, "Hang Katswa Madi", dessins - Michel Huisman, "No.64", sceau vidéo -Eva Kotatkova, "The Re-education Machine", installation dessins, livres, sculpures -
"Des objets banals dont la seule destinée est d'être oubliés peuvent paradoxalement transmettre une histoire personnelle accompagnée d'une vague nostalgie. Mes sculptures contiennent un sentiment de "déjà là" qui suggère que l'oeuvre est déjà présente - dans les matériaux et dans le monde. Ainsi, l'oeuvre devient le sujet d'une reconnaissance partagée et de cette nécessité de donner du sens aux choses que nous rencontrons chaque jour sur notre chemin. Je souhaite remettre en cause cette habitude qui est la nôtre et qui consiste à nous identifier aux choses qui traversent notre vie. Cette obsession pour la matière, pour sa physicalité chèrement gagnée et pour son éloignement de toute valeur conceptuelle et métaphysique, me fascine et participe pleinement à la conception de me oeuvres." J. Jackson Hutchins.
 (c) Chavanitas