ARLES - Promenade Rock

I am a cliché
"Promenade Rock"






Subversifs, jouisseurs
"Je ne voulais pas une énième expo sur la musique et la photo, ni sur le punk en tant que mouvement musical. Je souhaitais montrer plutôt les échos, les influences de son esthétique, de son énergie explosive sur la création contemporaine. Le punk comme happening dadaïste et acte politique inspiré par les situationnistes.", explique Emma Lavigne, conservatrice pour l'art contemporain au Centre Pompidou et commissaire de l'exposition "I am a cliché", qui emprunte son titre à une chanson des X-Ray Spex. Ou comment les punks ont (ba)lancé avant l'heure la récup, le recyclage, le détournement, la sérigraphie, le tract, le "do it yourself" ! "Le punk conjugue subversion et jubilation, c'est un humour noir contestant les codes établis, une mode aussi, incarnée par Vivienne Westwood."
Meredyth Sparks - Space Oddity
Katharina Sieverding - Transformer
Blow job
"La photo, la poésie urbaine, la désillusion étaient déjà au coeur de cet atelier collectif, de cette scène ouverte que fut la Factory, à New York." 
"Tout le monde est capable de prendre une bonne photo", aimait provoquer Warhol qui ne quittait jamais son appareil photo et tout particulièrement son Polaroid. La photographie essentiellement noir et blanc a été la matrice à partir de laquelle Warhol a inventé ses portraits aux couleurs éclatantes, aussi bien que ces fameux portraits filmés, les Screen Tests.
L'intimité du huis clos Photomaton permet à Warhol, qui était d'une timidité maladive, de prendre la pose, de composer un ou plusieurs personnages. Les Screen Tests qu'il réalise des cinq membres du Velvet Underground flirtent avec la photographie, le mouvement imperceptible traduit la respiration des modèles filmés dans un cadrage qui rappelle celui de la prise de vue, sur fond noir ou blanc, puissamment éclairé, comme des photographies en mouvement. 

Sue Rynski - Iggy Pop
I wanna be your dog
Le rock est "l'une des forces révolutionnaires les plus vivantes au monde, qui ramène les gens à leurs sens et les fait se sentir bien, comme si ils étaient vivants à nouveau au milieu de cette morgue monstrueuse qu'est la civilisation occidentale." Sue Rynski
Ses photographies, qui ont illustré de nombreux articles de revues rock, telles que Cream Magazine ou New York Rocker, sont prises dans une fulgurance qui rend palpable l'intensité des clairs-obscurs et capte la beauté sauvage des corps en mouvement, notamment celui d'Iggy Pop défiant son public avec les Stooges dans un face à face intense et d'une violence sonore et scénique extrême qui éclate dans I Wanna be you dog, Search and Destroy, Gimme Danger. C'est lui qui en saisi le mieux la poésie onirique et sombre : "Ces clichés sont obsédés et sales. Putain, si tu étais monsieur Tout-le-monde, tu regarderais tout ce "merdier" et tu te demanderais ce que ces gens essayaient de faire. Ces gens recherchaient la vérité là où il n'y en avait pas. Putain que j'aime ça, les bouteilles de bière et tout le reste. Néanmoins, c'est un peu triste pour moi d'imaginer comme tout ça est devenu poussière et a disparu tels des cheveux graisseux dans le trou noir d'un syphon."
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Multipliez les points de vue,
en présentant des esthétiques parfois graves, contradictoires, inattendues, réjouissantes, 
du lourd et du piquant.
MAD A#80038
Gabriel Valansi s'intéresse au rôle de l'image médiatique dans la mémoire d'évennement violents. Surtout au format documentaire. Il y a quelque chose dans l'ésthétique involontaire des documents de guerre. Un facteur commun, quelque chose de présent dans toutes les guerres. Cela semble vibrer dans les moments où il ne se passe rien. Dans les temps morts, dans le néant qui plane sur les blindés et les avions. Des images de passage, entre les moments où survient ce qui s'observe habituellement dans un documentaire de guerre : des explosions, des bombardements, des soldats qui courent et qui font feu. 
MAD est un travail réalisé sur des archives déclassifiées de la Guerre froide. Il s'agit pour la plupart d'essais d'explosions nucléaires. Je m'intéresse à la dernière seconde avant la déflagration nucléaire. La vibration du paysage, avant la catastrophe. La sensation de présage. MAD est le sigle pour Mutual Assured Destruction, une expression souvent utilisée lors de la guerre froide. Cela vient aussi du mot "folie".  photos ci-dessous.
 Arte Povera
Marlo Pascual - En partant de visuels trouvés et de pellicules récupérées, Marlo Pacual crée des sculptures, des installations et des images ; sa démarche s'inscrit dans les mouvements artistiques tels que l'art conceptuel, le surréalisme, le minimalisme ou l'Arte Povera. En remettant en question la relation du spectateur vis-à-vis de la photographie, Pascual s'emploie à révéler la présence active de l'image, en jouant sur les liens entre l'oeuvre, l'espace et le spectateur. Elle crée des situations d'engagement, qu'elles soient privées ou publiques ; l'image en est le catalyseur. 
Leigh Ledare - Double Bind
  L'impensé
Cette exposition est présentée à l'occasion des dix ans de la collection l'Impensé, des éditions Actes-Sud. Dirigé par Patrick Bouchain, cette série, au carrefour entre le citoyen, l'élu, l'architecture et le chantier, propose une autre façon de penser l'architecture et le paysage. 
Conçue comme une immense installation, elle s'emploie à rendre perceptible l'architecture et elle s'articule autour de cinq photographes : Marin Kasimir, Cyrille Weiner, Christophe Hutin, Loïc Julienne, Juile Guiches. Les photographies, posées au sol, suspendues, projetées ou tendues sur d'immenses bâches balisent un cheminement qui n'a rien de rectiligne. 
© Chavanitas
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