BIENNALE D'ISSY - Vanitas

Biennale d'Issy
Vanitas, vanitatum, vanités contemporaines.


"je ne suis pas loin, juste de l' autre côté du chemin" -
La vie, la mort, juste l'alpha et l'oméga de notre destinée humaine. Un espace dans le temps qui nous est imparti. 




Dès l'antiquité le Memento Mori a inspiré bien des philosophes, des écrivains, des artistes, et que penser de la civilisation Egyptienne, où la mort est même plus importante que la vie... Ce thème s'est maintenu pendant tout le Moyen-Age et la Renaissance, ayant pour abécédaire des crânes, des squelettes, la leçon des ténèbres... Comment ne pas être obsédé par la mort, quand les guerres et la peste sont à votre porte ?
Au XVI° siècle les poèmes de Ronsard sont déjà des "Vanités écrites", " Mignonne, allons voir si la rose...", ils préfigurent la Vanité en tant que genre très établi dans l'histoire de l'art au XVII° siècle. Les images choisies : bougies, verres, pages de livres défraichies, insectes, fleurs, pelures de citron évoquent plus la brièveté de la vie que la mort elle-même, l'élégance et la recherche de l'esthétique dans ces natures presque mortes ou encore en vie sont là pour témoigner de la beauté de la vie mais aussi de son inconsistance.
Cette question essentielle : la vie-la mort est une thématique constamment abordée dans les œuvres contemporaines, avec plus d'humour et de dérision, comme pour nous la rendre moins austère, avec les mediums dont nous disposons à notre époque :vidéos, photos, collages, dessins au stylo bille, plastiques mais aussi avec la spiritualité de chacun, qui lui permet d'espérer être de l'autre côté du miroir, de l'autre côté du chemin, de passer le seuil du corps à l'esprit, de l'humain au divin , le désir d'atteindre l'immortalité... Ou peut-être d'apprendre simplement à aimer sa vie.
 

Peintures, sculptures, photographies et vidéos - Du 14 Septembre au 23 Octobre 2011 - Musée de la carte à jouer Issy, les Moulineaux. 
Artistes présentés : Mateo Andrea - Pat Andrès - Fantine Andrès - Emmanuel Barcilon - François Bard - Philippe Beaufils - Ghyslain Bertholon - Joël Brisse - Elsa Cha - Cynthia Chazal - Anne Cheriez - Robert Combas - Charlotte Cornaton - Nicolas D'Olce - Dany Danino - Claire Echkenazi - Laurent Esquerré - Philippe Favier - Guy Ferrer - Bertrand Flachot - Odile Frayssinet - Anne Gaiss - Gomme - Lilianna Guderska - Elsa Guillaume - Akira Inumari - Leonard Lamb - Jorg Langhans - Sylvain Lécrivain - José Man-Luis - Maria Marquina - Azadeh Nilchiani - Laurent Okroglic - Matthias Olmeta - Pat. h. mart - Julie Petit - Sébastien Pons - Axelle Remeaud - Christian Renonciat - Mathilde Roussel-Giraudy - Nicolas Rubinstein - Geoffroy Terrier - TTY - Didier Van Sprengel -
Vidéos - Vanitas - Charlotte Cornaton ci-dessus 
Vanitas en latin signifie un état de vide, vain. Il s'agit d'un triptyque sur la vanité contemporaine, à savoir vanité du corps, du savoir et vanité morale.
Vanitas utilise la céramique comme élément mobile de la vidéo en stop motion. Un crâne en céramique décomposé en treize pictogrammes est le point de départ de ce projet. La vidéo animant les céramiques en stop motion oppose nouvelles technologies éphémères et traditions. Chacun des éléments du crâne y est "détruit" afin de traduire la fuite du temps.
Combustia Propria naturae - Lilianna Guderska ci-dessous
Ma démarche est fondée sur le thème du corps dans sa destinée humaine, inséparable de celui des vanités. Je manifeste mon rapport fragile à la vie, l’effroi face à la mort. Par l’éphémère, je souligne la vulnérabilité et l'accent versatile de l’instant présent. L’homme depuis ses origines est confronté à la perte. Tout au long de notre vie nous devons  accepter de mourir à notre enfance, à notre jeunesse, à notre beauté…et faire face à toutes sortes de pertes  afin de sacrifier ce que nous sommes pour ce que nous pourrions devenir. La vie nous porte à la mort et la mort nous ramène à la vie, créant ainsi un cycle perpétuel des existences…
Absence de maîtrise de l'homme sur son environnement - José Man-Luis ci-dessous
La morphologie du visage, traitée comme un paysage, est submergée par la pollution des sols et des eaux en raison des engrais et rejets industriels de toutes sortes ; la pollution de l'air liée à l'émission de gaz toxiques. Par extension, cette œuvre est une réflexion quant à « l'absence de maîtrise de l'homme sur son environnement ».  
Sculptures extérieures - Alice au delà du miroir - Pat Andrea Miroir ci-dessous
Que lui importait que, dès l'instant même où elle les avait cueillis, les joncs eussent commencé à se faner et à perdre de leur parfum et de leur beauté. Les vrais joncs parfumés eux-mêmes, voyez-vous ne durent qu'un très court moment ...
Collection blanche - Sylvain Lécrivain sculpture d'aseemblage ci-dessous
« Tout objet aimé est le centre d'un paradis. » Novalis.
Le bonheur terrestre reposerait-il sur une bulle matérielle composée d’une panoplie complète de choses utiles ou non, d’objets ostentatoires et de la « moulinette à faire la vinaigrette » chère à Boris Vian ? Que ce soit d’innocentes prothèses ou de véritables pièces à conviction, notre vie dépend beaucoup de ces petits riens qui nous rendent service et serviles à la fois, qui parfois nous font roi de l’instant. Objets de désir allez-vous donc m’envahir ?
Céramique - Laurent Esquerré céramique bleu ci-dessous

Dans mon travail perdure cette dualité de vie et de mort. Au crâne, symbole immuable, se mêle le renouveau caractérisé par des oiseaux, des fleurs, un lapin… La métaphore mortuaire est sublimée. De ces unions inattendues, la tête de mort semble parfois songeuse, sinon vaniteuse et n’ose se dévoiler qu’au regard initié.
Deupatosaurus - Ghyslain Bertholon Voiture ci-dessous
Fossile d’anticipation, ma Deupatosaurus fait avant tout état de notre rapport à la nature : une nature dédiée aux seuls besoins de l’humanité. L'automobile est ici présentée comme une aberration de l’évolution technologique vouée à une inexorable disparition. 
Trois états du temps - Guy Ferrer tête ci-dessous
L’œuvre de Guy Ferrer reflète nos préoccupations métaphysiques et illustre sa recherche de la dimension symbolique de l’homme. « Passionné par les spiritualités du monde, il nous offre avec puissance sa vision sensible et poétique de l’Homme, pris dans les filets du temps et face à sa destinée paradoxale : l’homme est selon Ferrer ‘de lumière et de boue’, et le chemin de la vie est initiatique » 
Une réflexion sur le Temps et la spiritualité constitue la ligne de force de l’ensemble de son travail. 
Victoria Conti.
(c) Chavanitas