BEIJING - Temple du Ciel

Temple du ciel
Pékin
Salle de la prière de bonnes moissons - (ci-dessus)
Elle prêtait son cadre à la cérémonie du sacrifice de la fin du printemps. Le trône du Ciel était placé au centre de la rotonde. L'empereur, dans sa prière écrite, sollicitait du Ciel une harmonieuse répartition des pluies et de l'ensoleillement, cet équilibre étant le gage de bonnes récoltes. La prière était brûlée devant le trône vide qui personnifiait le Ciel. La rotonde de 30m de diamètre, abritée sous une merveilleuse triple toiture de tuiles bleues, s'élève au centre de la terrasse. A l'intérieur, au centre, les quatre "colonnes du puits du dragon", symbole des quatre saisons, sont entourées d'une 1er couronne de 12 piliers représentant les 12 mois, puis d'une 2e, de 12 supports, évoquant les 12 heures doubles composant la journée. 
Le rite du sacrifice du Ciel : Il avait lieu au solstice d'hiver. L'empereur s'y préparait par deux jours de jeûne dans le palais de l'Abstinence de la cité interdite. Le 3e jour, il se rendait au temple du Ciel en palanquin, accompagné d'éléphants, de musiciens, de danseurs et de porteurs de bannières. Arrivé au temple, il présentait ses respects au Ciel, aux ancêtres impériaux, ainsi qu'à diverses autres divinités, et inspectait les animaux sacrifiés et cuits la veille de la cérémonie. Peu avant l'aube du 4e jour, revêtu du costume rituel brodé de dragons et de la coiffe à pendeloques, il gravissait les marches de l'autel des Sacrifices recouvertes d'un tissu jaune (la couleur de l'empereur) jusqu'à la plate-forme supérieure, où avaient été dressés le trône de l'Empereur suprême (le Ciel) et ceux des ancêtres impériaux. La prière impériale était lue par un héraut. Après avoir pris congé du Ciel et de ses ancêtres, l'empereur assistait à l'incinération des offrandes dans le four à céramique dressé à l'angle S.E. de l'autel et dans des brasiers à l'air libre.
Autel du ciel - (ci-dessus)
C'est un tertre circulaire, amenagé à l'intérieur d'une enceinte carrée à l'image de la Terre. Au centre de la terrasse supérieure se trouvait le trône du Ciel, puissance impersonnelle mais omniprésente, identifiée au principe actif qui conditionne les mutations. Cette puissance était invitée à la cérémonie par la fumée d'un bûcher. Son trône était disposé entre ceux des Ancêtres impériaux, mais l'empereur, se considérant au sens strict comme le fils du Ciel, rendait là le culte à son ancêtre suprême, représenté par le siège central. Seul le Fils du Ciel pouvait s'adresser au Ciel (comme à la Terre). Les 81 dalles en pierre qui composent le tertre autour de la dalle centrale (considérée comme le centre de l'univers), les 360 balustrades en marbre qui le cantonnent et les marches pour y accéder sont tous multiples de 9, la force positif (yang) par excellence (car c'est le chiffre 3, porté à sa propre puissance), symbole du Ciel et de l'empereur. Au S.O. de l'autel, le mât de 30m de haut servait à accrocher les lanternes éclairant les sacrifices nocturnes.
Le sacrifice du Ciel et de la Terre -
Occupant dans la hiérarchie des cultes la place la plus importante, il était célébré par l'empereur lui-même au temple du Ciel, qui fut, jusqu'en 1911, le cadre de deux grandes cérémonies annuelles : au solstice d'hiver - lorsque les puissances célestes, le yang, alors au plus bas, recommençaient leur croissance -, l'empereur rendait compte au Ciel des événements écoulés et de sa gestion; à la première lune de l'année, il venait rendre hommage au Ciel, qui lui renouvelait son mandat ; ces deux grandes cérémonies se déroulaient à l'autel du Ciel. Constitué de l'image du ciel, de trois terrasses circulaires superposées, recouvertes de marbre blanc, au centre d'une enceinte carrée (à l'imade de la terre), le temple traduit dans son ordonnancement l'ancienne cosmogonie chinoise.
Le sacrifice de la terre, autre culte majeur, était accompli le jour du solstice d'été - moment où commence l'influence du principe yin - à l'autel de la Terre, dans le faubourg N. de la capitale. Le déroulement de la cérémonie était symétriquement inverse à celui du Ciel, jusqu'à la phase de l'enfouissement des offrandes dans un puits. Les danseurs accompagnant la célébration portaient des tuniques noires brodées d'or, par opposition aux robes bleues des danseurs du temple du Cel.
Voûte céleste impériale & Parc Ritan (ci-dessous)
(c) Chavanitas