DATONG - Grottes du Yungang

Grottes du Yungang - Datong
Sculpture bouddhique -
Les grottes Yungang sont probablement le plus bel ensemble de sculpture bouddhique sur pierre visible en Chine, Maijishan pour la sculpture d'argile et Dunhuang pour la peinture leur faisant pendant. La période relativement brève pendant laquelle s'exerça l'activité des sculpteurs (une soixantaine d'années), à un moment essentiel de l'acclimatation de l'art bouddhique, n'est pas pour rien dans la cohérence et l'harmonie du site. Visiter ces grottes c'est voir se dérouler devant ses yeux l'histoire des rapports entre le clergé bouddhique et ses patrons tabgatch.
Les cinq grottes de Tanyao -
En 452, le bonze Tanyao convainc l'empereur Wencheng de faire sculpter cinq bouddhas monumentaux le représentant avec ses quatre prédécesseurs. L'idée d'assimiler empereur et bouddha n'est pas nouvelle. En ce milieu de Ve s., il importe de faire oublier la brève persécution à laquelle vient de se livrer l'empereur Taiwu. Et les Tadgatch  disposent depuis 440 d'une main d'oeuvre qualifiée, les artisans capturés en Asie centrale. Les travaux durent de 460 à 465, sur la colline sacrée de Wuzhou, où les monarques tuoba rendaient un culte à leurs ancêtres avant leur conversion au bouddhisme.
Les sculptures des grottes de Tanyao, simples et majestueuses, demeurent proches des modèles centre-asiatique et indien. Le thème est celui des Bouddhas des Trois Ages, les statues impressionnantes de 13 à 17m de haut. 
Les grottes de Wuhua -
Les Tabgach auraient pris l'habitude d'honorer le couple impériale par des grottes dédiées respectivement à l'empereur et à l'impératrice, comportant un vestibule et une arrière-salle, souvent organisées autour d'un pilier central sculpté, qui permettait aux bonzes de circuler tout en récitant les sûtras, vieux rites indien acclimaté avec succès dans l'Empire, encore pratique de nos jours dans les monastères tibétains.
Les sculptures diffèrent de celles de la première période. Aux statues cyclopéennes, qui demeurent mais dont la silhouette s'affine, s'ajoutent des motifs pariétaux de dimensions plus modestes et peints de couleurs vives. Les visages et les poses se sinisent. Pour certain historien il ne s'agirait que d'une rapide évolution dans le genre des artistes impériaux : on aurait inauguré ce nouveau style dès le début des années 470. Mais, pour d'autres auteurs, c'est sensiblement plus tard, pendant les 15 dernières années du siècle, que ces grottes au style nouveau aurait été gravées. Leurs commanditaires n'auraient plus été la famille impériale, mais plusieurs dizaines de courtisans et hauts personnages, qui se seraient en quelque sorte peu à peu appropriés le site en y faisant construire des figures de dimensions plus modestes.
 21 grottes principales -
Dans un premier groupe (7,8,9,10,12), on trouve encore maints motifs de style indien, richement décorées de Gandharva (musiciens volants) et d'Apsara (êtres célestes du paradis d'Indra). On remarque ainsi dans l'embrasure de la porte des dieux protecteurs empruntés au panthéon hindou : Indra et sa foudre, Siva-Mahesvara, juché sur son taureau, en face de Kumaradeva assis sur son aigle. On retrouve de même, sur un linteau (grotte 10), autour du mont cosmique Sumeru posé sur des serpents lovés, les deva Asura et Kumara gardant l'Univers. Le thème des sept bouddhas, représentés debout et côte à côte (Sakyamuni et ses six prédécesseurs), auquel répond celui du Bouddha de l'avenir, Maitreya, représenté assis, jambes pendantes et chevilles croisées.
Un second groupe de grottes se caractérise par des motifs plus sinisés (2,5,6,11,13). Protégées, comme cela devait être le cas autrefois pour les sanctuaires, par des bâtiments les 5 et 6 sont somptueuses (pas de photos autorisées !). Dans la 5 on retrouve la plus grande statue du Yungang avec ses 17m de haut et 15m80 de largeur à la base. Elle représente un bouddha assis, les mains l'une sur l'autre, paume vers le ciel, exprimant ainsi le geste rituel (mudra) l'attitude spirituelle de la méditation. La 6, précédée d'une façade à triple galerie comme la grotte précédente, renferme un massif de section carrée, de 15m de haut, recouvert de bas-reliefs et creusé de niches contenant des bouddhas. Sur les autres parois de la grotte, des reliefs complètent ceux de la "tour" centrale en illustrant  la vie du Bouddha Sakyamuni, de sa naissance jusqu'au nirvana. On voit encore illustré dans cette grotte - ainsi que dans plusieurs autres du site - le thème, emprunté au "Sûtra du lotus", de la conversation sacrée entre Sakyamuni et le Bouddha Prabutharatna - deux bouddhas assis côte à côte - et celui, tiré du Vimalakirti nirdesa, de la rencontre du bodhisattva de Sagesse Manjusri avec le sage laïc Vimalakirti - un bodhisattva devisant avec un homme coiffé d'un bonnet et tenant un éventail. Ces deux textes cosntituent les "bibles" du bouddhisme chinois. 
(c) Chavanitas