DAZU - Baoding Shan

Baoding Shan
Grottes Dazu





Granc Arc du Bouddha -
Au sommet du Baoding Shan, vous laisserez le temple de la Longévité sacrée pour aller à la découverte de l'extraordinaire panorama qui s'offre, dès l'entrée du site, d'une gorge en fer à cheval, encadrée de falaises sculptées d'une profusion de statues et de reliefs, et dominée par une pagode qui jaillit au-dessus d'une végétation exubérante. Cet ensemble, connu sous le nom de Grand Arc du Bouddha, fut exécuté entre 1179 et 1249. Les 31 groupes principaux de sculptures illustrent le plus souvent des sûtras et révèlent parfois spécifiquement quelques aspects de la doctrine de l'école du Secret. Si certains thèmes sont empruntés au fonds confucéen, comme celui de la piété filiale, ils sont toutefois clairement inscrits dans un argument bouddhique. En revanche, quelques scènes purement profanes semblent échapper à la vocation prosélyte du site.
Dans la niche 3, un génie ailé de 5,20m de haut tient la roue de la loi bouddhique ; au centre, le fondateur de cet ensemble monastique ; au-dessus, le fondateur est représenté à trois âges différents. Viennent ensuite, dans la niche 5, trois statues inclinées, de 7m de hauteur, qui représentent les trois saints de l'école Avatamsaka, le Bouddha Vairocana, fondateur du bouddhisme tantrique, flanqué de Puxian et de Wenshu. Dans la niche 8, en réalité un vaste abri-sous-roche, une monumentale composition de Guanyin "aux mille mains et aux mille yeux" occupe 88m2. La statue, haute de 7,60m compte en fait 1 007 bras avec un oeil dans chacune des paumes. Plusieurs bras tiennent un attribut ou semblent dédier des objets, telles de pagodes. Les yeux symbolisent le pouvoir de vision universelle du bodhisattva, dont le culte ésotérique fut introduit en Chine vers le milieu du VIIe s., par un moine venu de l'Inde du Nord. Des chiffons rouges, déposés par des fidèles dans les mains ou sur les coiffures, manifestent un espoir d'exaucement des voeux. 
Le Bouddha couché -
Le Bouddha couché de la grotte 11, particulièrement imposant (31m de long, 5,5m de haut), est entouré de bodhisattva, de grands maîtres de la secte Mizong, de moines. Un personnage porte le bonnet des empereurs avec une planchette d'où tombent des rangs de perles. Cette oeuvre colossale est centrée sur ce moment capital où le Bouddha Sakyamuni entra dans le parinirvana, nirvana complet qui interrompt le cycle des renaissances sans fin, but ultime des âmes qui aspirent à la condition du Bouddha, cad de l'Eveillé, de "Celui qui a reçu la lumière" et rassemble ainsi à ce que l'on appelle ailleurs le "sommeil de la mort".
Après la mort, la naissance du Bouddha est illustrée à la niche 12, dite "Fontaine aux neufs dragons", située à l'angle de l'arc : à la naissance du prince Sidhartha, neuf dragons seraient apparus dans le ciel, venus verser de l'eau dans le bain du nouveau-né ; l'eau d'une source captée sur la colline se déverse effectivement de la gueule d'un dragon. Vous remarquerez, dans la niche 13, le thème du roi-paon Vairocana. Vient ensuite la niche 14, où le bouddha Pilu, le premier grand maître de la secte Mizong prêche sa doctrine. 
La grotte 15, comprend trois registres de sculptures consacrées à l'amour parental. En dépit de l'ordre chronologique, mais en vertu de la signification religieuse de l'ensemble, la scène où les parents demandent au bouddha de leur accorder un fils se trouve au centre. A dr., la femme est enceinte ; à g. elle va enfanter. Un prêtre prononce un exorcisme pour accorder un heureux sort au nouveau-né. Deux statues dorées représentent l'enfant sur les genoux de sa mère, puis allaité. Un scène de banquet célèbre la noce de l'enfant. Au registre supérieur ont été sculptés sept bouddhas dans la position de la méditation, ou asana, les Chinois ayant repris aux Indiens la symbolique des mudra, qui appliqués au Bouddha, expriment une attitude spirituelle. Dans la niche 16 sont figurés les quatre dieux des éléments naturels, ceux de la Pluie (sur n dragon), des Eclairs (tenant deux miroirs), du Tonnerre (dieu à tête de cochon frappant sur un tambour) et, enfin, du Vent (tenant une outre).
Piété filiale -
La grotte 17 met en scène, sur trois registres principaux, la deuxième des cinq relations naturelles que le Ciel a établies, si 'lon en croit le Classique de l'histoire, à savoir la piété filiale, dont le règn aurait été instauré par Yao le Grand. Le thème de la piété filiale, thème confucéen par excellence, fut incorporé aux dogmes bouddhiques dans un effort de sinisation d'une religion d'origine étrangère.
L'examen des tableaux de cette composition est fascinant car elle révèle un trait de civilisation. Cette séquence doit beaucoup au Classique de la piété filiale avec ses scènes d'abnégation exprimée par des images touchantes et d'une parfaite exemplarité. A dr., de la statue du Bouddha Sakyamuni qui occupe le centre, observez la représentation de cette étonnante anecdote où l'on nous présente l'Illuminé, qui, encore enfant, donna sa propre chair pour nourrir ses parents. Un grand sens du merveilleux apparaît dans la scène où les parents de Sakyamuni sont penchés sur un squelette, celui de leur enfant, dont la chair a été dévorée par un tigre. Au registre inférieur, des calomniateurs accusent Sakyamuni de manquer à la piété filiale. Un personnage porte dans un palanquin à deux plateaux ses parents aveugles qui mendient ; le personnage inde levé déclare à qui veut bien l'entendre que Sakyamuni n'est pas aussi bon que cet homme portant ses deux parents : il est vrai que le premier geste par lequel Sakyamuni devint Bouddha fut de s'affranchir de la cour et de quitter sa famille. Mais a g. de la statue centrale, Sakyamuni vient démentir les propos calomniateurs en portant le cercueil de son père. Au registre inférieur, le futur Bouddha, venu au chevet de son père mourant, lui apporte une dernière consolation. Autre témoignage de piété filiale : le père du futur illuminé, assis sur un siège, consulte un médecin, vers lequel il tend la main ; pour sauver son patient, le médecin prescrit un remède exigeant un oeil, Sakyamuni offre un de ses yeux. Cet ensemble constitue bien une tentative pour concilier les deux traditions parfois divergentes que sont le confucianisme et le bouddhisme.
Enfer bouddhique -
Dans la niche 20, la composition la plus magistrale se développe sur quatre registres. Son thème, en contrepoint avec le précédent, est consacré à l'enfer bouddhique et à ses tourments. Le maître des lieux, le bodhisattva Dizang, a été sculpté au centre du registre supérieur. Au-dessous les autres registres symbolisent les 18 étages des enfers. Dans sa main g., le Bouddha rédempteur tient la Perle précieuse d'où échappent deux rubans qui retombent sur son trône en fleurs de lotus. Dans sa main dr., il tient le khakkara, verge en métal munie d'anneaux sonores qui lui permet d'ouvrir la porte des enfers. De part et d'autres du Bouddha se trouvent les cinq rois des enfers. Entre ceux-ci, des assesseurs tiennent les listes des individus qu comparaissent devant le tribunal, des tablettes en jade et divers instruments de culte. L'accès au 2e registre à partir du sol est rendu dangereux par l'effritement de la roche. On peu cependant distinguer, à partir de la grille en bois, une série de supplices réservés aux malheureux condamnés. Par leur réalisme et leur raffinement, ils ne cèdent en rien aux tortures réservées aux pêcheurs de l'enfer chrétien : un condamné est saisi par les jambes, un autre porte un carcan, un être décharné attend accroupi le châtiment. Un génie à tête de cochon fait mijoter des membres humains dans un grand chaudron ; une femme saisie par les cheveux et pliée sur le rebord se masque les yeux d'horreur ; un autre démon écrase les membres supplicié avec un appareil à décortiquer le grain. Un démon à tête de bovin broie la jambe d'un damné, la tête en bas. 
Quelques uns des sept péchés capitaux du bouddhisme ont été représentés : ivresse, luxure, colère, accumulation des richesses, ect.. 
(c) Chavanitas