M&S - Casablanca - Mariage traditionnel




Amariya -
La fête se déroule soit dans un hôtel, un Riad (maison traditionnelle marocaine) ou une salle de mariage. Au fond de la pièce, sur une estrade se trouvent deux sièges sur lesquels s’assiéront les mariés.
Sur un côté de la salle des orchestres, des troupes se relayent, jouent et chantent sans interruption.

Pendant la soirée, la mariée change quatre à sept fois de tenue, de parure de bijoux et de coiffure. Ses tenues représentent les différentes régions du Maroc. A chaque fois, elle prend place sur « son trône » pour se faire admirer par les invités et pour les séances photographiques.


Habillage, maquillage, et coiffure sont orchestrés par des femmes qui connaissent les us et coutumes ; « les neggafates », ce sont les maîtres de cérémonie.


Les époux arrivent chacun dans une chaise à porteur « l’amariya », ils font le tour de la salle au son de la musique et vont s’asseoir sur l’estrade pendant que les convives font honneur au buffet.
Caftan -
Les caftans marocains sont originaires de l'Andalousie mauresque où les élites arabo-musulmanes de l'empire omeyyade ont apporté à partir du IXe siècle des caftans empruntés aux Perses. Entre le IXe et le XVe siècle, les émirats arabo-andalous composés de peuples d'origines variées ont progressivement donné aux caftans une touche particulière, l'opposition de ceux-ci par rapport aux Omeyyades de Damas se traduisant également dans la mode.
L'arrivée massive des Andalous au Maroc, en 1429, puis celle des Morisques renforce la présence et le port du caftan dans ce pays. Au cours des siècles, au contact des diverses populations et cultures ainsi qu'en l'absence d'influence vestimentaire ottomane ou européenne, le caftan andalou s'ancre dans le territoire et acquiert certaines spécificités.
Il était d’usage dans les villes que les femmes se ceignent par-dessus leurs kaftans ou caftans de ceintures brochées que l’on appelle à tort ou à raison ceintures de mariées. Ces ceintures n’ont pu être faites que lorsque le tissage de la soie au Maroc, eut atteint une très haute qualité. C’est donc dès le 14eme siècle que l’on tissait à Fès, des vêtements et des ceintures de soie filetés d’or d’après des traditions multiples d’Espagne, de Bysance, de Venise et de Gènes, de Grèce et de Lyon, à travers ces soies séculaires.
On retrouve dans les ceintures toutes les traces de toutes les techniques et motifs des traditions précitées, enrichies de toute les inventions qui se firent jour au Maroc à telle enseigne que l’on y dénombre les détails suivants : Polygones étoilés, et tranchés, alignements de pastilles ou besans, décor épigraphique, coufique, rectangulaire, décor typiquement géométrique arrêté de rosaces, frises brochées à décor d’inspiration florale, khamsa, décor boteh de dessins carrément persans ou hindous, motifs héraldiques, images en éventails, étoiles, dessins floraux d’inspiration européenne contemporaine à la fabrication réalisée au Maroc, M’hancha ou stylisation en volute, polygones étoilés, travail intégralement broché d’or donnant ce que l’on appelait la ceinture éclatante, motifs floraux transcendés en une parfaite abstraction stylisée. Raconter toutes les nuances et les couleurs de ces ceintures est impossible : c’est une luxuriance débordante et toujours un appariement de coloris aussi détonnant qu’exemplaire de création artistique.
Créateurs -
Le Caftan que je porte est dessiné par Zahra & réalisé par Escom. Inspiration de broderie traditionelle marocaine avec un col colonel français et le bas des jupes années '50 YSL. Le tout faisant référence aux dervishes tourneurs Turc.
Depuis quelques années, certains stylistes créent des caftans en forme de manteau ou de trois-quarts pour hommes. Ces caftans de haute couture sont exportés vers de nombreux pays, ce qui s'explique par l'ouverture des créateurs à différentes influences (grecque, romaine, espagnol, française, écossaise, asiatique, indienne, etc.) dans le choix des motifs ou couleurs et dans le choix de tissus.

(c) Chavanitas & Oussama Rhaleb