BIENNALE D'ISSY - Vanitas, Vanitatum, Vanités contemporaines

Vanitas, vanitatum, vanités contemporaines.

Tout est là - Barcilon(Emmanuel) ci-dessus)
La surface devient un mur d’expressions : jeu des inscriptions sur des parois chaotiques, sur cette peau marquée du tableau divisé en quatre. Symphonie concentrée sur le nord du support : tatouages, blessures, violences, écritures saccadées ; et silence au sud. Rien n’est caché de l’élaboration de la pensée : ratages, gribouillages et ces quelques mots gravés qui surnagent : « action », « résonnance », « prendre le temps », « revenir à la source », « trouver l’équilibre », « schéma riche de conscience », « sens du vivant », « quoi prendre »… Lettres et traits rouges, saillies des « 4 grands » Juifs de l’histoire : Moïse « tout est loi », Jésus « tout est amour », Freud « tout est sexe », Einstein « tout est relatif ». Tout est là. 
Notre Dame des Os - Rubinstein(Nicolas) ci-dessus 

Choisir un bâtiment symbolique de Marseille. En interroger sa mémoire, son architecture, sa fonction. En dévoiler la structure cachée avec la conviction qu’il y a là une explication à trouver. La retranscrire en utilisant des os comme matériaux de construction. Des os comme porteurs de mémoire exempts de toute morbidité. Des os pour réécrire nos histoires d’humains. Avec une pointe d’humour, histoire de brouiller les pistes…
Quest for humility - Olmeta(Matthias) ci-dessus photos
L’objet est entre tous reconnaissable, biographique, narcissique et obsessionnel....Chimique, artisanale, "sa photographie" s'impose comme un démenti de l'acte industriel et de la nouveauté technique... Ode à la puissance et à l'énergie hors du commun, ces suites de fragments assemblés comme une litanie de "still life", offrandes au soleil et au feu, ne doivent rien aux vanités mais se révèlent être des ossuaires, des reliques de la seule famille autorisée, la sienne. François Cheval, conservateur en chef du musée Niécephore Niépce.
The Museum of Homo Sapiens. Death Room - TTY (ci-dessus) ceramics
La vanité de conserver l’éphémère, voilà le suicide de la société. Etre ou avoir, sujet ou objet, j’existe vivant dans le désir, mort dans la jouissance. L’Homme a renoncé à sa foi pour être transformé en être immortel, destiné à boire le sang des vivants pour réchauffer son âme torturée. Au moment où je ne serai plus qu’ une vanité, ce qui est humain, c’est ce qui résiste à la ville qui façonne l’ homme à son image.
Fragile - Pons(Sébastien) ci-dessus squelette papier
Ma démarche trouble en permanence le sentiment de vie en évoquant sa fragilité ambiguë, productrice d’interrogations : ce qui reste et ce qui est. Je m’attache à reformuler des genres tels que la vanité, le portrait, le paysage en utilisant une gamme d’imagerie scientifique, empruntée principalement aux sciences naturelles et à la médecine. En croisant ainsi dans un même espace des références subjectives et objectives, je cherche un point d’équilibre, qui nourrit réciproquement chaque univers convoqué. Mon travail s’articule autour d’une même thématique : le temps.
Vanité écranique phase II  - Flachot (Bertrand) ci-dessus dessin
Photographe dessinateur ou dessinateur photographe ? La question que Bertrand Flachot ne se pose pas. Encore qu’il n’imagine pas pratiquer la photographie sans livrer ensuite celle-ci aux appétits voraces du dessin, alors qu’en revanche, un travail autonome du dessin existe bel et bien. Bertrand Flachot livre ainsi des pièces qui lui ressemblent un peu : fragiles, économes d’effets et pourtant longuement travaillées. Une poésie sombre et apaisée. Une poésie de l’ambiguïté. Serge Hartmann.
Alice - Remeaud (Axelle) crânes ci-dessus
La femme est le corps de mon œuvre : des rêves de petites filles aux désillusions sentimentales, du mythe de la tentatrice à celui de Pénélope, de la fertilité à l’obscène médusant. Espiègle, impertinente, subtile, dangereusement sensuelle. Toute en ironiques contradictions, en ambiguïté critique. La séduction est un piège. L’attirant flirte avec le répulsif. Le désir se mêle au dégoût. Les genres et les règnes se confondent pour une hybridation qui renoue avec la rhétorique formelle des surréalistes et nourrit les imaginaires. 
"Chair corps" - Gomme photos ci-dessus
Réflexions sur l’ego, le corps et sa réalité. Sur les idées reçues de la beauté telle que la consomme notre société. Sur le regard porté sur soi et sur l’autre, produit conscient et inconscient de notre éducation. Sur ce grand marché du futile, créateur de l'économie contemporaine.
Hanamuke (Viatique)  - Inumari (Akira) photo ci-dessus
La vie est  une force. La mort en est une autre. Si elles s'opposent, dans la culture occidentale, en Orient on nous a appris à vivre  pareillement avec elles. C'est dans leurs équilibres que nous nous maintenons présent. "Hanamuque" désigne un cadeau à la fois matériel et spirituel que l'on donne à quelqu'un qui part, un "Viatique" en quelque sorte; un bagage pour voyager là où l'on ne sait pas encore... l'au-delà de soi-même.
Le cadavre découvert - Combas (Robert) peinture ci-dessus
« Des milliers d'années, il était caché, caché ou enterré puisqu'il était décédé découvert. Tous les os mélangés façon puzzle recomposé. C'est un de nos premiers ancêtres à ce qu'il paraît. En tout cas, si il n'avait pas de grosses mains, il a de gros pieds ».
Ce n’est pas parce qu’on dessine ou peint ou filme une tête de mort que c’est une vanité. Je dis ça parce que tout le monde se met à la soit disant "vanité", c’est la mode d’accord mais s’il vous plait un peu d’humilité ! Si vous voulez que votre tête de mort soit vaniteuse, ajoutez-lui un texte accompagnateur qui donnera à “philosopher”. Ou alors créez une image représentant une action nécessitant l’esprit de la vanité mais en innovant doucement. Par exemple un type plonge sous la mer pour pêcher des perles et en guise de collier il se trouve devant une tête d’un mort à 20 ou 30 mètres de fond, entouré de débris d’amphore et de bois de bateau…
Vanité aux cheveux long - Cha (Elsa)
Combien de temps? Combien de temps t'ai-je tenu dans mes bras jusqu'à ce que ton corps s'affaisse, que ton souffle s'apaise et brusquement se taise? Combien de temps es-tu resté debout, dansant au rythme de ton cœur qui bat, avant de faire partie de mes souvenirs pour toujours? Ton âme bleue joue maintenant à cache-cache, errant parfois sur la surface de mon papier, entre craie grasse et aquarelle...
Protect me -  Lamb (Leonard) dessin ci-dessus
« Vider l’étang pour avoir les poissons. »
Nature morte - Andrès (Fantine) dessin ci-dessus
Mon défi est de me détacher des connotations trop évidentes des objets que je choisis. Insignifiants objets du quotidien et nobles éléments naturels cohabitent pour former un paysage incohérent, une sorte de nature morte intrigante. Les objets sont suspendus entre deux états, la légère dénaturation de l'objet frappe par son étrangeté.
Vanité I et II - Gaiss (Anne) Collage ci-dessus
A travers la femme et plus généralement la féminité,  la réflexion est amenée sur l’illusion de la vie. Par un retour aux sources, une quête d’identité à travers les âges, la femme-mère nourricière  renoue avec la nature. L’image que je renvoie ici, est celle d’un monde féminin animiste, qui puise ses forces dans la terre, les arbres et les plantes, un monde fragile et éphémère, balloté, maltraité par la vie, un monde qui intègre la mort comme une de ses composantes fondamentales. Un monde où la vie serait un reflet de la mort, où bien la mort une part de la vie…
Narcisse - Danino (Dany) dessin ci-dessus
Un grand crâne au stylobille dans lequel grouillent des images qui se superposent, s'entremêlent et surgissent les uns des autres. Cosmogonies de paysages, d'écorchés, de fœtus, de crânes ...Un monde où la vie, la mort, la sexualité se côtoient et font sens et histoire.
Bâti, dessiné selon le principe d'une libre pensée rien n'est déterminé à l’avance, ce grand format très physique, guide le spectateur vers des délires, des rêves et des phantasmes ou tout un chacun peut s'y retrouver.
La colère, vanita curiosa - Chazal (Cyntia) crânes ci-dessus
Devenir squelette : inéluctable et universelle métamorphose… Ce qui nous est le plus intime, le plus caché, est aussi ce qui nous est commun. Le squelette nous montre tels que déjà nous sommes, mais sans le voir, sans le savoir. Tels que le miroir nous le cache. Esthétiser le squelette, c’est rendre perceptible une part de notre identité mais aussi lutter contre la mort avec ses propres armes.
My tailor is rich - D'Olce (Nicolas) Photo ci-dessus
Nos artifices et nos concours de beauté, nos défilés, nos portraits fardés : c’est notre dernier podium, notre dernière de couverture, notre dernier vernis. La fin nous colle au teint.
Le dernier éteint la lumière - Beaufils (Philippe) Squelette de verre fluorescent ci-dessus
La morsure du temps - Langhans (Jorg) peinture ci-dessus
L’acte de peindre comme l’acte de respirer serait-il en soi, déjà, une métaphore de la Vanité ? 
Combatif / Défensif - Okroglic (Laurent) dessin ci-dessus
L’image dessinée ou peinte ou autre d’ailleurs, conséquence d’une démarche artistique, est le reflet de la perception du réel filtré par l’ensemble des facteurs d’identité de son auteur. Il ne reste dans le temps que l’œuvre comme archive d’une intention en rapport à un réel perçu, fonction ultime, témoin, regard temporel, événement saisi, temps déjà écoulé, cela aurait pu être une espèce de vanité…
Cuidado con la perra - Andrea (Mateo) peinture ci-dessus
L'amour d'abord, l'amour encore, l'amour à mort.
Triptyque - Brisse (Joël) peinture ci-dessus
Quand il y a de l’absence, on ressent l’ effet de présence de manière beaucoup plus forte : lorsque j’avais 14 ans, on m’a emmené à Auschwitz, tu sens qu’ il y a des corps là, dans les chaussures, derrière les lunettes…comme la silhouette du type d’Hiroshima et rien autour… La place de l’absent, de celui qui a disparu...