XI'AN - Forêt des stèles

Forêt des stèles
Temple de Confucius
stèles -
La 1er salle rassemble les 650 000 caractères des 12 ouvrages canoniques, base de l'orthodoxie confucéenne et norme de l'idéologie officielle, gravés sous les Tang sur les deux faces des 114 stèles.
Dans la 2e salle sont représentées d'autres stèles datant de la dynastie des Tang, dont la fameuse stèle de Si-ngan Fou, qui relate l'autorisation donnée en 631 à une communauté nestorienne de s'installer à Chang'an et d'y pratiquer et enseigner leur religion. Elle disparut par la suite et fut redécouverte en 1623, au grand bonheur des missionnaires jésuites envoyés auprès de la cour impériale. Le musée Guimet, en possède une copie. Remarquez la croix sur la partie supérieure et l'inscription en syriaque en bas. Derrière se trouve la stèle de Huangfu Dan, gravée d'après la calligraphie aux caractères minces et réguliers (style kaishu) d'Ouyang Xun, l'un des plus grands maîtres du temps des Tang (tournez autour, le dos est mieux éclairé). Non loin, admirez la stèle de la famille Yan, récit de la carrière officielle de celui-ci écrit par le lettré Yan Zhenqing à l'âge de 72 ans en style officiel régulier, qui restera longtemps un exemple du genre. Dans la rangée opposée, remarquez l'élégante cursive (xingshu) de la stèle de la préface de la collection des textes bouddhiques de Tang Xuanzang. Elle fut rédigée par le moine Huairen dans le style de Wang Xizhi, le père de la calligraphie chinoise. Sa gravure coûta une fortune à l'empereur car chaque caractère recopié du grand maître fût payé à ses descendants en pièces d'or.
styles d'écriture chinoise -
La 3e salle est un véritable conservatoire des différents styles d'écrituer chinoise. Chaque grand caractère, rédigé en grand style sigillaire (dazhuan), un style archaïque toujours en usage pour les sceaux, porte à côté sa graphie en style officielle traditionnel. Derrière, deux stèles montrent un style totalement opposé : l'écriture cursive, appelée écriture d'herbe (caoshu) parce que tracée presque d'un seul trait, que même les Chinois ont du mal à lire ! Il s'agit de trois courts textes ("Pour accompagner l'envoi de vêtements à la frontière", "Voyage à Luoyang", et "Excuses pour un mal au ventre") calligraphiés par le moine Zhang Xu des Tang. On le surnommait à l'époque "Zhang le fou" car il réalisait ses meilleures calligraphies en pleine ivresse, utilisant parfois ses cheveux comme pinceau.
estampage -
Dans la 4e salle on peut souvent assister à la technique de l'estampage. Des stèles gravées de dessins se trouvent dans la partie g. : plans des palais Tang exécutés sous les Song ; deux portraits de Bodhidharma, le patriarche fondateur du Chan, datant des Ming ; un panorama du mont Taibai et un portrait de Confucius, réalisé sous les Qing. Du même côté vous verrez de curieux jeux graphiques. Un poème en hommage au général Guan Yu qui apparaît comme un bosquet de bambous mais dont les feuilles sont agencées de manière à composer des idéogrammes. A côté, la devise confucéenne en quatre caractères ke ji fu li "modérer ses passions et observer les bienséances" forme le corps de Kuixing, le dieu de la littérature. Dans la partie dr. vous trouverez une copie d'époque Qing de la calligraphie "mouillée" de Mi Fu, le maître des Song du Nord, ainsi que huit lettres de Zhao Mengfu, moine taoïste, grande figure des Yuan, une belle calligraphie en caractères réguliers de Huang Ting-jian et la vitalité du trait fluide, tour à tour fin ou épais, de Su Shi.
La 5e salle abrite des stèles de grands caractères. On peut y voir une phrase de Zhuge Liang "Calme et tranquilité emmènent loin", calligraphiée par l'empereur Kangxi, également auteur "Le pavillon miroir de l'eau" ; sur la 2e rangée un imposant caractère "tigre" écrit d'un seul coup de pinceau par Ma Dezhao, également auteur d'un grand caractère "longévité" ; au 4e rang une belle "Admonestation aux fonctionnaires" écrite en 1825 dans un style d'une imposante gravité.
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